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20 décembre 2022 2 20 /12 /décembre /2022 10:12

Avec Yotam Silberstein (guitare), Vitor Goncalves (piano, claviers, accordéon) et Daniel Dor (batterie, percussions).
Invites : Itai Kris (flûte), Carlos Aguirre (percussions), Grégoire Maret (harmonica) et Valerio Filho (pandeiro).
Big Orange Sheep, Brooklyn, NY, mai 2021.
Jazz & People/PIAS.


    Soyons sports au lendemain de cette rencontre épique qui vit le 18 décembre à Doha le couronnement de Lionel Messi et de ses co-équipiers de l’Albiceleste terrassant la bande de Kylian Mbappé pour brandir le trophée Jules Rimet.
  Ecoutons deux compositions du guitariste Yotam Silberstein : un hommage (Requiem for Armando) à deux de ses idoles récemment disparues lors de la pandémie du Covid 19, Chick Corea et Diego Maradona, gloire éternelle du ballon rond et quasiment déifé dans son pays natal, l’Argentine; une évocation de Parana (Entre Rios), cité où le jazzman israélien séjourna avec son ami Carlos Aguirre, percussionniste argentin.


   Ces deux cartes postales musicales, où s’expriment virtuosité et sensibilité, participent d’un périple sans frontières que nous propose le guitariste. Nous sommes conduits en Amérique latine (après l’Argentine, l’Uruguay, le Venezuela, le Brésil) mais aussi dans l’Espagne du flamenco, sans négliger son Proche Orient natal.
   Autant d’illustrations du penchant d’Yotam Silberstein pour les musiques folkoriques, qu’elles se nomment, pour se limiter à l’Amérique du Sud, merengue, samba, choro ou candombe.

     Ne boudons donc pas notre plaisir avec cet « Universos » qui nous invite à la découverte et à l’illustration de traditions revisitées et dynamisées.


Jean-Louis Lemarchand.

 

©photo X. (D.R.)

 

 

 

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15 décembre 2022 4 15 /12 /décembre /2022 16:40

David Linx (voix, textes), Guillaume de Chassy (piano, transcriptions), Matteo Pastorino (clarinette & clarinette basse)

Udine (Italie)

Enja Yellow Bird / l’autre distribution

 

«Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants» : c’est en s’inspirant de cette phrase, rapportée par Jean de Salisbury et attribuée à Bernard de Chartres (philosophe néo-platonicien du Moyen-Âge, qui faisait ainsi référence aux sagesses anciennes) que David Linx et Guillaume de Chassy ont choisi de se lancer dans ce projet à peine raisonnable, et pourtant totalement convaincant : sur des pièces pour clavier (avec même un concerto pour piano et orchestre), et transcrites par le pianiste, poser les mots imaginés par le chanteur. Les clarinettes viennent en renfort de nuances (lesquelles sont déjà extrêmement développées par la voix et le piano). Rachmaninov, Schubert, Bach, Ravel, Chostakovitch, Chopin, Mompou et Scriabine sont à l’affiche de cette fête de la beauté. Ils se tiennent sur les épaules de ces géants avec une maestria confondante, apportant la richesse de leurs parcours respectifs de sculpteurs d’univers musicaux si chargés d’émois et d’esthétiques adoubées par l’histoire. Les textes de David Linx sont d’une grande poésie (on trouve l’un d’eux sur la vidéo Youtube ci-après). Je vais encore faire sourire certains de mes amis en usant d’une formule que j’affectionne, que j’emploie souvent, de manière anachronique, à propos du jazz (au sens large) : c’est beau comme du Schubert ! Et pour une fois je ne suis pas totalement hors sujet…. Ces lieder pour un temps présent chargé de mémoire sont une véritable Œuvre d’Art.

Xavier Prévost

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Des avant-ouïr sur Youtube

à partir de l’Étude-Tableau Op39 N°5 de Rachmaninov

à partir de la Sonate D537 de Schubert   

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14 décembre 2022 3 14 /12 /décembre /2022 17:14

Tim Berne (saxophone alto), Matt Mitchell (piano)

Montréal, 4 octobre 2021

Intakt CD 395 / Orkhêstra

 

Retour de ce duo qui a déjà publié dans cette formule ; le pianiste a en outre été maintes fois sideman dans les groupes du saxophoniste. Familiarité donc, avec la très grande liberté qui en découle. Le disque commence par un lyrisme très assumé de Tim Berne. Lyrisme très libre, qui part en de multiples circonvolutions, soulignées par le piano, avec des passages en unisson, des détours, des retraits, des bifurcations. C’est extrêmement élaboré, et cela paraît pourtant couler d’une source vive, celle de la liberté que donne la complicité. Des surprises, des écarts soudains, des moments de parfaite osmose. Les compositions sont de Tim Berne, sauf celle de deuxième plage, signée Julius Hemphill. Les parties écrites semblent relever de fondus-enchaînés avec les improvisations, sans qu’il soit vraiment possible (ni d’ailleurs utile) de faire le départ entre l’écrit et l’improvisé. Et de ce flux aventureux émergent d’indiscutables formes, soulignées par une intense dramaturgie. Captivant, émouvant : magnifique !

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Bandcamp

https://timberneintakt.bandcamp.com/album/one-more-please

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14 décembre 2022 3 14 /12 /décembre /2022 15:23

Yoann Loustalot (trompette, bugle, effets, composition), Giani Caserotto (guitare, effets, composition), Stefano Lucchini (batterie)

Sarzeau (Morbihan), novembre 2021

Pure Capture / l’autre distribution

Le disque «Slow», en quartette, paru en 2019, affichait un concept, brillamment abouti, d’extrême lenteur. Ici, en dépit du titre, pas de programme explicite. Mais un indiscutable goût de l’ailleurs, une exploration des possibilités esthétiques offertes par les effets, quand ils abandonnent l’efficacité pour le seul projet artistique. De plage en plage, nous voguons sur une vague qui nous entraîne, inexorablement, vers un horizon que l’on croirait infini si l’idée même d’infini ne nous paraissait déjà comme un travestissement de la limite, ou plutôt du but comme limite. La sonorité exceptionnelle, et la formidable expressivité de Yoann Loustalot, à le trompette comme au bugle, sont les instruments de ce voyage sans limite(s). La guitare (et les effets) de Giani Caserotto, et la batterie de Stefano Lucchini, sont les alliés de ce complot dont le but avoué est de produire de la beauté. Enrico Rava ne s’y trompe pas, qui écrit «Ce n'est pas juste un "beau son". Non, c’est le son de l’âme, et il est si profond et authentique que chaque note compte et conte». On ne saurait mieux dire. Enrico est un expert dans ce domaine, et l’on peut succomber sans crainte ni honte au sortilège qui nous accapare.

Xavier Prévost

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Le groupe est en concert le samedi 17 décembre 2022 au 360 Paris Music Factory

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Un avant-ouïr sur Youtube

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8 décembre 2022 4 08 /12 /décembre /2022 10:17

Enregistré le 14 décembre 2018.
Double album GLM Music - SKU EC 607.
Paru le 4 novembre 2022.

    « Le solo ? C’est là où il est au sommet, car il peut faire tout ce qu’il veut ». Le compliment de Stefano Bollani s’adresse à Martial Solal.


    Les illustrations ne manquent pas de ce face à face solitaire avec le clavier dans la carrière du pianiste à jamais entré dans la légende du jazz, que les Etats Unis voulaient quasiment « enlever » dans les années 60 après ses performances au festival de Newport et dans les clubs new-yorkais, mais les deux derniers concerts donnés en Europe et qui resteront comme les ultimes « sorties » en public (à 91 printemps) du « compositeur de l’instant » (Xavier Prévost) méritent une attention toute particulière ... Et pas seulement sentimentale ou nostalgique.

    Nous disposions du concert de la salle Gaveau du 23 janvier 2019 (Coming Yesterday, Live at Salle Gaveau 2019. Challenge/DistrArt Musique) justement récompensé par le Grand Prix de l’Académie du Jazz 2021.

    Surprise, voici un concert de la même époque, enregistré six semaines auparavant en Allemagne (Live in Ottobrunn, GLM Music).

    Les fans devraient être comblés par ce double album (1h34) qui offre un panorama de l’art solalien, où l’humour le dispute toujours à la surprise.


    Le programme retenu s’avère plus large que dans l’album de Gaveau. Figurent ainsi des classiques (Round Midnight, Cherokee ou encore My One and Only Love) qui cohabitent avec des compositions personnelles (Histoire de Blues, Brother Jack ou Köln Duet, Improvisation).  L’amateur pourra également comparer les versions Gaveau et Ottobrunner de quelques pièces maîtresses du répertoire du pianiste : My Funny Valentine, Tea For Two, Happy Birthday, Lover Man, I’ll Remember April ou encore ce Coming Yesterday, mitonné par Martial lui-même. Mais comment choisir entre ces 15 titres ? Cornélien en vérité. Laissons tourner ces deux cd et laissons-nous emporter par cette expression de l’improvisation couplée à la prise de risques ... Vertige assuré !
 


Jean-Louis Lemarchand.

 

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 17:53

Bruno Ruder (piano solo)

Pernes-les-Fontaines, janvier 2022

Vision Fugitive VF 313025 / l’autre distribution

 

Autant l’affirmer d’entrée de jeu : un très beau disque de piano solo. Et pas d’anomalie dans cette réussite. Bruno Ruder parcourt avec talent, pertinence et profonde musicalité bien des univers du jazz (et de son entour), depuis deux décennies. Du formidable trio ‘Yes Is A Pleasant Country’, qui l’associe encore, quand les circonstances le permettent, à Jeanne Added et Vincent Lê Quang, jusqu’à Magma, en passant par de nombreux concerts, et disques, avec Riccardo Del Fra, ce pianiste m’a toujours impressionné par ses choix musicaux et ses talents d’improvisateur. Dans ce disque, une succession de pièces, que l’on devine improvisées (même si l‘on peut supposer des intentions préalables), et qui pourraient être appelées impromptus, nocturnes, préludes, fantaisies, voire études…. Le très bon piano du studio de La Buissonne sonne magnifiquement, du plus ténu pianississimo jusqu’aux éclats du fortissimo. Le pianiste crée constamment des couleurs et des formes, il croise en chemin la mémoire des musiques qu’il aime et connaît : un cheminement d’une belle intensité, que nous suivons plage après plage.

Comme toujours chez Vision Fugitive, la pochette et les images du livret (ici en forme de leporello) sont signées par Emmanuel Guibert. Un texte très éclairant de Stéphane Ollivier, hélas absent du livret, est accessible en suivant ce lien.

Deux personnes rencontrées récemment m’ont dit : est-ce que c’est du jazz ? Ma réponse fut chaque fois : «C’est un grand disque de piano d’un grand jazzman….». Grand disque !

Xavier Prévost

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 17:00

Daniel Zimmerman (trombone, arrangements), Pierre Durand (guitare électrique), Jérôme Regard (contrebasse), Julien Charlet (batterie). Invité : Éric Truffaz (trompette)

Amiens, janvier 2022

Label Bleu / l’autre distribution

 

Très très étonnante (et formidable !) relecture/ déconstruction / recomposition de l’univers musical du Grand Serge. Les thèmes et les climats sont traités amoureusement, mais avec cet esprit libre et légèrement transgressif que requiert le sujet. Les partenaires sont de très haut vol et la moindre de leurs interventions est pertinente, inspirée, et source de création. Éric Truffaz fait trois apparitions tout aussi convaincantes. À ce niveau de réalisation et d’expression musicale, ce disque est une rareté, et une pure merveille. Cela fait longtemps que Daniel Zimmermann nous a appris, et démontré, qu’il est un musicien de premier plan. C’est une confirmation, éclatante.

Xavier Prévost

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Le groupe est en concert le 1er décembre 2022 à Paris au Bal Blomet

Un avant-ouïr sur Youtube

Le Brussels Jazz orchestra publie également un album «Gainsbourg» (Label BJO) avec la chanteuse Camille Bertault

Un avant-ouïr sur Youtube

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23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 16:43
SOMEDAY                    MARC  COPLAND  QUARTET

SOMEDAY Marc Copland Quartet

 

Marc Copland (piano), Robin Verheyen (tenor and soprano saxophones), Drew Gress (bass), Marc Ferber (drums)

 

Label InnerVoiceJazz New York

Welcome » Innervoicejazz

 

En réaction à la pandémie et au repli qui s’en suivit, le pianiste Marc Copland éprouva la nécessité de revenir au monde, à la musique et fit appel à des compagnons de route de longue date pour un nouvel album sorti sur son propre label fondé en 2016, le bien nommé InnerVoiceJazz . Signes distinctifs, l’élégance sobre de la pochette et pour tout texte, un poème de son ami Bill Zavatsky.

Le pianiste revint en quartet pour une rencontre créative et mémorable dans un studio du Queens, au début de l’année 2022, d’où sortiront cinq compositions dont deux standards. Marc Copland ne rechigne pas à revenir aux fondamentaux- il sait d’où il vient : il s’est décidé pour un swingant monkien “Let’s cool one” qui n’était pas prévu au départ mais qui apparut possible dans l’humeur groovy du moment et pour le final de l’album, ce “Nardis” que s’attribua Miles en profitant quelque peu de Bill Evans. Pendant la séance surgit une irrépressible envie de jouer et de composer à quatre, la forme de la musique à venir : alors, pendant une heure, sans prendre aucune pause, ils se lancèrent comme ils l’auraient fait en club en un set. Le résultat fut à la hauteur : trois nouvelles compositions et non des moindres furent retenues, “Nardis”, une ballade de Robin Verheyen, “Dukish” qui annonce la couleur, en hommage à Ellington et “Someday my prince will come” qui inspire le titre de l’album Someday, allusif au standard inoxydable Someday My Prince Will Come. La composition de Frank Churchill et Larry Morey est liée à l’enfance et au cinéma, à la chanson de Blanche-Neige et les Sept Nains,  le Disney de 1937 que tous les jazzmen ont repris, Dave Brubeck en premier en 1957, Donald Byrd, Miles avec son sextet où Bill Evans se l’appropria tellement bien qu’il est irrémédiablement associé à ce thème.

Dès les premières notes de “Someday my prince will come” qui ouvre donc l’album, on ressent une intense réciprocité d’écoute, et on devine le propos finement structuré d’un quartet dont l’autorité est à toute épreuve. Il est vrai que des musiciens chevronnés comme le pianiste et le contrebassiste Drew Gress n’ont plus grand-chose à prouver. Ils continuent néanmoins à travailler, explorer les limites de cette musique, faisant entendre ce chant intérieur qui les anime, tendant vers l’esprit même de cette musique, à travers des signes qui ne répondent à aucune nostalgie. Dans le quartet se crée ainsi une combinatoire où chacun suit sa voie tout en retrouvant les autres à chaque occasion, une entente assez idéale dans le partage.

Avec le saxophoniste Robin Verheyen, Marc Copland expose le thème et on sent qu’ils n’ont pas eu à réfléchir longtemps pour s’ajuster, dans une grande fluidité. Marc Copland, quand il écoute le ténor d’origine belge, n’a pas oublié qu’il fut saxophoniste avant de se mettre au piano. Tous deux s’entendent pour développer de nouvelles idées d’harmonie et de mélodie.  Ils réussissent alors ce tour de force de s’inscrire dans l’ histoire du jazz tout en favorisant de nouvelles percées, réinventant les formes d’une musique qui n’oublie jamais le sens de la liberté. Avec la finesse de touches impressionnistes, on savoure cette retenue qui rejoint un art consommé de l’implicite. Rien de mieux qu’une ballade pour apprécier le travail de ces virtuoses, leurs justes couleurs et groove aérien. Mais on ne saurait rester sur cette douceur ineffable quand on écoute “Round she goes” ou “Spinning things” qui nous cueillent à revers, la vitalité irrépressible, le rebond réjouissant de Mark Ferber, la verve narrative de Robin Verheyen rompant alors l’ensorcellement possible de ces tourneries car ils font circuler autrement la poésie du moment. Stimulant!

Sophie Chambon

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18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 10:36

Rémi Gaudillat & Fred Roulet (trompettes), Loïc Bachevillier (trombone), Laurent Vichard (clarinette basse)

Invitée : Sophia Domancich (piano)

Renaison (Loire), 14-15 octobre 2021

Label Z-Production (Inouïe Distribution)

https://www.possibles-quartet.com/no-work-songs.html

 

Une œuvre très singulière, née comme beaucoup d’autres de la sombre période de la pandémie, de ses confinements et de son absence de concerts in vivo, si peu compensée par la musique jouée pour des diffusions (filmées ou pas) sur les ondes et sur la toile. Objet musical d’autant plus singulier que, publié en vinyle et en support numérique, il s’associe à des textes de Patrick Dubost, conçus pour être lus à l’écoute de chaque séquence musicale, et à des dessins d’Olivier Fischer qui figurent sur la pochette du disque, et que l’on voit naître en musique sur le vidéo ci-dessous

Art transversal ? Art total ? En tout cas belle conception collective d’un objet artistique non identifié, dont la singularité fait la valeur.

La musique procède à certains égards d‘une fibre mélancolique issue des circonstances de sa genèse. Très belle écriture (et interprétation) des ensembles (cuivres/clarinette), entre consonance et tensions, velours et friction. Solistes inspirés et investis dans le collectif, et renfort de la présence en invitée, sur une suite qui occupe toute la face ‘A’ du vinyle, de Sophia Domancich au piano, laquelle avec son talent de prendre les chemins de traverse, apporte une touche supplémentaire d’aventure. On a aussi des instants de jazz pulsé qui réveille chez l’amateur le souvenir de Mingus. Bref liberté, beauté et inspiration : que demander de plus ? Des concerts évidemment, afin que cette musique très vivante renaisse en public.

Xavier Prévost

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Le groupe est en concert au Périscope de Lyon le 18 novembre, avec en invitée Sophia Domancich. Il sera de retour sur scène le 13 janvier 2023 au Théâtre Pêle-mêle de Villefranche-sur-Saône

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17 novembre 2022 4 17 /11 /novembre /2022 01:08

    Leïla Olivesi (piano, composition), Baptiste Herbin (saxophone alto et flûte), Adrien Sanchez (saxophone ténor), Jean-Charles Richard (saxophone baryton et soprano), Quentin Ghomari (trompette et bugle), Manu Codjia (guitare), Yoni Zelnik (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie).
Invités : Chloë Cailleton (voix), Géraldine Laurent (saxophone alto).


Juin 2022. Studio Sextan La Fonderie, Malakoff.
Attention Fragile/L’autre distribution.
Disponible le 18 novembre.

    Les talents de compositrice de Leïla Olivesi ne sont plus à prouver. Après Utopia (2015), la Suite Andamane (2019) distinguée par l’Académie Charles Cros vint confirmer l’opinion des observateurs attentifs de la scène parisienne sur la pianiste franco-mauritanienne : nous avions affaire à une « architecte musicienne » pour reprendre l’expression d’un expert (Vincent Bessières).

 

    C’est à nouveau avec un grand ensemble que Leïla Olivesi nous propose aujourd’hui « ASTRAL ». Si l’on fait abstraction d’une œuvre de Mary Lou Williams, grande inspiratrice de la pianiste (Scorpio), nous sommes en présence de compositions personnelles et originales. « Un jazz acoustique contemporain de très haut niveau », apprécie dans le livret le pianiste américain Geoffrey Keezer. Dérogeant au classique thème-improvisations, le grand ensemble nous prend par la main pour découvrir des contrées surprenantes, chacun des interprètes apportant son écot à ces œuvres collectives séduisantes. Réussir à marier modernité et classicisme, c’est le pari relevé haut la main par Leïla Olivesi.


    Nous garderons pour la fin, en guise de couronnement, l’hommage rendu à Claude Carrière, auquel la liait une passion pour le Duke : une ‘’Missing CC Suite’’ en deux parties (Portrait, Missing CC) qui donne à entendre mouvements d’ensemble et solos de saxophones (Jean-Charles Richard, Baptiste Herbin), trompette (Quentin Ghomari) et de la pianiste-compositrice elle-même invitant à la rêverie sans oublier le swing. Un régal vivement conseillé !

 

    Jean-Louis Lemarchand.

 

    En concert le 1er février 2023 au Bal Blomet (75015) ; Leïla Olivesi participe au festival Pianorama aux Bouffes du Nord (Paris) le 20 novembre.

 

    ©photo Jade Brunet

 

 

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