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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 19:15

ALEXIS AVAKIAN : «  Hi dream »
Paris Jazz Underground - 2017
Alexis Avakian (sax), Ludovic Allainmat (p), Mauro Gargano (cb), Fabrice Moreau (dms), Artyom Minaysan (doudouk)


En concert le 2 février au Sunset- Paris


Le label issu du collectif PJU (*) ne cesse de nous charmer au fil de ses publications par le soin qu’il apporte à la réalisation d’un travail toujours de qualité et dont le dernier album du saxophoniste Alexis Avakian est un nouveau témoignage.
Le saxophoniste qui publie ici son deuxième album est un musicien particulièrement raffiné qui apporte à ses compositions le soin d’une dentelière à l’ouvrage. Sa façon de jouer s’entend comme l’appréhension d’un véritable travail d’orfèvre, d’artisan de luxe dont les nuances subtiles et élégantes sont comme des envolées gracieuses dans un ciel à la Turner (Mark). Il faut l’entendre sur Interlude ou sur Agnès déployer avec une légèreté aérienne un  jeu d’une très grande zénitude.
Il faut dire que ce saxophoniste franco-arménien installé à Paris depuis 2006 s’est choisi des maîtres de haute volée comme Eric Barret, Sylvain Beuf ou encore, outre Atlantique le très grand Jerry Bergonzi (auquel i; dédie un titre, Per Gonzi) ou encore Grant Stewart dont on le sent très proche.

Tout en évitant le cliché d’un jazz world auxquelles ses racines arméniennes aurait pu l’enfermer, c’est au contraire un jazz très ouvert et protéiforme que nous propose Avakian. A la fois un jazz ouvert sur le monde entre plusieurs continents mais aussi ancré dans les racines d’un jazz modernisé où le saxophoniste surfe sur des structures rythmiques et harmoniques complexes, avec une facilité déconcertante. Puis par moment c’est dans un autre ancrage, plus roots auquel il s’attache pour de pur moments de poésie qui ramène un peu à l’Arménie tout en jetant des ponts avec les fondamentaux du jazz ( Adieu mon drôle, Noubar).

Avakian embarque ainsi une formation de très haut niveau pour une musique superbement écrite.
Tournant en boucle sur mon lecteur depuis plusieurs jours j’ai le sentiment de n’en avoir toujours pas fait le tour, découvrant au fil des écoutes des pépites cachées et une sacrée maîtrise du son par Avakian qui fait preuve ici d’une maturité qui force le respect et l’admiration.
Un bien bel ouvrage en somme.
Les parisiens et les parisiennes sont alors priés de se présenter le 2 février au Sunset pour faire entrer dans le monde élégant et hyper classe d’Alexis Avakian.
Jean-Marc Gelin

 

(*) les fondateurs du PJU sont David Prez ( sa), Romain Pilon (g), Sandro Zerafa (g) ( qui vient par ailleurs de publier un nouvel album dont nous parlerons bientôt), Yoni Zelik (cb), Olivier Zanot (sx), Karl Jannuska (dms), Philippe Soirat (dms), Tony Paeleman (p), Jonathan Orland (sx)

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 18:48

Géraldine Keller (voix), Fabrice Martinez (trompette, trompette piccolo, bugle), Catherine Delaunay (clarinette), Roland Pinsard (clarinette, clarinette basse), Régis Huby (violon), Guillaume Roy (violon alto), Stéphan Oliva (piano), Rémi Charmasson (guitare), Edward Perraud (batterie, percussions), Claude Tchamitchian (contrebasse)

Pernes les Fontaines, 6-10 juin 2016

émouvance emv 1038 / Absilone-Socadisc

   Une sorte de jazz de chambre avec voix, sur des textes d'Agota Kristof adaptés par Christine Roillet. La voix parle de la vie dans ses formes heureuses ou angoissantes : aimer, rêver, mourir.... Géraldine Keller dit, profère, parle, chante et déborde jusqu'aux limites de l'improvisation vocale. Pluralité de thèmes, parfois récurrents, entre valse mélancolique et langoureux vertige, effets expressionnistes du rock progressif et lignes atonales. Parfois je rêve que j'entends un écho de « Cinq Hops », de Jacques Thollot, en 1978 (ce qui n'est pas fait pour me déplaire !). Le tout se déploie en forme d'une suite où les solistes, tour à tour, se voient offrir un champ d'expression. Beaucoup de contrastes, souvent plus nuancés qu'abrupts. Dans les cadences ouvertes Stéphan Oliva, Régis Huby, Guillaume Roy, Fabrice Martinez, Catherine Delaunay sont formidables, et les autres ne sont pas mal non plus (étonnant paysage percussif d'Edward Perraud). Et le tutti reprend régulièrement, dans son emportement vital, jusqu'à émergence d'un nouveau fragment, d'une nouveau texte, d'une nouvelle cellule mélodique et/ou rythmique. Le compositeur-leader, loin d'envahir l'espace improvisé, ne s'est réservé que peu d'interventions en soliste, heureux sans doute de partager cette suite avec cette belle brochette d'improvisateurs. Le disque, comme beaucoup d'autres dans le jazz hexagonal contemporain, est produit avec le concours de MFA (Musique Française d'Aujourd'hui), et il convient de saluer comme il se doit l'action de cette structure qui permet à des projets ambitieux d'éclore, jusqu'au partage. Partageons donc, largement, ce (beau) moment singulier.

Xavier Prévost

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Le groupe jouera, pour la sortie du CD, le 11 janvier à Paris, au Studio de l'Ermitage.

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 15:46
MICHAEL BUBLE

 Nobody but me

Reprise records / Warner music company

 

 

Reçu à Noël d’un ami qui sait que j’aime le jazz et le jazz vocal, j’étais plutôt surprise de ce choix, car je ne connais pas vraiment ce chanteur crooner un peu lisse, variant entre pop et jazz.

Nobody but me est son dernier album, enregistré en studio qu'il a entièrement maîtrisé en le produisant. Il a su s’entourer d’un orchestre impressionnant (70 musiciens) de cordes et de soufflants que l’on entend au mieux sur le standard de Johnny Mercer « I wanna be around ». Après écoute, mon opinion est faite, Bublé a une belle voix chaude et sensuelle, et sur cet album, il reprend quelques standardsde Sinatra, Nina Simone… Ce qui est déjà un bon point car j’avoue que ses propres compositions aux orchestrations adaptées penchent sur le versant d’une variété honnête …sans plus. Michael Bublé est un Canadien d’origine italienne (il chante d’ailleurs « On an evening in Roma ») et sans doute rêve-t-il d’un succès comparable auprès des jeunes (filles) à celui d’une de ses idoles, Sinatra.

« My kind of girl » tire sur la romance, on pense fugitivement à Sinatra moins pour la voix (inimitable) que pour une certaine qualité des arrangements. Sur «The Very Thought of You » qui m'évoque immédiatement Billie Holiday, il chante lentement, avec une énonciation appliquée mais parfaite.

Il faut attendre la toute fin du disque pour ressentir une véritable émotion avec la reprise décalée du sublime titre de Brian Wilson « God only knows ». Parti pris intelligent : un accompagnement simple, piano et cordes légères, écrin de la voix bien posée et de la diction lente ciselant chaque mot de cette formidable chanson d’amour. Une fois encore, quand la composition est belle, on peut tenter des variations…

Sophie Chambon

 

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 17:18

Lee Konitz (saxophone alto), Kenny Wheeler (trompette & bugle), Frank Wunsch (piano), Günnar Plumer (batterie)

Birdland Jazzclub, Neuburg an der Donau (Bavière), 4 décembre 1999

Double Moon DMCHR 77146 / Socadisc

 

Enregistré voici plus de 15 ans, un concert qui n'avait pas été publié parce que, nous dit-on, Lee Konitz se promenait trop sur la scène, parfois loin du micro (comme il en a l'habitude), et que le rendu du mixage laissait le producteur et son équipe perplexes. Les artistes consentirent à rejouer, devant une salle désormais vide, après le concert, pour faire des prises supplémentaires pour un disque. Mais les uns et les autres n'étaient pas satisfaits de cette prestation after hours. Il fallut plus de quinze pour que, finalement, un CD voie le jour, avec les prises du concert remixées, disposées dans un ordre différent, et avec quelques inclusions des prises d'après concert. Le résultat est réjouissant. C'est un groupe sans batterie, dans une esthétique « à la Tristano », avec cette liberté d'évasion par rapport au matériau mélodique et harmonique que Konitz a développée chez le grand Lennie, terrain sur lequel Kenny Wheeler excelle aussi (d'autant qu'il a par ailleurs pratiqué les musiques improvisées les plus radicales). Kenny nous a quittés en 2014, mais Konitz est toujours présent sur la scène du jazz. Le pianiste Frank Wunsch joue de longtemps avec Konitz (avec lequel il a même enregistré en duo), il a aussi étudié avec Friedrich Gulda, avec lequel Kenny Wheeler a joué dans les années 60. Quant au contrebassiste Günnar Plumer, il était au côté du pianiste dans un disque de Lee Konitz en 1990. Bref cette rencontre doit plus aux affinités qu'au hasard, et cela s'entend : liberté d'improvisation, prises de risques sans la moindre frilosité : du jazz, en quelque sorte, dans ce qu'il a de plus délibérément ouvert à tous les possibles.

Xavier Prévost

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:14


Stan Getz (saxophone ténor), Jimmy Rowles (piano, vocal), Buster Williams (basse), Elvin Jones(batterie) et en invités (pour un titre), Jon, Judy et Michele Hendricks et Beverly Getz (vocal).
New York, octobre 1975. Columbia-Sony. Collection Jazzconnoisseur
Voici un grand moment de fraîcheur, symbole de l’atmosphère californienne, même si l’album a été enregistré sur la Côte Est. Sorti initialement en 1977, le disque retrouve les bacs sous un autre format (le cd) mais sous sa présentation originale (design de pochette et texte), ainsi que le veut le principe de cette collection destinée à redonner vie à des chefs d’œuvre des temps passés (une deuxième vague de 25 références vient de paraître). La vraie vedette en est Jimmy Rowles (1918-1996), connu pour ses qualités d’accompagnateur (Billie Holiday, Sarah Vaughan, Carmen McRae…), et auteur d’une pièce maîtresse, The Peacocks, ici présentée avec quelques pépites (Body and Soul, Skylark, Lester Left Town).  Stan Getz se montre toujours aérien et Elvin Jones témoigne d’une délicatesse aux balais qui en dit long sur l’étendue de sa palette sonore. Une autre surprise vient de cette version de The Chess Players, composition de Wayne Shorter, distillée par un quatuor vocal formé de la famille Hendricks (on retrouve Jon au sein du trio LHR dans un autre album de la dite collection, enregistré en 1959 à New York avec le trio d’Ike Isaacs et Harry Edison) et d’une fille de Stan Getz, Beverly.  Dernier argument, le prix, moins de 5 euros, le tarif d’un demi et là, dans le cas de cet album, on peut dire que ce n’est pas de la petite bière !
 Jean-Louis Lemarchand

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 16:47

Simon Nabatov (piano), Cologne, mai 1995 ; (piano et effets électroniques), Cologne, juin 2013

Leo Records CD LR 780 (Orkhêstra)

 

Une expérience étonnante : rapprocher, par alternance des plages sur le CD, des compositions de Thelonious Monk enregistrées par Simon Nabatov en 1995, et des compositions-improvisations du même Nabatov, avec traitement électronique du son de piano, captées en 2013. L'aventure intrigue, d'abord par le choix des thèmes de Monk : à côté des très connus Epistrophy ou Pannonica, on trouve les plus confidentiels Skippy, Oska T. ou Light Blue. Ensuite par le rapprochement de ces thèmes, joués avec un drive impressionnant par ce pianiste qui sait ce que swinguer veut dire, avec des séquences plus méditatives, dont l'étrangeté s'accentue encore par les traitements électroniques. Au delà de cette différence que l'on pourrait croire radicale se profile une même réalité, celle précisément de l'étrange. Dans les notes du livret le critique canadien Stuart Broomer, lui-même pianiste, évoque Lautréamont et la fameuse « rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie » (Maldoror, chant sixième). Et c'est là bien plus qu'une boutade : une manière de lire, dans la volonté de Simon Nabatov de rapprocher ces deux enregistrements, comme un manifeste d'artiste. Ce qu'il y avait d'étrangement neuf dans ces thèmes de Monk composés à partir des années 40 fait bien écho au désir du pianiste d'aujourd'hui, qui est encore d'explorer l'inouï, fût-ce avec les instruments dont la technologie nous dote. D'ailleurs toutes les plages de 2013 ne font pas forcément assaut de technologie ; le traitement sonore intervient sporadiquement, toujours de façon pertinente, pour nous signifier ce que Mallarmé appelait « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui » (Poésies, 1887) ; au vers suivant il écrit « Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre » : pour connaître la réponse à cette interrogation, il suffit peut-être d'écouter sur le disque la confrontation entre deux moments aventureux de cette musique, de l'audace de Monk en son temps à cette approche prospective du piano contemporain. Les deux univers se rejoignent dans un certain art de fracturer le temps. Il faut tenter l'écoute, car si l'on plonge dans la musique, l'émoi est au bout du chemin.

Xavier Prévost

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 16:51

 Si vous suivez le blog des DNJ, vous avez forcément des ami(e)s jazzfans auxquel(le)s faire des cadeaux, ou encore des idées de cadeaux à suggérer à vos proches pour vous-même. Que ce soit pour Noël, ou pour le Nouvel An (la naissance de l'an neuf est moins connotée....), voici deux suggestions fondées sur une écoute.... de jazzfan.

 

 

MILES DAVIS « Freedom Jazz Dance, The Bootleg series vol. 5 »

Miles Davis (trompette), Wayne Shorter (saxophone ténor), Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse), Tony Williams (batterie).

New York, 1966-1968

Columbia Legacy 88985357372 / Sony (3 CD)

 

En 3 CD, les enregistrements destinés à l'album « Miles Smiles », et aussi des titres de « Sorcerer », « Nefertiti » et « Water Babies », avec évidemment les prises éditées, mais surtout les nombreuses autres prises, et tous les dialogues entre Miles, les producteurs, les musiciens.... Et en prime Miles chez lui, au piano, parlant avec Wayne Shorter (peu prolixe !) d'un blues qu'ils élaborent. Certaines des prises inédites valent vraiment le détour. C'est un document pour passionnés, certes, mais un document essentiel, et jouissif !

On trouve tous les détails (en particulier le script des dialogues) sur le site de Pete Losin : http://www.plosin.com/milesAhead/Disco.aspx?id=BootlegFJD

CADEAUX à des JAZZFANS ?  COFFRETS !

MUHAL RICHARD ABRAMS « The Complete Remastered Recordings on Black Saint & Soul Note , Volume 2 »

Muhal Richard Abrams (piano, synthétiseur, voix) et au fil de 9 CD Malachi Favors, George Lewis, Anthony Davis, Leroy Jenkins, Anthony Braxton, Henry Threadgill, Amina Claudine Myers, John Blake, John Purcell, Roscoe Mitchell....

New York et Milan, 1975-1995

CamJazz BXS 1041 / Harmonia Mundi (9 CD)

 

Quatre ans après le volume inaugural (8 CD de l période 1979-1994), la suite des aventures du pianiste-compositeur-activiste de la créativité musicale afro-américaine avec les labels italiens Black Saint et Soul Note. Des disques sous son nom, des duos (avec Amina Claudine Myers, Malachi Favors, Roscoe Mitchell....), des collaborations de sideman (avec George Lewis, Leroy Jenkins), et bien sûr des disques en leader. C'est une occasion supplémentaire (et elle n'est pas inutile, tant l'importance de ce musicien est souvent ignorée) de vérifier comment la créativité la plus audacieuse se conjugue avec le prolongement de la tradition, dans une effervescence qui jamais ne faiblit. En 9 CD, un beau panorama de la Great Black Music durant deux décennies. Pas un coffret de spécialiste : un objet sonore à mettre entre toutes les oreilles mélomanes !

Xavier Prévost

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 09:32

Fred Hersch (piano, John Hébert (contrebasse), Eric McPherson (batterie)

New York, Village Vanguard, 27 mars 2016

Palmetto Records 7 5395721832 4 / Bertus

 

Publié en août dernier, ce disque est désormais distribué en France par Bertus. Après un disque en solo, et un autre en trio dans ce même lieu qu'il désigne comme le « Carnegie Hall du jazz » (c'est beaucoup plus petit mais tout aussi prestigieux !), Fred Hersch a choisi de publier l'essentiel d'une soirée dans le club mythique de la Septième Avenue : tout le premier set, et 2 thèmes captés lors du second. Ce disque est déjà deux fois nommé pour les Grammy Awards 2017, et c'est justice : formidable inspiration, pianisme superlatif, connivence parfaite avec ses fidèles partenaires du trio. On commence avec un standard pas très connu de Richard Rodgers : A Cockeyed Optimist. Puis ce sont des compositions du pianiste, dont une dédiée à Benoît Delbecq, où il fait écho au langage de notre compatriote ; et une autre où Fred Hersch fait exploser le contrepoint par le formidable degré de tension qu'il instaure. Un très beau thème de Kenny Wheeler est l'occasion d'un dialogue rythmique épatant avec ses partenaires ; une version d'anthologie de The Peacocks (de Jimmy Rowles), une reprise des Beatles, For No One, et le tour est joué. Restent, issus de la fin du second set, une reprise de Monk, We See, et un rappel en solo. On aurait aimé être là.... mais ce disque nous console !

Xavier Prévost

 

Fred Hersch jouera en solo à Paris, au Duc des Lombards, les 15 & 16 décembre, à 19h30 et 21h30.

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 07:28

Alban Darche (saxophone ténor), Samuel Blaser (trombone), Sébastien Boisseau (contrebasse), John Hollenbeck (batterie)

Berlin, juin 2015

Yolk Music J 2068 / L'Autre distribution

 

Deux ans après la publication du premier opus, revoici JASS, composé énigmatique de jazz de stricte obédience, de jazz contemporain, de musique atonale et d'effervescence collective, comme seul le jazz peut en produire. Un composé qui repose sur l'assemblage de très fortes personnalités musicales autant qu'instrumentales. Le saxophoniste et le batteur signent la majorité des titres, mais l'esprit est bien collectif. On serait quelque part entre les quartettes d'Ornette Coleman et les labyrinthes rythmiques du mouvement M'Base. Le très segmenté cohabite avec le lyrisme assumé, les combinaisons harmoniques sophistiquées avec l'expressivité la plus directe. Et comme ce sont quatre solistes hors pairs, le jouage est d'une densité constante. Deux Nantais, un Suisse de Berlin, et un Américain lui aussi Berlinois, c'est un assemblage idéal pour cette musique qui brasse les identités et parcourt les territoires avec virtuosité. On peut chercher à percer le mystère à chaque réécoute, ou choisir de simplement se laisser porter : le bonheur est au bout du chemin.

Xavier Prévost

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Le groupe joue la 8 décembre à Paris (11ème) , Salle Henri Selmer, 18 Rue de la Fontaine au Roii ; puis le 9 à la Jazz Station de Sierre, en Suisse, et le 10 à La Fabrique de Nantes.

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Un avant-ouïr sur le site d'Alban Darche

http://www.albandarche.com/fr/discographie/

http://www.yolkrecords.com/fr/index.php?p=album&id=79

 

 

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:12

Marion Rampal (voix), Anne Paceo (batterie, voix), Pierre-François Blanchard (claviers, voix)

Invités : Julia Sarr (voix), Sébastien Llado (trombone, voix)

Mignaloux-Beauvoir (Vienne), sans date

e-motive Records EMO 161 / L'Autre distribution

 

Une vraie voix, et un vrai feeling, au service d'un répertoire d'une folle diversité, et d'une originalité certaine. Après un premier disque sous son nom, et des collaborations avec Raphaël Imbert, Perrine Mansuy et Archie Shepp, Marion Rampal nous offre un paysage où les horizons de La Nouvelle-Orléans se confondent avec des effluves de Memphis, l'Anglais avec le Cajun, l'ambiance soul avec un doux mélange de jazz et de pop, et où la chaleur expressive de Bill Withers nous revient en mémoire, dans une incarnation féminine. Un blues de Blind Willie Johnson, hardiment revisité, y côtoie la voix louisianaise d'Alma Barthélémy (enregistrée en 1957), mêlée au chant de Marion Rampal. L'Anglais, le Français et les langues créolisées de la Louisiane se mêlent dans une inspiration unique : Marion Rampal est le creuset de cette fusion culturelle où l'or fondu restitue une pépite, singulière et d'une valeur indiscutable. Comme un chemin à rebours que seule l'authenticité musicale rend possible.

Xavier Prévost

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Marion Rampal se produit le 8 décembre à Paris, au Studio de l'Ermitage, et le 27 janvier au festival Altitude Jazz de Briançon.

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=js-QeopWpIE

 

 

 

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