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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 21:47

15 Avril 2011

« One Way… or Another  » (Collectif Onze Heure Onze)

Sortie prévue en Mai 2011

 Guilhem-Flouzat.jpg

Les Dnj : Tu es, si l’on peut dire un jeune musicien français, aujourd’hui exilé à New York et leader d’un premier disque aussi audacieux qu’excellent. Mais quel fut ton parcours ? Par quelles étapes es-tu passé pour arriver jusqu’ici ?

 

Guilhem Flouzat : Les étapes fondamentales de mon développement artistique et personnel ont commencé par ma participation à 14 ans à un stage de Jazz qui m’a fait découvrir cette Musique, « Les Enfants du Jazz de Barcelonnette », ainsi que le bonheur de jouer en groupe et tout ce que cela peut avoir d’épanouissant. Après mon Bac, je suis ensuite passé par une classe préparatoire littéraire pendant deux ans où j’ai pu approfondir plusieurs langages, plusieurs domaines comme par exemple celui de la philosophie, ce qui m’a donné un certain goût pour les lettres, pour l’écriture et tout simplement pour l’élaboration de concepts divers. Par la suite, je fus élève au sein de plusieurs établissements scolaires dédiés à la Musique, notamment au conservatoire du 9e arrondissement de Paris, à l’EDIM… etc… J’ai surtout eu l’occasion de pouvoir suivre une formation pendant 2 ans au département Jazz du CNR de Paris sous la direction de Jean-Charles Richard. J’ai ensuite intégré la classe de Jazz du CNSM de Paris que j’ai dû quitter en cours de cursus pour m’inscrire à la Manhattan School de New York. Au CNSM, j’ai pu être mis en contact avec toute cette scène « improvisée » et orientée vers la Musique contemporaine, en rencontrant des musiciens incroyablement créatifs. C’est lors de mon arrivée à New York que j’ai pu rencontrer des musiciens beaucoup plus ancrés dans les racines du Swing, avec des batteurs à la fois capable de jouer des grooves, de la Musique latine et aussi du Swing. J’y ai remarqué un rapport plus professionnel à la Musique. Pas forcément aussi créatif et original que ce que j’ai pu voir à Paris, pas toujours en tout cas, mais toujours très consistant techniquement. Tout au long de mon parcours, j’ai eu l’occasion de prendre des cours avec des professeurs très important, notamment Franck Aghulon avec qui j’ai fait l’apprentissage de la batterie Jazz, et ensuite Eric Harland qui lui m’a aidé à venir à New York, et avec qui je suis encore en contact dès que je peux. Voilà en gros ce qui fait que j’en suis là aujourd’hui, avec ce mélange de Musique et de littérature qui a donné naissance à cet album en écrivant des compositions qui ne soit pas seulement des thèmes-improvisation-thèmes, mais qui raconteraient indubitablement des histoires.

 

Les Dnj : Dans ce disque évoluent Tigran Hamasyan, Antonin Hoang, Ben Wendel, Laurent Coq, Michael Valeanu, Matteo Bortone et Simon Tailleu. Quels ont été les circonstances de vos rencontres ? Et comment s’est fait le choix d’être entouré par de tels artistes ?

 

Groupe.jpgGuilhem Flouzat : Le choix s’est fait de façon assez naturelle, puisque j’aime être entouré de musiciens qui me défient artistiquement et personnellement, qui me poussent à me remettre en question, mais qui en même temps soient des amis. C’est le cas de tous les musiciens sur ce disque. En fait, je voulais faire un compromis entre un groupe américain issu des rencontres que j’avais pu faire aux Etats-Unis et les artistes avec lesquels j’avais grandi en France, en qui j’ai profondément confiance et qui m’ont toujours inspiré. Cela concerne d’ailleurs l’ensemble des musiciens du disque, ils m’ont toujours impressionné et poussé à sortir de mes ornières musicales. Michael Valeanu, c’est mon plus vieux complice musical, c’est lui que j’avais rencontré à Barcelonnette et nous n’avons jamais cessé de faire de la Musique ensemble depuis ce moment-là. Antonin Hoang, Matteo Bortone et Simon Tailleu sont des personnes que j’ai rencontrées lors de mon entrée dans l’univers du CNSM, qui me donnent beaucoup d’inspiration en tant que musicien et en tant que personne. Ils sont tous les trois des amis avec qui j’ai une relation artistique depuis maintenant à peu près 5 ans. Quant à Laurent Coq, il a été une de mes rencontres fondamentales, une rencontre que j’ai faite à l’Edim. Il y animait à ce moment-là un atelier Jazz dans lequel je jouais et il m’a transmis ce que pouvait être l’exigence de pouvoir jouer en groupe, d’être attentif à la forme d’un morceau, et puis surtout l’engagement absolument sans concession que demande le fait d’être musicien. Il a toujours eu une présence musicale incomparablement riche, étant extrêmement appliqué quoiqu’il fasse, avec une grande culture et un univers créatif très cohérent. En ce qui concerne Tigran Hamasyan et Ben Wendel, je les ai rencontrés à New York lors de sessions musicales, je les ai approchés car j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient respectivement dans leurs groupes, notamment celui de Ben, « Knee Body ».

 

Les Dnj : Les compositions qui résonnent dans ce premier disque ont chacune le point commun de développer un univers sonore très particulier. Par ailleurs, elles ont été enregistrées en l’espace de deux jours. Quels ont été tes influences premières ? Combien de temps a-t-il fallu pour les écrire ? Quelle place tient la part d’improvisation dans un tel projet ?

 

Guilhem Flouzat : Comme je savais que Tigran Hamasyan et Ben Wendel seraient à Paris à la fin de l’été, j’en ai profité pour leur proposer d’enregistrer, ce qui m’a permis d’avoir en quelque sorte une date butoir pour composer. J’ai profité de tout l’été qui a précédé l’enregistrement pour écrire ces compositions. J’ai été influencé par le batteur John Hollenbeck que j’ai beaucoup écouté l’année dernière, chez qui j’apprécie la conception linéaire et architecturale de l’œuvre musicale, c'est-à-dire que l’on commence quelque part en construisant un édifice laissant des espaces où ensuite évoluent les improvisateurs. J’ai été aussi beaucoup influencé par Brian Blade et Fellowship, et évidemment par des références un peu plus françaises comme l’impressionisme, Ravel, Debussy… etc… c’est d’ailleurs ce que j’ai eu dans l’oreille depuis tout petit. J’ai pratiqué aussi sur cet album un procédé qui me tient à cœur qui consiste à prendre un morceau de Musique, le disséquer et le réduire à ses composantes élémentaires, manipuler ensuite ce matériel déjà existant en œuvre plus personnelle. Cela me permet d’avoir une matière à façonner et d’allier ma Musique à des morceaux que j’aime. J’ai procédé de cette manière sur « Stompin’ », en référence à « Stompin’ at the Savoy », aussi avec « Agin », qui à la base n’est autre qu’un morceau de D’Angelo. En gros, voici comment je m’y suis pris. Cela m’a pris deux mois pour écrire ces huit compositions. Concernant la place de l’improvisation, il y a quelque chose de fondamental pour moi qui relie la façon dont le son prend corps au sein du groupe et les musiciens qui le composent. Ces musiciens improvisateurs m’ont d’ailleurs considérablement influencé lors de l’écriture de ces compositions. Dans « Sometimes at Night », c’était pour moi une évidence de faire participer d’abord Antonin Hoang pour le premier solo, Ben Wendel pour le second. Sur « Agin », j’ai pensé à Ben directement, puis à Michael Valeanu pour la deuxième partie. Ce qui fait que la place qu’occupe l’improvisation est très importante, même si elle est délimitée. Je voulais une continuité totale entre ce qui était composé et ce qui était improvisé, d’où, pour moi, l’importance d’une identité forte pour chaque composition pour pouvoir justement faire participer chaque musicien en tant que personnage de ces histoires.

 

Les Dnj : L’étroite collaboration avec le collectif Onze Heure Onze et de son directeur artistique Alexandre Herer t’a donné l’opportunité de réaliser ce disque sous l’égide de ce collectif. Comment s’est présentée cette opportunité ?

 

Guilhem Flouzat : C’est moi qui ai pris l’initiative de contacter Alex Herer car je connaissais déjà les gens qui participent au collectif Onze Heure Onze, je les appréciais artistiquement et personnellement. C’est un collectif de musiciens à la fois très dynamiques et très intègres, qui font de la belle Musique honnêtement. Je pense qu’à l’avenir ils vont apporter beaucoup de choses à la scène française. Plutôt que d’essayer d’obtenir de l’aide de personnes plus haut placées et peut être moins disponibles, j’ai préféré travailler en collaboration avec des personnes qui soient des amis et que j’apprécie artistiquement. En tout cas, je pense sincèrement que ce collectif apporte déjà quelque chose de considérable à la scène Jazz actuelle, même si cela ne fait que commencer et que c’est encore une petite structure. Alex Herer est quelqu’un qui fait énormément de choses.

 

Les Dnj : J’imagine que beaucoup de concerts sont prévus dans les mois qui suivront la sortie de ce disque. Maintenant que ce premier opus a vu le jour, quels sont actuellement tes projets pour l’avenir, aussi bien en tant que leader qu’en tant que sideman ?

 

Guilhem Flouzat : Justement, j’y travaille en ce moment. Je suis en train d’organiser une tournée à l’automne prochain dans les clubs parisiens et européens, et très certainement à New York l’année prochaine, avec y compris un passage par les festivals. Etant donné que je suis encore étudiant et que mon emploi du temps reste encore assez chargé, j’essaye de m’en occuper dans les espaces restants. Par ailleurs, je participe actuellement à beaucoup de projets en tant que sideman avec notamment le quartet de Michael Valeanu. Je vais par exemple participer à un évènement organisé par la Villa Gillet, la célèbre institution lyonnaise, auquel je donnerais la réplique en duo au saxophoniste Ned Rothenberg, proche collaborateur de John Zorn. Ce que j’essaye en tout cas de faire, c’est d’évoluer avec un spectre musical aussi vaste que possible. Je veux absolument conserver ce rôle de sideman car il informe et il enrichie mon rôle de leader. Si on est que leader, on perd un peu quelque chose du travail de musicien et du fait d’être capable aussi de se conformer à l’imaginaire de quelqu’un d’autre. Un autre imaginaire que le sien.

 

Les Dnj : Prenons-nous au jeu d’une célèbre baronne : si tu avais trois vœux à formuler, quels seraient-ils ?

 

Guilhem Flouzat : Mon premier vœu serait que la politique culturelle en France et en Europe demeure ce qu’elle est, car elle reste encore très précieuse malgré le déclin de ces dernières années. Ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis où il n’y a pas les avantages de cette politique. Mon deuxième vœu serait de jouer avec quelques héros. Je rêverais de jouer avec Herbie Hancock par exemple. Mon troisième vœu serait de vieillir comme Roy Haynes.

 

Propos recueillis par Tristan Loriaut pour les Dernières Nouvelles du Jazz, Vendredi 15 Avril 2011.

 

 

GUILHflouzat

EM FLOUZAT : " One way"

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 12:21

 

Aux DNJ nous avons beaucoup aimé « In Extremis », le deuxième album de la chanteuse Clotilde Rullaud sorti il y a quelques semaines (après un premier disque auto-produit enregistré en public aux Sept Lézards en 2006). La démarche artistique, l’originalité du propos, ainsi que la conception vocale, littéraire et musicale (avec un formidable groupe cohérent et soudé), nous a franchement séduit et nous a donné envie de rencontrer cette passionnante chanteuse avant son concert au Studio de l’Ermitage à Paris le 20 avril.

Propos recueillis le 22 mars 2011 par Lionel Eskenazi.

 

DNJ : Tout d’abord j’aimerais que l’on parle de ta formation musicale, de ton apprentissage du chant et du registre de ta voix.

C.R : J’ai une formation de flûtiste classique que j’ai pratiqué pendant de nombreuses années. J’ai toujours aimé chanter mais je ne le faisais qu’en privé. Ce sont des amis musiciens, qui après m’avoir entendu chanter, m’ont poussé à explorer ce domaine là, car personnellement je n’avais pas tellement confiance en moi et je ne me voyais pas spécialement comme une chanteuse. J’ai pris des cours de chant jazz avec Sarah Lazarus qui est une excellente pédagogue et qui m’a appris à improviser. Sarah, qui est une ancienne saxophoniste, m’a fait remarquer que j’improvisais comme une flûtiste et que je me servais de la colonne d’air de la même façon, ce qui fait que mon registre de voix est typiquement mezzo et très proche de la flûte classique en ut. J’ai ensuite étudié le chant classique en mettant en avant les techniques d’hygiène vocale qui permettent de se protéger et d’être précautionneux avec sa voix.

 

DNJ : On entend clairement dans ton album des influences brésiliennes, africaines, argentines et même indiennes. D’où vient cette ouverture aux musiques du monde ?

C.R : J’aime chanter des mélodies et des paroles venant de différentes cultures et j’y ai été initié par la chanteuse ethno-musicologue Martina Catella, qui a décortiqué les différentes techniques des chants du monde et me les a enseignées. Il s’agit de pouvoir exploiter et d’étendre toutes les possibilités du corps pour déformer et tirer la voix dans tous ses retranchements. La voix a une place à part dans chaque région du monde en fonction des spécificités socio-culturelles, des croyances et des religions, elle est souvent liée au message divin, à une idée d’élévation, d’ascension de l’âme comme dans les chants religieux. Ces voix éthérées et allégées ne rentrent pas en résonnance dans le corps contrairement aux chants païens, où l’on recherche la résonnance corporelle comme lien avec la terre, la mère nourricière. Martina m’a ouvert les yeux sur ces différentes techniques et sur la façon de les approcher sans s’abîmer la voix.

 

 

In-Extremis-Portrait-C-Rullaud1-BDcCecil-Mathieu.jpgClotilde Rullaud © Cécil-Mathieu

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 22:17

MEDERIC COLLIGNON EST CASH…… (MiRE)    

  Mederic Collignon 2009par Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


    Clotilde RULLAUD - Interview in extremis In-Extremis-Portrait-C-Rullaud1-BD©Cécil-Mathieu

par Lionel Eskenazi

Une rencontre avec Guilhem Flouzat

Guilhem Flouzat


 

par Tristan Loriaut

 

 

 

 

 

 

 

  Bobby Mc Ferrin, chanteur corps et âme

 

Bobby-McFerrin

par Jean-Marc Gelin

 

  "LE MONDE DE SOPHIE", une interview de Sophie Alour 

 

ALOUR.jpg 

par Lionel Eskenazi

 

 

 

 

 

 

 

 

Stéphane Kerecki, la construction de soi  

   kerecki2

par Jean-Marc Gelin

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 15:00

Après un premier album très remarqué dédié à la photographe italienne Tina Modotti (Suite for Tina Modotti, 2008), le Tinissima Quartet de Francesco Bearzatti dédie son nouvel opus à une autre figure révolutionnaire controversée, Malcolm X. Pour les DNJ, le saxophoniste italien a accepté de revenir sur la genèse de ce projet et de commenter le disque plage par plage.


Francesco Bearzatti:

J’ai découvert Malcolm X quand j’étais gamin. En lisant son autobiographie, j’ai été bouleversé, car j’ai alors réalisé que mes idoles, les grands jazzmen afro-américains, avaient été traitées comme des citoyens de seconde zone, voire comme des animaux. Ç’ a été une découverte fondamentale pour moi.

Bien plus tard, j’ai fondé le Tinissima Quartet pour raconter l’histoire de mes héros révolutionnaires, en commençant par Tina Modotti. Beaucoup de gens ont découverte cette dernière à travers notre premier disque, ce qui est très important pour moi. Bien sûr, Malcolm X est plus célèbre, plus populaire, mais beaucoup de gens ne le connaissent pas vraiment. C’était donc naturel de lui consacrer le prochain album.

Dans un premier temps, j’ai beaucoup étudié son autobiographie, que j’ai lue trois fois, je suis allé chercher ses discours sur Internet, j’ai acheté des tas de bouquins… Un travail de recherche qui a duré près d’un an. À partir de là, j’ai conçu un projet en dix mouvements, en pensant à X comme chiffre romain. J’ai d’abord écrit les titres de ces différents chapitres, et ensuite, j’ai composé la musique correspondante en trois mois. En parallèle, le peintre Francesco Chiacchio a réalisé les superbes illustrations du livret, toutes en noir et blanc. Je lui donnais les titres au téléphone, en jouant quelques notes de piano pour camper l’ambiance de chaque morceau. Il s’est alors mis à dessiner, et il a finalement terminé avant moi ! Je n’ai pas ressenti le besoin d’accompagner le disque par un texte explicatif. Je ne suis ni écrivain, ni poète, et je crois que la musique et les dessins expriment déjà beaucoup.

J’espère que ce travail incitera les auditeurs à acheter des ouvrages sur Malcolm, à lire son autobiographie… Je ne sais pas encore qui sera le prochain révolutionnaire à qui je dédierai une suite pour le quartette. Entre Tina Modotti et Malcolm X, il s’est tout de même écoulé trois ans…

 

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PA-BEARZATTI.jpgFrancesco Bearzatti
Jazz sous les Pommiers 2009, Théâtre Municipal, Coutances, France, 19/05/2009

© Patrick Audoux

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 13:58

 

domancich.jpg© Patrick Audoux

 

Pourquoi le Jazz ? 

Au départ  : pour la batterie , la contrebasse et les compositions de Charles Mingus , les sonorités de l'orchestre de Duke Ellington .

 

Quelle est ta principale influence musicale ? 

La vie .

 

Qu’aimerais tu transmettre ?

 La curiosité .

 

Crois-tu à une révolution possible du jazz et existe-t-il de nouvelles expériences

qui t’ intéressent ?

Pas de révolution sans révolutionnaires ...

Nouvelle expérience ? jouer pendant trois mois en club , partir en tournée pendant un bon mois , et enregistrer un disque dans la foulée  tout ça avec le même groupe dans lequel on se sent bien ,  ... DAG  par exemple ? et voir où irait la musique .

 

Sur une île déserte qu’emporterais-tu  ?

Tout ou rien .

Peux-tu rédiger la dédicace de ton prochain album

je viens juste de rédiger celle de mon dernier album .

 

Peux tu  citer 3 artistes que tu détestes ?

J'arrive pas à choisir .

 

Qu’est ce qui te fais lever le matin ?

une raison , bonne ou mauvaise .

 

 

A retrouver dans les bacs

 

Sophia Domancich : " Snake and ladders"

 

sophia-domancich-snakes-and-ladders.jpg

 

En concert le 9 décembre au Triton


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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 21:46

 

  moussay-audoux.jpg© Patrick Audoux

 

 

Pourquoi le Jazz ?

Parce que Thelonious Monk, et car je m'y sens libre. Le Jazz est un idiome qui me permet de construire peu à peu mon univers, d'aller à la rencontre de moi-même, de l'instant présent, et de partager des expériences très fortes avec d'autres musiciens.

 

 

 

Quelle est ta principale influence musicale ?

Impossible de citer une influence principale parmi celles de Thelonious Monk (encore lui), en passant par Aphex Twin, le Velvet Undergroud, Bowie, Lennie Tristano, Beethoven, Ligeti, Stevie Wonder, Arnold Schönberg et tant d'autres. Sans compter Philip K.Dick, Stanislas Lem, Michel Houellebecq, Paul Klee, Michael Mann, Clint Eastwood, ou Andrei Tarkowski.

 

 

Qu’aimerais tu transmettre ?

Le goût du risque, un certain optimisme, et ma passion pour la musique vivante.

 

 

Crois-tu à une révolution possible du jazz et existe-t-il de nouvelles expériences qui t’ intéressent ?

Pour moi le Jazz est plus un état d'esprit qu'un style musical. Il se nourrit de toutes les musiques et suit l'évolution des musiciens qui le jouent. Aujourd'hui, alors qu'il ne reste parmis nous que très peu de grands musiciens qui ont participé aux grandes évolutions du jazz du milieu du XXe siècle, c'est aux générations actuelles de continuer à l'inventer. Pour les expériences qui m'intéressent je dirais: continuer à composer et à développer mon style, jouer, et me laisser surprendre.

 moussay-audoux-2.jpg

Sur une île déserte qu’emporterais-tu  ?

Ma petite famille, de la crème solaire, un couteau suisse, un piano, du papier à musique, un crayon, et mes partitions du Clavier Tempéré de Bach, des Sonates de Beethoven, des Etudes de Ligeti, et des Préludes de Chopin.

Peux-tu rédiger la dédicace de ton prochain album

Non

 

Peux tu  citer 3 artistes que tu détestes ?

moi, moi et moi ;-)

 

Qu’est ce qui te fais lever le matin ?

La curiosité, l'appétit, l'envie de vivre.

 © Patrick Audoux

 

 

 

Retrouvez le dernier album de Benjamin Moussay, " On Air" et la chronique des DNJ :

moussay.jpg


 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 23:18

 

Nous avions envie, aux DNJ de revenir sur l’un des albums les plus passionnants de l’année, celui que Mederic Collignon a consacré à la période électrique de Miles Davis.  (voir la chronique de Lionel Eskenazi  )


Rencontre avec un personnage foisonnant du jazz français qui n’a pas sa langue dans sa poche. Loin de toute langue de bois, Méderic Collignon parle cash et se livre sans fard.

 

 

Mederic Collignon 2009

 

 

 

DNJ : Avant de parler de l’album proprement dit, parle nous un peu de cette pochette incroyable qui évoque si bien l’univers de cette période électrique de Miles

  collignon

Méderic Collignon : En fait j’ai tout conçu de cette pochette même si je ne l’ai pas réalisée moi-même. C’est Etienne Chaize qui me l’a fait exactement comme dans mon rêve. Le Chaos, l’apocalypse, 2001, les tours qui se font réduire par un fou, échec et mat ! La Chrysler Tower pour le côté moderne et la tour de Babel. Et puis le phallus qui viole un ovule. C’est une agression certes mais finalement peut être que c’est cela la nature. Il y  a aussi un côté Caravage, une face obscure.

 


DNJ : Comment as-tu abordé ce projet ? Tu venais de sortir de Porgy & Bess et l’on t’attendait sur un  terrain différent  (comme Don Cherry par exemple). Finalement tu reviens à nouveau à Miles et tu récidives alors que tu t’en étais pris plein la gueule par certains critiques


MC : Oui mais par une seule personne, par Michel Contat.


DNJ : Mais quand tu as fait Porgy, tu avais déjà en tête cet album ?

MC : Je sais toujours ce que je vais faire demain et après-demain. N’oublions pas que Jus de BocSe c’est Juke Box, c’est un groupe de reprise. C’est quelque chose qui ne crée pas. Ou alors c’est toi en regardant l’objet qui tout à coup imagine quelque chose qui va ailleurs. C’est un groupe de reprise, c’est du jazz dans le geste. Le jazzman reprend les choses, il créée rarement à la base. Il est toujours dans la reprise de papa, maman, machin. Miles a fait ça. Charlie Parker a fait ça tout le temps. Certes il a écrit mais cela n’est venu qu’après. Et moi je compose déjà bien avant Jus de Bocse, je compose à côté pour des petits orchestres ou pour le Megaoctet d’Andy Emler. D’ailleurs ils ont eu tellement de mal à la bouffer ma compo que je sais finalement pourquoi je ne compose pas plus. Je sais pourquoi j’arrange et pourquoi ça dérange. Et c’est ça le concept de Jus de Bocse et je ne peux pas composer avec ce groupe sinon j’irai à l’encontre de son concept.


DNJ : Comment aborde t-on de tels monuments ? Avec peur ? Après tout c’est toi qui disais à propos de Kind of blue : « j’y touche pas, c’est un classique ». Exactement ce que te reprochait Contat pour Porgy.


MC : Ben oui, il faut bien affronter ses peurs finalement. Du coup je crée ou je chie. Il m’arrive de chier comme par exemple sur Summertime. A l’époque je ne pouvais absolument pas l’arranger. Page blanche attitude ! J’avais beau écouter j’entendais rien. J’avais les larmes aux yeux parce que j’avais Gil Evans dans la poche. Pas Miles. J’en ai rien à faire de Miles là-dessus. Je suis juste en train de pleurer et d’écouter la création de Gershwin. Mais surtout pour moi il y a Gil Evans. La permanence de cette pâte  qui est unique, taillée dans le diamant et que je n’ai jamais vue autre part.

 

Lire la suite de l'interview

 

 

 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 09:30

Benny-Golson1.jpgphoto Jean-Pierre Foubert

 

Benny Golson donnait l’autre jour deux concerts au Duc des Lombards. Il a sympathiquement accepté de venir remettre son prix à un jeune saxophoniste (Adrien Sanchez) à l’occasion du Tremplin du Festival de Saint Germain.

L’occasion pour nous de revenir sur la carrière de ce saxophoniste légendaire auteur des plus grands standards du hard bop et figure de proue de cette période foisonnante du jazz.

Along came Benny …..

 

DNJ : Quand vous avez remis ce prix à ce jeune musicien, comme j’imagine vous le faites  souvent, cela vous rappelle,t-il vos jeunes années lorsque vous jouiez à Philadelphie avec John Coltrane

 

BENNY GOLSON :  Oh oui ! Cela me rappelle Coltrane mais aussi Jimmy Heath, Philly Joe Jones. On était des amateurs à l’époque. Il y avait aussi Ray Bryant et Red Rodney. BENNYGOLSON-COVER.jpgMais nous étions si jeune. Il avait 17 ans à l’époque et Coltrane à peine 18. Jimmy quand à lui devait en avoir 19. Je me souviens que John Coltrane venait alors à la maison et se mettait au piano et moi au saxophone. Et puis on changeait et je passais au piano. Mais il était vraiment un très mauvais pianiste. Nous répétions tous les jours mais les voisins en avaient assez et je crois qu’ils auraient bien voulu nous tuer ! C’était terrible….

 

 

 

DNJ : Quelles ont été vos influences les plus marquantes ? Coleman Hawkins ? Don Byas ?

 

BG : Non, non, vous voulez que je vous dise…. Arnette Cobb dans la formation de Lionel Hampton. Arnette Cobb sur Flying home. Mais surtout, avant d’être influencé par les saxophones, je suis passé par les études de piano, durant 6 ans. Je répétais tous les jours . J’aurais voulu faire du classique, m’inspirer de Chopin, Brahms. Et puis c’est alors que j’ai entendu Arnette Cobb avec l’orchestre de Lionel Hampton : ouhhhh !

 

DNJ : Il a eu une grande influence sur votre jeu ?

 

BG : Non, c’est juste qu’il m’a donné envie de jouer du sax. Ensuite sont venus Coleman Hawkins et Don Byas. Mais le premier ce fut Arnette Cobb. Mais ensuite j’ai écouté Coleman et notamment le célèbre Body and soul  !! Un choc incroyable. Bien longtemps après j’ai eu la chance d’avoir un jour un job avec lui.

 

DNJ : Ce ne devait pas être très facile de jouer avec lui ?

 

BG : A ça non. Un killer !

 

DNJ : Vous aviez peur ?

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 20:25

 

27-Mai-2010

Festival Jazz à St-Germain-des-Prés.

Concert en solo à l’Eglise de St-Germain-des-Prés.

 

Les DNJ : Le concert de ce soir dure approximativement une heure et demi, et la tension reste à son comble du début à la fin. Comment un musicien, seul sur scène, prépare-t-il physiquement et mentalement une telle prestation ?

 

Bojan Z : Quand tu sais qu’il va y avoir un concert comme ça, il y a évidemment en amont une préparation mentale. Tu essaye un petit peu d’envisager comment te surprendre toi même, comment organiser les choses sans qu’elles soient trop organisées. Et ensuite, le reste est assez simple, il faut surtout se détendre l’esprit, et c’est plutôt là que cela se situe. Les idées et la Musique qui sont en permanence autour de ma tête ont besoin d’une pensée détendue, afin d’être apte à jouer, à les transmettre comme il faut. Donc, au final, je me suis juste « réchauffé » les doigts ce matin au réveil pour être en état de disponibilité totale pour la Musique qui sera là quelques heures après. Evidemment, il faut que quotidiennement soit effectué un travail rigoureux de la technique, cela va de soi pour un soliste. Il y a des moments où on est en bonne communication avec l’instrument et d’autres où on l’est moins. Peu importe, de toute façon je ne suis pas quelqu’un qui est dépendant de la technique pour pouvoir exprimer la Musique que je veux.

 

 

Lire la suite : Une rencontre avec BOJAN Z........

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 09:09

sophie-Alour.JPG

                                                                                    © Lionel Eskenazi

 

 

La saxophoniste ténor Sophie Alour viendra présenter son très bel « Opus 3 » sur scène au Sunside à Paris les 21 et 22 mai. Nous l’avons rencontré afin de faire le point sur un virage musical recentré sur le jazz, dans la formule sans concession d’un trio saxophone-contrebasse-batterie à la fois explosif et langoureux.

 

 

DNJ : Comment t’es venue l’idée de passer au trio pour ce troisième album ?

 

S.A : C’est à cause des pianistes… (rires…), non plus sérieusement je crois que c’est tout simplement un moment dans ma carrière qui correspond à une certaine maturité. Plus on avance dans le temps, plus on a tendance à aller vers des choses plus simples, plus économes, plus austères aussi. L’austérité, ce n’est pas un mot qui me fait peur, je trouve même que c’est assez beau, d’un point de vue artistique bien-sûr car je ne parle pas de l’austérité économique que nous subissons en Europe en ce moment !

 

DNJ : Plutôt qu’ « austérité », je préfère le mot de « maturité ». Je pense qu’avec ce disque, tu es à un virage important où tu te recentres vers le jazz et où quelque part tu fais un bilan de ta carrière en reprenant presque tout à zéro, d’où ce titre « Opus 3 ».

 

S.A : Effectivement, il y a tout ça à la fois et cet « Opus 3 » correspond pour moi à la fin de quelque chose et au début de quelque chose d’autre. Je ne sais pas encore exactement quoi, mais il est clair que je suis à un virage. En ce qui concerne le retour vers le jazz, c’est une musique que j’aime profondément depuis que j’ai 14 ans et qui a longtemps habité mes rêves, mais j’ai eu une crise d’adolescence assez tardive, une crise d’identité, où j’ai voulu m’éloigner du jazz et chercher autre chose. Ça paraît un peu étrange de le dire, mais aujourd’hui j’ai presque l’impression de redécouvrir le jazz.

 

DNJ : Au moment de « Uncaged », ton deuxième album, tu écoutais beaucoup de groupes de rock comme Radiohead par exemple.

 

S.A : J’en écoute toujours, mais beaucoup moins qu’à l’époque, je voulais me libérer de certains carcans liés aux codes du jazz. J’avais envie de me bousculer, je me sentais enfermé, je voulais sortir de la cage (« Uncaged ») en changeant mes repères artistiques et j’ai cherché du côté de la forme, des sonorités. Il y en a qui ont été beaucoup plus loin que moi dans ce domaine, par exemple j’ai toujours refusé de jouer avec une basse électrique. Je voulais sortir des conventions alors qu’aujourd’hui j’y suis revenu en me réconciliant avec la forme du jazz, avec l’épure.

 

DNJ : Oui et en même temps on sent une tension extraordinaire dans ce disque, une énergie catalysée qui vient du cœur et des tripes.

 

S.A : Je suis quelqu’un de tendu (rires…). Ce qui est curieux c’est que plusieurs personnes qui m’avaient suivi sur « Uncaged » ont eu du mal à rentrer dans ce nouveau projet, alors que pour moi cette musique, même si elle n’est pas forcément accessible, me paraît évidente car elle est assez naturelle, elle vient du cœur et du plus profond de moi-même. Je trouve que le son de l’album (sans l’apport d’instruments harmoniques) oblige à rentrer dedans avec une écoute exigeante car il ne s’agit pas d’un simulacre de quartette.

 

DNJ : D’autant que dans « Uncaged » il y avait sur un tiers de l’album, la présence de la guitare de Sébastien Martel qui amenait un deuxième instrument harmonique à ton groupe, comme par exemple dans le morceau assez rock « Haunted » que tu as voulu reprendre ici en trio, pourquoi ?

 

S.A : C’était un peu ironique, je voulais utiliser cette matière pour en faire quelque chose de différent, comme un peintre qui reprendrait un tableau. Cette relecture m’a semblé intéressante car la forme du trio permet d’aborder plusieurs styles de musique de la même manière, avec le même son d’ensemble.

 

DNJ : Cette formule du trio te permet aussi de mieux t’affirmer comme leader, car sur l’album précédent, la présence de Laurent Coq était assez importante (il avait même signé trois compositions).

 

S.A : Oui c’est vrai, mais je suis fière de l’avoir utilisé à contre-emploi en le poussant à jouer du Fender Rhodes, avec plein de pédales d’effets aux sonorités rock. Ce n’est pas son instrument de prédilection, mais il a bien joué le jeu et y a pris du plaisir.

 

DNJ : Parlons des musiciens de ce trio et de la formidable interaction qu’il y a entre vous.

 

S.A : Oui il y a une très bonne entente et une formidable complicité entre nous. On m’a proposé d’enregistrer avec des musiciens américains, j’ai refusé et j’ai tenu bon car je voulais de partenaires de jeu que je connaissais bien et avec qui je m’entend parfaitement, comme Yoni Zelnik (contrebasse) et Karl Jannuska (batterie). Ce qui est intéressant c’est qu’ils ne jouent pas de la même façon en trio qu’en quartette, ils se positionnent différemment, ils ont plus d’espace. Yoni (qui n’a jamais voulu être leader d’une formation), est un partenaire de jeu idéal, il est complètement à l’écoute, il joue un rôle pivot et je peux avoir entière confiance en lui. Il sera, si besoin est, très difficile à remplacer. Avec Karl, c’est différent car il est lui-même leader de plusieurs formations, il compose et il a une maturité musicale incroyable. Il a la capacité à voir les morceaux dans leur globalité, il apporte quelque chose de cohérent et de très défini. Il ne cherche jamais, il trouve !

 

DNJ : Qui a eu l’idée de confier la direction artistique de l’album au pianiste Eric Legnini ? N’y a-t-il pas un paradoxe que ce soit un pianiste qui tienne ce rôle alors que tu as justement choisi de ne pas utiliser de piano pour ce disque ? Et quel a été son rôle exactement ?

 

S.A : Oui, on peut y voir de l’ironie et trouver ça amusant, mais il a été idéal dans son approche et il a joué un rôle très important dans la réussite de l’album. Yann Martin tient à ce qu’il y ait un directeur artistique sur les albums Plus Loin Music et nous avons pensé à Eric, qui avait déjà joué ce rôle sur plusieurs disques. Il a été parfait dans son travail car il n’y avait aucune ingérence et en même temps à chaque fois qu’il disait quelque chose, c’était pertinent et utile. Très souvent, c’est lui qui a déterminé la direction du morceau car il percevait très bien ce qu’on voulait faire et il nous a aidé à y parvenir.

 

DNJ : Peux-tu nous dire quelques mots sur chaque morceau du disque ?

 

S.A : L’album démarre avec « Grekerna » qui est une reprise d’un morceau d’un groupe pop suédois qui s’appelle « Loney Dear » (et non pas « Lonely People » comme c’est indiqué par erreur sur la pochette du disque). C’est une idée de Nicolas Moreaux qui est un ami contrebassiste et compositeur, qui est leader de plusieurs formations et membre du groupe franco-espagnol « Beatnick Quintet ». J’ai d’ailleurs repris une composition de lui « Why People Always Laugh About Serious Things », qui est le septième morceau du disque.

 

DNJ : J’aime beaucoup le deuxième morceau de l’album qui s’intitule « Mystère et Boule de Gomme ».

 

S.A : je l’ai écrit à partir d’un mode d’Olivier Messiaen. On ne dirait pas en l’écoutant et pourtant il est joué tel quel au début du morceau.

 

DNJ : Puis vient une « Eloge du Lointain » qu’évoque-t-elle ?

 

S.A : Ce morceau parle de la distance qui m’éloigne des musiciens de jazz afro-américains. On joue leur musique, mais il faut avoir conscience qu’à la base, elle ne nous appartient pas, ce n’est pas nôtre notre musique, ni notre culture. J’ai eu cette idée après avoir lu « Free jazz, Black Power » de Jean-Louis Comolli et Philippe Carles. C’est un livre qui m’a énormément marqué et qui a changé ma vision des choses.

 

DNJ : Qui est l’Arthur Cravan de « Ode à Arthur Cravan » ?

 

S.A : C’est un écrivain du début du siècle que j’ai découvert grâce à l’essayiste Gilles D’Elia de la revue « Relectures » qui est un ami.

 

DNJ : « En ton Absence » est un très beau  morceau, émouvant et tendre…

 

S.A : Je l’ai écrit en hommage à mon grand père qui venait de disparaître. 

 

DNJ : Et « La Pensée Vagabonde » ?

 

S.A : Celui là il m’est venu au sortir d’une sieste, avec un cheminement très vagabond…

 

DNJ : « Caprice » ?

 

S.A : C’est une forme classique très courte (« Les Caprices de Paganini ») qui peut être humoristique ou bien désigner une cadence. Ce titre correspond bien à l’humeur du morceau et puis c’est un trait de mon caractère que je revendique !

 

DNJ : « Karlston » est une composition de Karl Jannuska très ancrée dans le jazz  be-bop.

 

S.A : Je voulais, comme sur le précédent album, une contribution de Karl sur ce disque. Il m’a fait plusieurs propositions et j’ai choisi ce morceau énergique qui est effectivement très jazz et surtout complètement différent de  l’atmosphérique « Snow in May » qu’il m’avait proposé sur « Uncaged ».

 

DNJ : L’album se termine sur la très belle « Petite Anatomie du Temps qui Passe » et nous restons comme en suspension dans l’espace et le temps.

 

S.A : Oui, c’est bien de finir sur ce morceau où nous sommes tous les trois en homorythmie complète. On joue la même chose en même temps, sans remplissage. La batterie ne marque pas le tempo, et la basse ne marque pas l’harmonie.

 

DNJ : Tu vas jouer l’album sur scène et vas-tu en plus arranger d’anciens morceaux pour le trio ?

 

S.A : Non, je vais plutôt faire des reprises et jouer des morceaux que j’aime particulièrement comme « Fleurs Africaines » de Duke Ellington et sûrement un arrangement que j’ai fait pour le trio d’après le « Moderato » du concerto pour violoncelle de Chostakovitch. Et puis au troisième set, je compte bien inviter des amis musiciens.

 

DNJ : Vas-tu inviter ton jeune frère, le trompettiste Julien Alour ?

 

Oui, j’aimerais bien, surtout que je n’ai pas pu le remercier sur les notes de pochettes du disque, mais c’est grâce à lui et à ses encouragements après un concert, que j’ai pu concrétiser l’idée de réaliser cet album en trio.

 

Propos recueillis par Lionel Eskenazi le 06 mai 2010.

 

retrouvez la chronique de l'album de Sophie sur  SOPHIE ALOUR : « OPUS 3 » ****

 

 

 


 

 

En prime un petit clip de Sophie Alour ( sur un autre projet)

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