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17 juin 2025 2 17 /06 /juin /2025 17:52

Editions Frémeaux & Associés. 139 pages.
ISBN : 978-2-38283-295-0;
En librairie depuis le  13 juin.

 

     « Spontané, rieur, indocile, intranquille, espiègle, vif, libre ». Tel est Michel Portal, d’après Franck Médioni qui publie les confidences du poly-instrumentiste (clarinettes, bandonéon, saxophone alto entre autres) recueillies pendant dix années.

 

      Tout au long de cette centaine de pages, Michel Portal se raconte à la première personne. Un récit brut et tendre qui tient son lecteur en haleine permanente. Un témoignage fort, une sorte de confession qui nous dévoile une personnalité habitée, exaltée, saisie par le doute.

 

      Plus de huit décennies sont ainsi passées en revue, révélant un portrait intimiste d’un musicien qui ne s’est jamais cantonné dans un genre, le jazz, le contemporain (Boulez, Xénakis), les musiques de films (plus de 50), ou la variété (version poétique avec Barbara).


      Des premières notes données à la clarinette, qui deviendra son instrument de prédilection,  au début des années 40 à Bayonne ( « Je n’ai pas choisi la clarinette, elle s’est comme imposée à moi. Pourquoi la clarinette ? parce que c’est le plus doux »), aux dernières réflexions d’un artiste comblé d’honneurs et jamais rassasié (« on essaie toujours de se renouveler et c’est ça qui nous fait vivre »).

 

       Lire « le SOUFFLE PORTAL » permet d’apporter un élément de réponse à la question taraudant les amateurs de musique depuis l’arrivée du basque natif de Bayonne (le 27 novembre 1935) sur la scène parisienne voici plus de six décennies : Comment peut-il arriver à jouer Mozart et Haydn un jour au Théâtre des Champs-Elysées et improviser de la manière la plus « free jazz » qui soit le lendemain dans un club de la Rue des Lombards ? Réponse de Michel Portal : « Quand je joue Mozart, je suis au plus près du texte. Respect total du texte ! Mais quand je suis dans le jazz, là c’est la revanche, c’est la violence. Je veux exploser ».

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

 

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17 juin 2025 2 17 /06 /juin /2025 17:14

Jour 3

@jean-marc Gelin

Pas fatigués du tout par ces deux premiers jours et, au contraire gonflés à bloc, nous étions décidés à aller explorer de nouveau territoires de jazz au cours de cette ultime journée.

Toujours la même ambiance sympa sous un soleil clément. Des sourires aux coins de toutes les lèvres et des fanfares de rue pour fond sonore.

@jean-marc Gelin

Direction le théâtre pour y découvrir une création inédite.

 

Robinson Khoury «  Quatuor demi-lune »

Robinson Khoury (tb), Eve Risser (p),Lina Bellaîd (cello), Simon Drappier (cb)

Tout juste auréolé de son prix Django 025 décerné oar l’Académie du jazz, le tromboniste Robinson Khoury, artiste en résidence à Coutances venait présenter sa nouvelle création avec le quatuor demi-lune.

Avec un instrumentarium original mêlant le trombone et les cordes, Robinson Khoury laissait place à une forme de musique chambriste et intimiste puisant dans Arvo Pärt, Purcell ou encore Steve Reich. En évitant les eceuils d’un musique trop intimiste, le tromboniste laissait une grande place au groove dans une forme de syncretisme où il faisait chanter les instruments, varier les textures sonores et s’amusait à modifier les reliefs d’une musique qui n’en manque pas.  Mention spéciale pour la violoncelliste Lina Bellaid que nous découvrions à cette occasion. La perle rare.

Cette musique-là est une vraie création sous le charme de laquelle on tombe sans aucune retenue. Et puisqu’il s’agit aussi de métissage où les influences que nous citions, dansent parfois avec une musique plus orientale, Robinson Khoury nous rappelait qu’au-delà de la musique, un vrai drame humaine se déroulait de l’autre côté de la méditerranée et dédiait cette création aux victimes de la guerre.

@jean-marc Gelin

Le temps de prendre un nouveau bain de foule et c’est vers le cinéma que nous nous dirigions pour aller écouter le trio Yom Ceccaldi

Yom-Ceccaldi : «  le rythme du silence »

Yom (cl), Théo Ceccaldi (vl), Valentin Ceccaldi (cello)

Ce projet déjà présent à Paris est un véritable voyage spirituel. Pour ce concert, les trois musiciens décidaient d’enchaîner sans interruption la totalité des morceaux pour un concert d’une heure environ.

 Il y a dans cette musique une force incroyable. Une puissance d’expression qui invite à la réflexion intérieure, à la déambulation introspective. Elle passe par des moments de très grande zenitude autant que par une expression torrentielle, comme si on explorait non pas le rythme du silence mais celui de l’eau.

Un moment purement magique de communion entre les musiciens et le public dans un instant de recueillement musical.

@jean-marc Gelin

Là encore : étoilé.

 

Et voilà, notre édition de JSLP touchait à sa fin. Denis Lebas, le patron du festival nous confiait au micro sa sa satisfaction de voir ce festival battre son plein avec des taux de remplissage exceptionnels, un public ravi et une programmation de très grande qualité.

Décidemment, un gros crush pour JSLP et l’envie déjà d’être à l’année prochaine ;

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17 juin 2025 2 17 /06 /juin /2025 16:26

Jeudi 29

Toujours cette même ambiance de fête au village, de food trucks et de bruit de la foule qui parle de jazz.

Rendez-vous pour le premier concert du jour au Théatre.....

 

Thomas Enhco solo et duo avec Kevin Hays

@jean-marc Gelin

Un concert en deux parties pour commencer cette journée avec pour leader, le pianiste Thomas Enhco.

En première partie le pianiste français se lançait dans une réinterprétation du répertoire de Mozart. Curieusement alors qu’il avait déjà entrepris de revisiter d’autres classiques, il ne s’était jamais attaqué à Mozart. Les grands thèmes étaient passés en revue avec un sens inouï de l’improvisation. L’inspiration de Keith Jarrett devait certainement faire passer son souffle sur le clavier de Thomas Enhco qui démontrait, un fois de plus qu’il fait partie aujourd’hui des immenses pianistes. A  moins que ce soit l’esprit de Martial Solal.

Thomas Enhco se montrait très pédagogue avec le public, prenant le temps de partager avec lui, d’expliquer avant de démontrer. Et justement, rien de démonstratif. Rien d’ostentatoire mais au contraire une sorte de magie de l’improvisation, jamais trop cérébrale mais explorant sans relâche toutes les possibilités qu’offre ce matériau génial.

En 2eme partie c’était un double piano qui se faisait face et qui plaçait devant celui du français celui du pianiste de New-York. Les deux hommes que vingt années séparent s’etaient rencontrés il y a quelques années. Complicité musicale qui les avait amenés, en d’autre lieu, à imprioviser une nuit durant autour des lied de Schubert, façon jazz. 

Là c’était une forme de dialogue atour des compositions du français et de l’américain qu’ils trouvaient leur terrain d’entente. Résultat bluffant là encore. Osmose totale entre les deux pianistes. Standing ovation bien méritée. Grand art.

 

A Coutances, quand il n’y en a plus, il y en a encore.

 

Sophye Soliveau

Sophye Soliveau (harpe, vc), Japhet Boristhene (dms), Eric Turpaud (b), Slighty Maitrel (vc), David Tshimanga (vc), Rosanne Joseph (vc)

 Nous quittions donc le théâtre pour nous diriger vers le chapiteau du Magic Mirror pour le concert de la chanteuse-harpiste Sophy Solliveau. ET là, patatras, grosse déception de ce festival . Un concert sans queue ni tête. Une artiste obsédée par l’idée d’installer le climax. Tellement obsédée qu’il fallait attendre presque ¼ d’heure avant de l’entendre chanter une note. Le problème, quand on veut jouer avec les silences, c’est qu’il ne faut pas être dérangé par des bruits parasites. A ce titre, la pauvre chanteuse devait y subir les assauts des groupes de rock installés dehors, non loin de là.  Nous étions donc impatients de découvrir celle qui est la véritable révélation de cette année 2025. On attendra.

Direction la Salle Marcel Helie pour le concert évènement du festival

Gonzalo Rubalcaba (p), Chris Potter (ts,ss), Eric Harland (dms), Larry Grenadier (cb)

C’était le grand concert tant attendu de ce quartet de rêve, véritable all-stars. Ils avaient joué la veille à St gaudens dans le cadre du festival Jazz en Comminges. Autant dire qu’ils étaient déjà en communion.

Et ce fut alors une soirée, la tête dans les étoiles tant la musique nous emportait haut, à des altitudes que seuls les génies peuvent nous faire sinon atteindre, du moins tutoyer. Une musique totalement libre et spirituelle qui n’était pas sans évoquer les évanescence de Wayne Shorter tant il était question de faire voler les harmonies par-dessus le toit de la salle Marcel Helie. Ce furent des compositions de chacun qui passèrent tour à tour et auxquelles ins donnèrent une profondeur qu’il était parfois ardu de suivre. Faite de déambulations et de digression avec un Chris Potter envolé, un Rubalcaba exceptionnel dans l’art de dire beaucoup en disant peu, un Larry Grenadier à la sourde mélodie et un Eric Harland lunaire et  télépathique.

 

Quelques autres musiques autour d’un verre du côté de chez Damien pour nous faire redescendre lentement, dans la chaleur d’une nuit normande festive et constellée d’étoiles.

 

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17 juin 2025 2 17 /06 /juin /2025 16:19

Quelques jours à Coutances pour Jazz sous les Pommiers

Nous étions gonflés à bloc en arrivant à Coutances. L’envie folle de retrouver cette ambiance dans les rues qui anime la petite ville normande. Là où il n’y a plus de frontières de génération et où tout le monde se retrouve aux airs de fanfare qui donnent durant une semaine, un petit air de fête et un petit goût d’huitres de Normandie.

 

Mercredi 28 mai

Hiromi

Direction la salle Marcel Hélie pour le concert de la pianiste japonaise Hiromi dans sa formule Hiromi's Sonicwonder.

Hirmo (),  Adam O’Farrill (tp), Hadrien ferraud (cb), Gene Coye (dms)

@jean-marc Gelin

A vrai dire nous y allions un peu à reculons tant les derniers concerts ultra-virtuose de la pianiste nous donnaient l’impression qu’elle en mettait un peu partout et nous avait laissé de marbre. Mais nous étions intrigués par cette nouvelle formule.

Effectivement c’est une nouvelle Hiromi qui laisse désormais beaucoup plus d'espace aux musiciens qui l'accompagnent et qui semble s’appuyer désormais sur un vrai groupe cohérent.

 

Cela commençait moyennement après un début où le son sur les deux premiers morceaux était un peu gloubiboulguesques. Mais la pianiste parvenait rapidement a installer son univers et à emballer le groove en show-woman qu'elle est. Dans sa façon de jouer on retrouve les leçons d'un Michel Petruciani que ce soit dans l'attaque et la syncope. Certes le naturel virtuose revient au galop mais elle démontrait au rappel et en solo, sur un morceau plus lent, qu'elle etait plus qu'une simple virtuose, une remarquable mélodiste. Une mélodiste d’ailleurs que servait admirablement Adam O’Farrill à la trompette étincelante et dont le lyrisme doux s’entendait en contraste avec la franchise du propos de la pianiste. Ce sonic Wonder sans être totalement emballant nous apparaissait suffisamment prometteur pour avoir envie de suivre le travail de la jazz woman japonaise.

 

Donny Mc Caslin et Ishkero

Donny Mc Caslin (ts), Victor Gasq (g), Arnaud Forestier (cl), Antoine Vidal (b), Tao Ehrlich (dms)

Changement de décor et de lieux pour se retrouver à 560m de là, au Théâtre municipal pour la présentation d’un projet totalement inédit : celui de la rencontre du grand saxophoniste Donny Mc Caslin avec la jeune pousse du jazz Hexagona, le groupe Ishkero dans le cadre du dispositif Talents Jazz Adami. Celui qui erst un des piliers de l’orchestre de Maria Schneider et l’instigateur du magnifique Black Star de David Bowie servait sur un plateau ses compositions à Ishkero pour un concert inédit que vous retrouverez plus tard à Venne ou à la Villette.

En interview, Donny Mc Caslin nous expliquait tout le plaisir qu’il avait à rencontrer ces jeunes musiciens et disait qu’il avait été impressionné par leur professionnalisme. Les 4 jeunes étaient en effet arrivés aux premières répétition en connaissant tous les partitions par cœur. Et puis Donny Mc Caslin nous racontait qu’il échangeait avec eux les mêmes références au-delà du jazz ( Radiohead, Rage against the machine etc….).

Et le résultat fut juste ENORME ! genre choc au plexus.

Un groupe en fusion portant la musique à très très haute intensité. A la fois brûlante et débordante d’une énergie à vous laisser le souffle court, étourdi par le vent et le feu.

Magistral

@jean-marc Gelin

 

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 11:04

Sylvain Darrifourcq (batterie), Manuel Hermia (saxophone ténor), Valentin Ceccaldi (violoncelle)

Hector 06 / l’autre distribution

 

Troisième disque d’un trio né voici pus de dix ans, et qui avait publié quelque temps plus tard son premier phonogramme. Et l’affirmation de la forte singularité de chacun des membres du groupe. Sur des trames élaborées collectivement, des envols, saillies, débordements ou échappées lyriques, dans un univers où expressivité, violence et retenue sont les ingrédients d’un même geste musical. Des mises en suspens mystérieuses, et des coups d’éclat, font écho à des surgissements mélodiques, bientôt récusés par l’urgence de l’instant. Le trio se revendique comme ‘brutal jazz’. Ne pas se méprendre : ce n’est pas une musique de brutes, mais une musique engagée, physiquement, le prolongement de corps qui bougent, et pas seulement pour exploser. Pour explorer aussi peut-être : une sorte de mélodie en contrepoint partagé va se mouvoir vers une course du saxophone, parti à la recherche de la mémoire improvisée du jazz, free, mais pas que. Bref il y a beaucoup à écouter, en demeurant réceptif à chaque nouvel événement sonore, tout à la fois rupture et prolongement d’une forme mobile qui se joue d’instant en instant. Un totale expérience musicale, à vivre sans réserve, en éveil permanent.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=4pdYcLTbV4M

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https://www.sylvaindarrifourcq.com/Sylvain_Darrifourcq/Darrifourcq_Hermia_Ceccaldi.html

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11 juin 2025 3 11 /06 /juin /2025 21:37

Gilles Coronado (guitare, électronique)

label Onze Heures Onze

https://gillescoronado.bandcamp.com/album/solotone
 

Un projet singulier, et un disque qui ne l’est pas moins. Le guitariste décrit ainsi le processus : «J’accorde mon instrument avec un outil électronique qui me donne une note fixe (….) Je laisse traîner cette note fixe, ce simple drone, et joue librement… C’est comme ça que démarre ‘Solotone’. Une guitare solo avec diapason continu. Douze tons, douze pièces»

Sur chaque degré de la gamme chromatique une séquence de 45 secondes à 4 minutes 22, pour nous faire découvrir les possibilités offertes à l’improvisation à partir d’une simple note tenue qui sert de bourdon. Plage après plage, le processus se révèle très fécond, car il est servi par un vrai talent d’improvisateur. On va d’une sorte de chant mélodique à de soudains fracas, d’un timbre limpide à des sons saturés, du grave à l’aigu, de la sérénité à l’urgence absolue : bref c’est une expérience d’écoute qu’il faut découvrir. Le si bémol conclusif sera un prélude au silence. La joie musicale est au bout du sillon (même si le numérique ne creuse plus de sillons, à l’inverse du microsillon de naguère…)

Xavier Prévost

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Solotone en concert le vendredi 13 juin, 19h30, au Théâtre Aleph d’ Ivry sur Seine

https://www.theatrealeph.com/fr/latin-spectator/223_les-bra-ches-d-aleph

 


 

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 13:36

 

Hervé Sellin (piano, piano électrique), Christelle Raquillet (flûte), Cyril Drapé (contrebasse), Rémi Fox (saxophones alto & soprano), Romain Lay (vibraphone)

 

Meudon, sans date

Indésens Calliope Records IC 075 / Socadisc

 

Poursuivant sa série de ‘Jazz Impressions’, Hervé Sellin fait escale du côté de Satie, au moment où l’on s’apprête, en juillet, à commémorer le centenaire de la disparition de ce compositeur qui étonna le monde musical entre les années 1880 & 1920. Ce n’est pas un hasard si Hervé Sellin se tourne cette fois vers Satie : pour la génération à laquelle j’appartiens (ceux qui étaient adolescents…. et mélomanes, au début des années 60), la (re)découverte d’Erik Satie passait par les enregistrements qu’en donna Aldo Ciccolini ; et c’est de Ciccolini que le jeune Hervé Sellin fut l’élève au Conservatoire de Paris, jusqu’à l’obtention d’un double prix de piano et de musique de chambre (à la même époque Sophia Domancich obtint elle aussi un double prix de piano et de musique de chambre). Signaler le fait n’est pas anecdotique : les pianistes de jazz venaient peu de ce cursus auparavant, si l’on excepte Bernard Peiffer (1922-1976), qui partit vivre sa vie de jazzman au U.S.A. dès les années 50.

Hervé Sellin se garde bien de jazzifier sommairement Satie, pas plus que de se ruer sur les pièces les plus connues. Il construit un répertoire raffiné, façon ‘jazz de chambre’, avec arrangements, digressions, improvisations. La qualité de ses partenaires (issu.e.s du département de jazz du Conservatoire National Supérieur, où Hervé a enseigné durant plusieurs décennies) permet une approche de la musique aussi libre que subtile. On y trouve bien sûr une des Gnossiennes (pas la plus connue, et ici métamorphosée) et deux Gymnopédies (revisitées évidemment) ; mais également beaucoup de pièces délectables, moins ressassées. Tout le répertoire donne lieu à une aventure musicale partagée, avec de beaux espaces improvisés. Et il se complète d’une composition signée Hervé Sellin, en hommage au Maître Aldo Ciccolini, intitulée Gymnopedia. On est, d’une plage à l’autre, dans une musique de haut vol, libre, inspirée. Bref un grand disque, et à sa manière un disque de Grande Musique.

Xavier Prévost

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En concert le mercredi 11 juin 2025 à Paris au Bal Blomet

https://www.balblomet.fr/evenement/herve-sellin-2/edate/2025-06-11/

 

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2 juin 2025 1 02 /06 /juin /2025 08:32

 

La contrebassiste surgit dans l’actualité de cette fin de saison de deux manières, avec deux disques qui parlent éloquemment de son parcours artistique et musical : avec ‘Puzzle’, musique advenue sur scène voici à peine plus de trois ans avant de venir au disque ; et avec le quartette du violoniste Jackie Molard, qui célèbre vingt années d’aventures

 

 

HÉLÈNE LABARRIÈRE «Puzzle»

Hélène Labarrière (contrebasse), Catherine Delaunay (clarinette), Robin Fincker (saxophone ténor), Stéphane Bartelt (guitare), Simon Goubert (batterie)

Bringolo, Côtes-d’Armor, mars 2024

Jazzdor Series 23 / l’autre distribution

 

Un disque singulier, à tous égards. Riche de son répertoire, des figures féminines qui l’ont inspiré, et de la folle énergie qui préside à son avènement. Hélène Labarrière, au travers de cinq compositions, évoque cinq femmes qui, à des époques différentes, ont incarné des combats, des luttes, des aventures individuelles au service du bien commun, et des rêves collectifs qui s’inscrivent dans la réalité. Cinq compositions signées par la contrebassiste, et confiées, pour leur arrangement, leur mise en émoi(s), à des compagnons de route et d’aventure musicale. Les femmes qui ont inspiré ces musiques sont Thérèse Clerc, à la pointe des combats féministes des années 60-70 ; Angela Davis et Emma Goldman qui à, des époques différentes, ont incarné la résistance à l’oppression raciale et sociale aux États-Unis ; Jane Avril, danseuse de French Cancan et aussi un emblème d’émancipation féminine ; et Louise Michel, qui fut la militante que l’on sait, avant, pendant et après la Commune de Paris, au prix souvent de sa liberté. Les artisans qui ont œuvré artistement sur ces compositions sont François Corneloup, Sylvain Kassap, Dominique Pifarély, Jacky Molard et Marc Ducret. La musique traverse les codes, les contourne ou les subvertit, dans un lyrisme retenu comme dans des débordements paroxystiques. Et l’ultime composition de ce puzzle, l’énigmatique Souvenir, échappe à l’intention programmatique et aux arrangements-relecture des amis. C’est tout un monde lointain qui se dessine, «absent, presque défunt», et Baudelaire n’est pas loin. Ce n’est pas une musique neutre, c’est un art esthétiquement engagé, servi par des solistes et des improvisations qui nous emportent loin de nos certitudes, peut-être du côté de nos rêves. Formidable aboutissement d’un travail aussi collectif qu’inspiré.

Le groupe fêtera la parution de ce disque à Berlin le 6 juin, dans le cadre du festival Jazzdor Strasbourg-Berlin

Un avant-ouïr sur Youtube

 https://www.youtube.com/watch?v=emtW5PMxS7g 

 

 

JACKY MOLARD «4»

Jacky Molard (violon), Yannick Jory (saxophones), Janick Martin (accordéon), Hélène Labarrière (contrebasse)

Bringolo, Côtes-d’Armor, décembre 2024

Mojola 0525

https://mojola.bandcamp.com/album/jacky-molard-4

 

Ce disque vient célébrer les 20 ans du groupe, avec une musique mûrie au fil des concerts, ou advenue plus récemment. La tradition musicale bretonne, et plus largement de toutes les cultures celtiques, s’y mêle à des compositions (et des improvisations) qui fleurent bon le jazz contemporain, et plus largement la musique de tous les mondes qui nous entourent, y compris le monde des rêves. J’y entend parfois (phantasme d’auditeur ?) l’écho des musiques répétitives états-uniennes, magnifiées par l’obstination de la différence dans l’apparente répétition. Et je me dis que cette musique répétitive d’Outre – Atlantique, comme beaucoup de musique de là-bas, doit beaucoup aux racines celtes, à l’Irlande, à l’Écosse. Mais ce qui compte vraiment, c’est ce qui se joue, dans ce disque et maintenant, de la mémoire qui se réinvente en musique.

Xavier Prévost

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29 mai 2025 4 29 /05 /mai /2025 21:22

 

Dave Liebman (saxophone soprano, flûtes traditionnelles) 

Billy Hart (batterie)

Adam Rudolph (percussions, piano & autres claviers, électronique)

New York, 31 mars et 1er avril 2023

Meta Records / Defkaz Records

https://adamrudolph.bandcamp.com/album/beingness

 

Enregistrée en concert au Stone, club fondé par John Zorn, c’est une musique totalement improvisée qui surgit des limbes de l’instant. En anglais son titre peut renvoyer aussi bien à l’être qu’à l’existant (ou à l’existence), à l’essence comme à l’expérience immédiate du vécu, à une sorte de phénoménologie. Bref il n’est pas question de s’enferrer dans un débat digne des controverses philosophiques du milieu du vingtième siècle. Plus simplement il s’agit de capter, de percevoir, la primauté du vécu musical, de s’en délecter, et d’en jouir sans entraves. C’est Adam Rudolph qui a assemblé les séquences pour constituer cet objet musical publié sous son label Meta Records (https://metarecords.com )

À l’écoute, on peut passer d’une sollicitation fine de la batterie à une échange musclé avec les percussions, et au surgissement du saxophone soprano pour un envol vers les hautes sphères de la liberté. Les idées fusent, comme autant de désirs assouvis dès qu’ils surgissent dans l’espace du trio. Les titres (Unfolding, Transmutation, Intent, Pathways, Beingness, Refractions, Transparent to Transcendence, Remembering the Future, Mystique -en français dasn le texte….) pourraient résonner comme une sorte d’écho métaphysique. Mais ne nous y trompons pas. C’est la joie de jouer qui mène la danse. On est impressionné par la vigueur des propositions musicales comme par la qualité de l’écoute qui féconde chaque fragment de l’invention, de l’audace, ou du simple bonheur d’être là, dans l’effervescence de l’instant. Pur régal pour moi. Un disque à recommander aux personnes qui ont encore des doutes (il en est) sur la légitimité de l’improvisation sans filet !

Xavier Prévost

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Un bref avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=dePgSVI9fzs

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27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 08:40

Naïve 2025

Shai Maestro (p)

 

On dit souvent que l’exercice du piano solo est un exercice intime. Une exposition aux autres de la part la plus profonde de soi-même. Un moment solitaire sans aucun espace pour s’abriter du regard et de l’écoute des autres. Mais cet exercice du piano solo ne serait pourtant rien s’il n’était pas avant tout, habité d’un supplément d’âme.

Il s’agit ici, de la part du pianiste israélien d’un double première. D’abord parce qu’il s’agit de son premier enregistrement pour le label Naïve après plusieurs années chez ECM. Mais surtout, à 38 ans l’ancien pianiste d’Avisai Cohen signe là son premier album en solo.

Et pour ce faire, Shai Maestro opte pour des formats différents entre courtes improvisations spontanées (Miniatures) et pièces plus développées (Tales).

Deux grands standards sont joués ici comme un signe de révérence envers le maître : All the things you are et For all we know qui viennent nous rappeler tout l’enseignement de Keith Jarrett auprès de générations entières de pianistes.

Il y a chez Shai Maestro profusion d’influences. On a évoqué le pianiste de Pennsylvanie. On pourrait y entendre une école plus classique comme sur cette intro de Dakini qui se poursuit avec des ostinatos que ne renieraient pas Keith Jarrett lui-même. Et puis dans cet exercice de mise à nu il y a aussi la terre ancestrale comme sur Aba qui ramène à d’autres origines. Ou encore  ce sublime From one soul to another dont la tournerie resonne comme une communion des âmes dansantes.

Mais quel que soit le format, qu’il s’agisse de broder de magnifiques enluminures autour de thèmes superbes, ou qu’il s’agisse de jaillissements, c’est toujours la même étreinte amoureuse du pianiste et de son piano. Lorsque les 88 touches d’ivoire sont prétexte à caresses et confidences, à embrasements ou apaisements extatiques, c’est toujours d’un corps à corps qu’il s’agit.

On est alors un peu voyeurs (entendeurs en l’occurrence) de ce face à face amoureux et presque gênés de prendre un total plaisir sensuel à assister à ce pur moment d’amour.

Jean-Marc Gelin  

https://youtu.be/kXCHCM_PKxU?si=zie02wTogtbrIAc5

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