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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 11:22

 

1 CD PLUS LOIN

 

www.plusloin.net

www.sophiealour.net

link

www.myspace.com/sophiealour

 

 

sophiealour.jpg

 

Les Sophie sont souvent « sages » mais dans le cas de Sophie Alour, les choses sont un peu plus compliquées qu’il n’y paraît …  A  l’écoute de ce disque inspiré, on entendrait  plutôt  une folie bien maîtrisée que l’on sent monter progressivement. Un dérèglement très contrôlé pour un album  de jazz cérébral et percutant : le formidable Karl Jannuska n’est pas étranger à la chose, mais comme il accompagne beaucoup de saxophonistes ces temps derniers…il y a  décidément quelque chose de plus ici . « OPUS 3 »  est la troisième expérience en leader de la saphoniste avec ce trio à la  rythmique efficace et parfaitement accordée ( Karl Jannuska à la batterie et Yoni Zelnik à la contrebasse ) : une interaction réussie entre les musiciens qui se connaissent suffisamment pour tenter l’expérience d’un  travail collectif où chacun prend sa place avec aisance et sans virtuosité excessive. Ajoutons que la réalisation est confiée au pianiste Eric Legnini dont on connaît le talent et le sens artistique. Un souffle de « liberté surveillée » traverse cet album où Sophie Alour explore au ténor et au soprano des compositions sinueusement intenses. Ce qui  domine en fait, c’est le son de Sophie Alour aux divers saxophones, souple mais avec de la tenue, de l’autorité même, toujours sous tension. On  ressent  une énergie farouche, et peu à peu on se retrouve hypnotisé, comme pris au piège de certaines spirales voluptueuses « Mystère et boule de gomme » ou cette « Ode à Arthur Craven ». Ce ne sont pas tant les morceaux qui sont  réfléchis, posés même, que la voie tracée qui nous conduit sûrement après 11 titres, au final  « Petite anatomie du temps qui passe ». Ce climat étrange, étrangement familier même des compositions originales, courtes le plus souvent, et le goût d’ arrangements subtils  donnent  une cohérence mélancolique à cet OPUS 3. S’il y a une certaine pudeur à entrer dans la confidence,  si on pressent que le mystère ne sera pas dévoilé, on ne se sent pas exclu. Au contraire. Le délicatement voilé  « En ton absence » sait s’insinuer jusqu’à la blessure.  « Haunted»  est un autre thème un peu fétiche sur lequel Sophie Alour revient depuis son  dernier album  au titre déjà  révélateur « Uncaged ».  De la retenue  mais une invincible détermination, ce qui nous évitera les expressions clichés de « jazz féminin », ni même « jazz au féminin ». Mais en ce moment sur la place parisienne , une génération de jeunes saxophonistes femmes et une triade en particulier (Géraldine Laurent, Sophie Alour, Alexandra Grimal) osent, chacune à leur façon,  se frayer une voie (étroite) dans un monde musical très masculin. On évitera le piège des comparaisons  :  voilà des musiciennes qui parviennent à s’imposer par un caractère bien trempé, beaucoup de talent et une musicalité alliée à un réel amour du jazz.

Sophie Chambon

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 07:56

 

Sony Music 2010

robinmcKelle

 

 Allons, allons, faisons pas la fine bouche. Robin Mc Kelle se lance avec de bonnes grosses recettes dans un R&B qui balance façon Ray Charles.

N'hésitant pas dans des compositions de son cru, à rendre hommage au maître ( un Mess Around qui ouvre l'album sous forme de clin d'oeil appuyé), la chanteuse de  Rochester n'hésite pas à mouiller sinon la chemise à tout le moins le décolleté que l'on imagine ici à paillettes dans le genre des Raellettes réincarnées. Question arrangements et orchestration c'est du lourd et ça fait peut-être pas dans la délicatesse mais c'est efficace en diable. Robin Mc Kelle trouve parfois de voix de chanteuse de soul black et fait danser le populo sur de bons vieux airs de famille ( Never make a move too soon de BB King). Les cuivres meublent et balancent la sauce avec plus ou moins de conviction. Les arrangements font mouche et l'on notera dans le lot, cette réappropriation de I can't see nobody des Bee gees.

A l'heure où les majors misent sur la production de spectacle plus que sur l'édition phonographique, gageons qu'un album comme celui-là est un bon produit d'appel pour se ruer la voir dans les salles de concerts ou les festivals de l'été où à coup sûr, elle saura mettre le feu. En tous cas moi si je peux j'y courre. Y a finalement pas de honte à se faire du bien.

Jean-marc Gelin

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:33

Sunnyside 2010

Chris Morrissey (cb), Michael Lewis (sax), Peter Schimke (p), Bryan Nichols (p), Dave King (dm)

 

morrissey

Certains ont peut être à l’oreille les enregistrements de ce « jeune » groupe de Minneapolis, Happy Apple qui a souvent fait débat dans notre microcosme. On y entendait alors Michael Lewis au sax (entendu ensuite dans d’autres groupes et notamment aux côtés de Michel Portal) et Dave King le batteur bucheronesque de Bad Plus. Et voilà désormais un jeune contrebassiste de 28 ans, Chris Morrissey qui s’entoure de ces deux électrons libres du jazz pour un premier album basé sur ses propres compositions. Agréable impression de sortir d’une sorte de dilemme générationnel très prégnant à New York qui nous permet de sortir des sentiers un peu trop battus et un peu trop marketés outre atlantique. C’est ici un autre jazz, un peu bricolé qui va chercher ses influences du côté de Neil Young, de Björk et qui possède la fraîcheur de ceux qui ne prétendent pas. Des mélodies poussées comme des riffs un peu hynotiques, de grands espaces qui laissent la bride lâche au soliste, un esprit un peu cow-boy et un son qui avec son côté un peu mat donne à cet enregistrement un aspect brut de décoffrage, un côté un peu sheep et garage. Jusqu’à garder intact un cri qui émerge du studio sur The Curious Habit of Harold Hill, non mixé. Vers la fin de l’album Chris Morrissey montre aussi qu’il peut se lancer à corps perdu dans un jazz un peu plus straight, mainstream. De toute évidence cette bande-là souhaite puiser dans d’autres racines américaines, vers un autre jazz. Sans être transcendante ni révolutionnaire, cette bande-là possède individuellement assez de talents pour en faire émerger une force collective irrésistible. Ils en trouvent ici le chemin

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:35

JOHN ZORN : « Mycale – Book of Angels Volume 13 » *****

Tzadik 2010

Basya Schechter, Ayelet Rose Gottlieb, Malika Zarra, Sofia Rei Koutsovitis (voc).

zorn vol 12

Depuis son lancement il y a déjà cinq ans, la série « Book of Angels » a – au gré des interprètes auxquels John Zorn confiait ses compositions – alterné grandes réussites et déceptions certaines, à l’image du dernier volume chroniqué dans ces pages. Mais cette nouvelle livraison fait plus que rattraper le coup : il s’agit sans doute du disque le plus inattendu, le plus rafraichissant et le plus excitant de toute la collection, en dépit ou peut-être à cause de son étonnante brièveté (33 minutes !). Jusque-là inconnues au bataillon zornien, les quatre chanteuses réunies ici en un quatuor a cappella donne au répertoire de Masada une orientation totalement insoupçonnée. Alors que la radical jewish music chère à Zorn se réduit parfois au recyclage de quelques formules klezmer ou orientalisantes, « Mycale » nous convie à un authentique festin de musiques du monde, où la tradition juive n’est que le trait d’union entre des folklores riches et divers. Respectivement natives de Brooklyn, d’Israël, du Maroc et d’Argentine, ces quatre New-yorkaises ont bâti une magnifique tour de Babel où le langage universel des onomatopées et des vocalises se mêle à l’hébreu, au yiddish, au ladino, au Français et à l’Arabe (c’est d’ailleurs peut-être la première fois qu’on peut entendre des textes chantés dans un disque de Zorn). Les arrangements qu’elles ont imaginés mêlent fantaisie à la Bobby McFerrin, rythmes d’inspiration africaine et influences minimalistes aux musiques orientales et à leur mélismes enchanteurs. Le quatuor est formidable de cohésion et d’unité, mais laisse aussi chaque voix affirmer sa singularité, dans des solos parfois bouleversants. C’est là sans doute la grande différence avec l’autre grand projet vocal de Zorn, le « Cantique des cantiques » présenté à La Villette en septembre dernier. Dans cette composition grandiose pour cinq chanteuses a cappella, l’ensemble vocal fonctionnait comme une sorte d’orgue humain aux intonations parfaitement pures. Ici, la voix est assumée avec son relief, son vibrato, ses aspérités, bref son humanité.

Pascal Rozat

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 23:51
peirani.jpgZig Zag Territoires / Harmonia Mundi - 2010
Vincent Peirani (acc), Vincent Lê Quang (sax), Sylvain Luc (g) sur deux pièces, Serena Fisseau (voc) sur une pièce

Premier album de Vincent Peirani. Cet accordéoniste, qui joue aussi bien avec Daniel Humair qu’avec Les Yeux Noirs ou Roberto Alagna, présente onze titres dont dix compositions originales la plupart jouées en duo avec le saxophoniste Vincent Lê Quang. La franco-indonésienne Serena Fisseau chante sur le titre "Gunung Sebatu" et Sylvain Luc est essentiellement présent sur l’excellent musette "Truc Muche" qui fait l'ouverture.
Que l’accordéoniste joue seul ou en duo, la musique ne pâtit pas de l'absence d'autre instrument. Au contraire. Peirani est un musicien complet et virtuose à bon escient au jeu compact et dansant. Un peu à l’image de l’homme-orchestre, il agrémente le chant de son accordéon par des frasques rythmiques, des vocalises envoutantes et des interventions saisissantes.

N’oublions pas son comparse, essentiel et magistral, Vincent Lê Quang sans qui ce premier album ne saurait avoir la même saveur. Le plus marquant est l’antagonisme qui règne entre les personnalités musicales de Lê Quang et Peirani. L’accordéoniste confronte son jeu enlevé à celui posé et retenu du saxophoniste : leur enthousiasme à jouer ensemble et leur maitrise créative mis en commun rejaillissent à nos oreilles et persistent tel un halo sonore.

Leur musique emprunte au blues, au musette, au jazz, au rock ainsi qu'à la musique indonésienne à qui Peirani rend hommage ici après un voyage dans le village de Sebatu à Bali. Avec maturité, Le duo passe avec allégresse de la musette désinvolte "Truc Muche" et du goguenard "Anataule ondulée" - au titre prédestiné - au mélancolique "Gunung Sebatu" et à "Still Song" à la gravité profonde.

Avec des instruments aux textures aussi différentes que riches et des pièces fortement mélodiques, Gunung Sebatu est un album que l’on redécouvre à chaque écoute et nous garantit un perpétuel voyage. Il ne fait aucun doute que Peirani est déjà un grand musicien : l'empreinte sonore que laisse sa musique à nos oreilles en est la preuve.

Pour finir, il est temps de porter notre intérêt musical le plus sérieux sur ce « nouvel » instrument qu'est l'accordéon... en tout cas celui que font renaitre des musiciens comme Peirani et Didier Ithurssary, qui brisent les frontières et bousculent les idées reçues inhérentes à cet instrument infortuné.

Jérôme Gransac

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 16:40

With radio.string.quartet.vienna

Bernie Mallinger (vl), Johannes Dickbauer (vl), Cynthia Liao (vl), Asja Valcic (cello)

ACT 2010

rigmor

Rigmor Gustafsson  est certainement une chanteuse de grand talent. Et accordons- lui d’emblée le mérite de se remettre toujours en question et de chercher des voies nouvelles. Ici c’est un quatuor à cordes qui lui donne la réplique sur des compositions signées Mingus, Paul Simon, Burt Bacharach, Stevie Wonder ou encore Rigmor elle-même sur une de ses compos. Il ne s’agit pas, pour faire du neuf,  d’aller chercher une nouvelle idée dans la très vieille recette des ensembles à cordes mais plutôt de s’appuyer sur un quatuor magnifique, celui de la Radio Viennoise, et surtout sur des arrangements de Bernie Mallinger et Johannes Dickbauer, deux de ses membres qui font preuve ici d’une superbe créativité musicale. Plutôt originaux dans ces arrangements entre classique, jazz et folk song, évitant le côté larmoyant que les violons donnent parfois aux chanteuses lorsqu’ils les accompagnent, ces cordes là glissent, accrochent parfois, frappent et s’entendent plus comme un quartet que comme un quatuor. A l’intensité musicale que ces musiciens donnent à leur propos, on regrettera néanmoins que dans l’emballement de ce projet, la chanteuse soit parfois imprécise, parfois tout juste juste, semblant préoccupée par l’alternance de la mise en valeur d’elle-même et parfois de ses propres musiciens. L’osmose n’opère ainsi pas toujours. Pourtant quelques beaux moments d’émotion suivent une pop intelligemment revisitée ou un jazz exigeant comme ce Dry Cleaner from Des moines exigeant, difficile et Mongusien en diable. Et puis ces moments forts qui effleurent parfois comme ce sublime I just don’t know what to do with myself modèle dans le « less is more » ou encore cette très belle version de Dear Old Stochkolm  (Ack Varmland Du Sköna dans le texte) qui vient clôturer avec émotion cet opus. Avec un naturel déconcertant, Rigmor Gustafsson chante comme si cela allait de soi, dans la continuité d’une Joni Mitchell. Cet album est en soi une bien belle réussite. Jean-Marc Gelin

 

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 16:24

GUILLAUME CHERPITEL : «  Cercles et variations »

http://guillaume-cherpitel.com

 

Alexandre Ambroziak (Batterie), Mathieu Loigerot (Contrebasse), Pierre Desassis (Saxophones ) et Guillaume Cherpitel (Piano).

 

cherpitel

 

 

Il est parfois de bonnes surprises lorsque l’on se laisse aller à l’écoute d’album nous arrivant dans notre boîte aux lettres sans que l’on ne sache ni d’où cela vient, ni qui vous l’envoie , et sans que l’on ait la moindre information sur les musiciens en question. Et c’est bien ce qui s’est produit ici avec cet album du pianiste Guillaume Cherpitel, figure bien connue sur la scène musicale Nancéenne mais (nous l’avouons toute honte bue) un peu moins dans notre contrée parisienne un peu snob. Et c’est bien un tort si l’on en juge par le talent du garçon. Car si l’on met de côté le pianiste un peu anecdotique, on est en revanche totalement bluffés  par le même mais prit cette fois du côté du compositeur. Car Guillaume Cherpitel  a une vraie « patte » tant au niveau de ses compositions que dans sa façon d’arranger. Jamais académique, jamais dans l’exercice de style, le garçon a de vraies idées et des choses à dire assez séduisantes pour impulser l’énergie à ses musiciens qui s’expriment aussi bien en grande formation qu’en combo. Jamais dans la facilité cette écriture post revival est très fluide et les morceaux de 6/8 mn s’enchaînent sans le moindre ennui, preuve que le compositeur parvient à renouveler son propos sans redites. Si la rythmique pêche un peu par timidité, on notera en revanche la présence d’un remarquable saxophoniste. Les morceaux sont formidablement construits et l’on n’en regrettera que plus amèrement une absence de direction artistique qui se fait parfois cruellement sentir. Pourquoi cette reprise (pas fameuse) de Brassens sur Les Bancs Publics qui vient ici rompre un charme pour nous entraîner dans une logique moins originale et surtout moins inspirée. Et pourquoi ce piano un peu bastringue qui sonne parfois terriblement faux. C’est dommage notamment sur un thème comme Brad Plus qui viendrait clôturer l’album de bien belle façon s’il n’y avait pas ce son pas très juste. Mais nous aurions tort de nous arrêter à cela et nous aurions certainement raison de nous féliciter au contraire d’avoir surtout découvert ici un jeune compositeur dont on peut vous promettre que bien au-delà des terres de l’Est on risque d’en entendre parler. Puissions nous lui apporter notre modeste caisse de résonance qu’il mérite largement. Jean-Marc Gelin

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 15:15

Plus Loin 2010

Pierre de Bethman (p, fder), Rick Margitza (ts), François Moutin (cb), Louis Moutin (dm)

moutin.jpg Encore une fois et quelques années après leur précédent album, les frères Moutin reviennent sur des terres volcaniques où les énergies fusionnent. A une époque où les formations ne cessent de tourner au gré des projets on ne peut que louer ce vrai esprit de quartet et cette fidélité aux hommes qui désormais se connaissent par cœur. On retrouve donc les mêmes avec leurs automatismes et l’assurance des aveugles qui avancent dans le noir là où d’autres se cognent dans les coins. Les frères Moutin, évoluent au fil d’une musique d’inspiration très New Yorkaise ( la ville de résidence de François) qui peut (à l’aise) rivaliser avec les meilleures formations outre-atlantique d’ inspiration que l’on pourrait qualifier de post-Breckerienne ( si l’on osait ce néologisme pas très beau). Il faut dire que le son de Rick Margitza, son lyrisme presque romantique, son phrasé aussi subtil que puissant, cette façon de mordre et de trancher tout en glissant avec volupté sur la note n’est pas sans rappeler le regretté leader de Steps Ahead (Momentum).  La musique il est vrai pourrait sembler parfois un peu formatée si ce n’était quelques délicates incursions de De Bethman au fender qui, mine de rien, ouvre le jeu et l’espace en créant là de subtiles nappes musicales qui s’inscrivent en contraste heureux avec le tranchant du saxophoniste ( Depth Light).  Quand aux frères Moutin, inséparables  depuis leur naissance il y a quelques [   ] printemps, leur plaisir de jouer ensemble est toujours là intact, fort, inaltérable. Et ce n’est pas Martial Solal qui dirait le contraire. Un plaisir de jouer tous les deux au point de nous servir leur incontournable medley joué en duo comme une sorte de marque de fabrique au fil des albums et des concerts. Comme s’ils avaient besoin de ça pour capter la lumière ! Et la musique dans tout ça me direz-vous ? On n’ira pas jusqu’à dire qu’elle est d’une franche modernité ni qu’elle révolutionne le genre. Mais après tout, faut il que la musique subisse le dictat d’une révolution permanente pour afficher son évidence ? Et si les sentiers battus et reconnus conservaient le charme de leur désuétude. Car leur musique à eux est ancrée dans une époque du jazz, la leur, celle de leur génération. Celle qui vient entre le jazz rock et le revival. Celle qui synthétise. Tout est là : des compos incisives, du groove en diable, un quartet fusionnel. Et tout cela coule de source. Et cette source est brûlante. Jean-Marc Gelin   

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 15:22

Patrick Favre (p), Gildas Boclé (cb), Karl Jannusk (dm)

Fremeaux & ass 2010

Le récent album du pianiste Patrick Favre fort justement encensé par le collège des critiques de jazz est assurément un album particulièrement abouti. Avec ce qu’il faut de travail artistique en amont pour en faire un grand album de trio dans la veine des pianistes qui s’inspirent du trio de Brad Meldhau tout en affichant leur propre personnalité. C’est dire. Ici Patrick Favre a une façon d’aborder la musique en explorant systématiquement un registre dans le médium-grave du clavier qui lui donne, sans pathos une réelle profondeur. Les compositions signées toutes du pianiste sont admirables et donnent un réel espace à une rythmique ici exceptionnelle, composée de Gildas Boclé et Karl Jannuska en totale emphase avec la musique du pianiste. Et c’est lorsque la compréhension mutuelle de la musique devient si intimement partagée que le trio de jazz, modèle d’équilibre fragile s’il en est, parvient à se hisser sur des sommets et à créer la magie du beau. C’est parce que ces trois-là comprennent le texte et l’esprit du texte qui leur est donné à jouer qu’ils donnent à leur musique une densité palpable, tel un cœur battant que l’on sentirait pulser sous la main. Et cela avec autant de dignité que d’élégance dans l’art de dire des choses aussi belles qu’essentielles. Jean-Marc Gelin

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:19

Douglas records 2010


doulas on blue note

Alan Douglas était un producteur sacrément inspiré. Celui qui est tombé dans le petit monde de la production en jazz un peu par hasard, à la suite de sa rencontre avec Nicole Barclay a en effet été à l’origine, pour le compte de la division jazz de United Artists Records, de quelques sessions absolument mémorables. L’essentiel ayant été enregistré au cours de l’année 62. La compilation qu’il nous propose ici est admirable en ce qu’elle offre une sacrée représentation de ce qu’a pu faire Alan Douglas durant ces quelques années avant que ce catalogue exceptionnel ne soit revendu à Blue Note. Car le travail de Douglas au-delà du travail classique d’un producteur se limitant à enregistrer les galettes des musiciens de son écurie était particulièrement créatif.  Entre production et direction artistique. Alan Douglas n’a cessé de susciter des projets et des vraies rencontres dont cet album témoigne en partie. Songez, faire entrer en studio Duke, Mingus et Roach pour cette fameuse session que l’on connaît tous et qui donna naissance à « Money Jungle » était vraisemblablement une grosse opération commerciale mais pas gagnée d’avance quand à son résultat. Et pourtant ! Et que dire encore de ce duo si difficile pour l’époque et néanmoins sublime qui réunit dans un dépouillement absolu Bill Evans et Jim Hall. L’histoire de l’enregistrement de Billie Holiday est plus indirecte puisque Alan Douglas n’a pas pu la faire enregistrer en studio avant sa mort (alors que tout était prêt). Mais le producteur avait eu le nez assez creux pour réaliser un enregistrement en public capté  .Autre magnifique surprise de cet album, une version sublime de I can’t get started
 par Mingus en « quartet » accompagné de John Handy auteur sur cette plage d’une interprétation rien moins que magistrale. Et puis il y a le plaisir de retrouver quelques héros du bip qui feront les belles heures de Blue Note comme Kenny Dorham et jackie Mc Lean , le flûtiste Herbie Mann ( version très moyenne cependant de Brazil) ou encore Coltrane publié par Douglas sous l’album de Cecil Taylor ( Trane état alors sous contrat avec Impulse). Le jazz vocal n’est pas oublié et si le morceau de Betty Carter est un peu anecdotique, la réminiscence en revanche de la voix un peu oubliée de King Pleasure est un véritable régal. Rien donc à jeter dans ce très beau travail de compilation témoignage du talent d’un producteur sinon audacieux ( le mot serait un peu trop galvaudé) du moins sacrément talentueux. Jean-Marc Gelin
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