Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 11:21

Futur Acoustic 2010

Jean-Pierre Como (p), Diego Imbert (cb), Aldo Romano (dm)

 

Como.jpg

On le connaît passionné, émotif, à fleur de peau. On le savait romantique ou fougueux. On avait été totalement anéantis, ébranlés par son précédent album, « L’âme Sœur » qu’il avait réalisé en 2006 avec l’orchestre de Pierre Bertrand. On suit aussi son histoire recommencée avec Sixun qui sous la baguette de Paco Sery  reprend du service avec enthousiasme. Jean-Pierre Como y est alors dans des univers plus percussif, plus funk que celui qu’il nous dévoile au travers de ce nouvel album presque entièrement dédié aux grands standards du songbook. Un tout autre visage. Celui qu’il affiche ici est celui d’un pianiste de trio qui apporte avec lui sa sensibilité et son élégance. Car Jean-Pierre Como fait partie de ces pianistes qui savent à eux seuls renverser les rôles jusqu’à mettre eux-même en valeur la superbe rythmique qui l’accompagne. Jean-Pierre Como donne à son jeu l’attaque suffisante, la respiration naturelle et l’espace qui permet aux trois de vivre ensemble. Il n’est que d’écouter ce choix judicieux qui a conduit à mettre Bewitched de Richard Rodgers en ouverture de l’album. Ecouter comment ces trois-là s’en emparent. Diego Imbert, immense, avec une gravité qui évoque celle de Charlie Haden et Romano qui instille à son drive l’attitude d’un chat faussement immobile, à la fois souple et d’une féline précision dans le geste. Avec ces deux-là, Jean Pierre Como se livre à nu dans cet exercice finalement si peu banal (si, si) de jouer ces standards, ces chansons d’amour avec autant de maturité. Car il faut avoir beaucoup écouté des maîtres, beaucoup appris de ces disparus pour atteindre à cette perfection si naturelle. Et l’on est sensible à cette version de ce Up jumped spring de Freddie Hubbard qui tire sa révérence à Bill Evans. Il faut avoir grandi, s’être frotté à l’expérience d’autres univers, à la dureté des clubs pour arriver en studio dépouillé de toute certitude et reprendre tout au début avec l’âme de ceux qui savent combien ces chansons d’amour parlent de la vie. Jean-Pierre Como pianiste à la fois subtil et gracieux dompte son piano, à moins que celui-ci ne le dompte lui-même dans un moment sans aucune emphase. Como passe du rire aux larmes avec un naturel déconcertant. Rallume le swing des anciens sur des thèmes comme The Way you look tonight, s’amuse à créer un thème « old style » réjouissant  ( The Sydney years) et ne se raconte à lui même aucune histoire sur cet Over the Rainbow qui, comme rarement, m’a ramené à l’inoubliable Judy Garland. On pleure sur If I Should loose you et l’on atteint une rare émotion sur ce Tout Simplement signé du pianiste qui vient clore ainsi ces 11 titres qui durant 46 minutes ont parlé d’amour, de jazz et de passion vivante.

Jean-marc Gelin

Jean Pierre Como sera au festival Esprit Jazz le Mardi 18 mai à la maison des Cultures du Monde

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 06:59

 

enregistré en mars 2007 au studio de Keith Jarrett.

ECM 2010-05-10

 

jasmine.jpg


 

Une histoire simple. Ils ne se fréquentaient plus 1977. Des « non amis » de trente ans. Quittés un peu fâchés, même, le leader du « quartet américain » ne supportant plus les comportement « addictifs » du bassiste qu’il avait embauché dans son trio dix ans plus tôt. Mais voilà, finalement, Keith n’est pas le sublime interprète de So Tender pour rien… Lorsque Charlie le contacte pour savoir s’il accepterait de recevoir l’équipe de tournage de « Rambling Boy », le portrait documentaire que Reto Caduff réalise sur lui pour la BBC, il accepte. C’est au tout début du mois de mars 2007. Autant le pianiste ne veut pas d’une situation où il aurait à parler en jouant, autant il accepte d’improviser deux ou trois standards en duo avec le contrebassiste dans sa grange transformée en studio. Huit jours plus tard, encore ébloui par l’évidence des retrouvailles avec un Charlie désormais « clean », Jarrett l’appelle et lui propose de revenir passer quelques jours dans sa maison du New Jersey pour mettre en boite quelques standards de plus. Juste pour le plaisir, sans intention de publication. Pour garder trace de la chaleur retrouvée. Ils passent trois journées à parler, jouer, trainer, échanger. Ils glissent de la salle à manger au studio et retour… Et se retrouvent convaincus d’avoir mis en boîte des moments de musique rare.

 

Une maturation simple. Trois ans de cave. Le temps d’échanger des suggestions sur ce qui est à garder et à rejeter. Le temps de trouver le bon assemblage, tant l’ordre des morceaux n’est pas évident, presque uniquement des ballades. C’est le pianiste qui finira par avoir une intuition à partir de l’accord inaugural de For All We Know.  Et suggérera d’enchaîner par Where Can I Go Without You, parce qu’il y entend l’un des solos les plus définitifs de sa longue carrière. Puis ce seront les deux pièces les plus courtes, puis les plus longues… Sans tenir le moindre compte des us et coutumes. Juste la conviction d’une nécessité. Charlie se rend à l’évidence, bon sang, mais c’est bien sûr. Il leur aura fallu près de trois ans pour décanter.

 

Une musique simple. La plus difficile, évidemment. Elle colle à la mélodie, se joue d’harmonies mouvantes comme les blés sous la brise de juin. La pulsation ? Juste un sens du « time » effrontément partagé par les deux hommes. Charlie ancre l’histoire dans la chair de la terre, Keith joue le cerf-volant maître des airs. Ça coule comme de l’eau de roche et le feu est intérieur. Une heure plus loin, c’est simple comme le bonheur.

 

Il y a peu d’albums de cette envergure dans une vie d’homme.  Alex Dutilh

 

 

Retrouvez la série consacrée par Alex Dutilh à Keith Jarrett sur Open Jazz 

et surtout la Nuit Spéciale consacrée Samedi 8 mai

 

 

Repost 0
Published by Alex Dutilh - dans Chroniques CD
commenter cet article
9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:43

 

Label indépendant - 2010

 

dad.jpgAspirateurs en La bémol majeur, le disque débute subrepticement par le souffle continu d’un appareil ménager au cœur tendre. Dad débarque sur terre, c’est le signal. Courte mise en bouche et peut être vindicativement  voulue pour notre surprise, ce « Dadadadadad » laisse place à une toute autre sorte de souffle, celui d’Adrien Daoud. L’équilibriste pluri-instrumentiste fantasmagorique du sax ténor développe au cours du disque une naïveté d’improvisation et une simplicité de phrasé plutôt géniale. Cette position politiquement incorrecte rendra certainement jaloux bien des saxophonistes en quête de cette singularité. Paraît-il même que Mark Turner fut envié pour plus que ça. En réponse à cela, et en contrepoids aussi, une paire d’inséparables, soudés par friction, en la personne de Thibaut Brandalise à la batterie et Maxime Daoud à la basse. Leurs rôles n’ont d’ailleurs aucune limite car il ne s’agit pas de Jazz ici. Pourquoi enfermer dans un style ne serait-ce qu’une infime partie de ce projet musical audacieux, tenu par de jeunes artistes dotés d’une créativité hors-normes. Et puis tout ceci ne serait pas incroyable sans la précocité de cette sagesse qui transpire à chaque mesure composée. Aussi, chaque artiste se relaye au chant, en anglais et au service d’un message fortement introspectif. Les paroles sont par ailleurs écrites par Gabriel Gorman, dernier rempart contre la conformité dans un groupe explosif et rare. Il y a manifestement à coups sûrs une très forte filiation avec certains délires psychotiques de Frank Zappa, notamment dans « Buffalo Hide ». Etant presque tenté de comparer les enchainements à un étonnant « road movie », remarquons au passage ces anges, qui passent l’un après l’autre, parfois sur quelques pistes ne dépassant pas la trentaine de secondes, et où le protagoniste se retrouve à chaque fois seul, comme pour revendiquer son mot à dire. Maxime Daoud, l’homme aux lignes de basse ronronnantes, fourni la preuve que nous sommes bel et bien dans un songe par la créativité d’un jeu malicieusement précis. Cédons sans retenue à l’envie d’y retrouver un esprit british dans la conception des rythmes et des ambiances. Pourquoi pas ? Le côté Pop anglaise n’est pas désagréable, bien au contraire. Le responsable de ce regain formidable d’énergie n’est autre que Thibaut Brandalise, fin batteur animé par cet honorable reflexe de mettre en valeur ceux qui l’entoure. Parfois apaisants, tantôt digressifs, ces dialogues instrumentaux n’ont aucune limite, évoluant au travers de plusieurs combinaisons. Et puis comment oublier la présence de Sébastien Llado, ce drôle d’oiseau au cœur pur offrant toujours par le biais de ses conques et de ses coquillages une vision du monde tellement différente. Parler du trombone de Sébastien, c’est comme inventer un nouveau mot, et donc forcément une aventure. Parler de Dad est comme évoquer la folie qui sommeille en chacun, et donc forcément un voyage rocambolesque, à vivre et à revivre…

Tristan Loriaut

Repost 0
Published by Tristan Loriaut - dans Chroniques CD
commenter cet article
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:29

 

Cam Jazz 2010

 

falzonne.jpg La rencontre avortée entre Miles Davis et Jimi Hendrix aura fait fantasmer plus d’un musicien et plus d’un  amoureux du jazz. On imagine tous ce qu’aurait pu donner cette rencontre entre la furie du génial gaucher et la trompette déjà électrifiée de Miles. Il est donc logique que Giovanni Falzone , trompettiste immense dont la culture va autant du jazz le plus traditionnel au rock le plus débridé s’attaque à un projet autour d’Hendrix qui débouche forcément sur le rêve de cette rencontre mythique. Pour cela il lui faut d’abord endosser les habits du guitariste. Et là, il faut bien reconnaître que Falzone, a un sacré talent pour nous en mettre plein la vue. Dans le genre caméléonesque protéiforme, le trompettiste italien peut à peu près tout faire avec sa trompette. Des sonorités les plus aigues aux plus graves, des trilles à faire jeu égal avec feu Freddie Hubbard  jusqu’aux sons électrifiés plus évanescents, Giovanni Falzone ne cesse de montrer tout au long de cet album l’étendue de son art. Jazz dans son art de l’improvisation débridée, il est aussi rock dans cette folie déjantée d’un discours un peu azymuté.  Capable de déclencher la foudre (Fire), Giovanni Falzone tente de refaire l’histoire avec une brillance toute transalpine, volubile et un brin facétieuse. Une rythmique un peu « heavy » il est vrai ne lui facilite pas la tâche (Mr Jimi) et ne donne pas dans la subtilité. Il n’empêche …. Les tentatives sont intéressantes. Ainsi cette tentative douteuse sur le principe mais néanmoins assez convaincante sur le plan musical : la rencontre Miles/ Hendrix fantasmée dans un seul titre mêlant So What et Foxy Lady. Alors Giovanni se fait feu follet. Ça déménage lourd. Le trompettiste souffle fort avec une puissance qui ne perd jamais en vitesse d’improvisation. Giovanni divague, multiplie les changements de sons. La rythmique martèle et Giovanni Falzone a la trompette mutine.  Mais si l’on adhère à cet album, on est néanmoins un peu mal à l’aise devant cette tentative prétentieuse de réécrire une histoire qui n’a pas eu lieu. Un peu comme les reconstitutions télévisuelles d’évènements auxquels personne n’a assisté. Car la plus belle rencontre entre Miles et Hendrix restera mordicus, quoiqu’en dise Falzone, celle de notre imaginaire.  Jean-Marc  Gelin

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 06:14

escoude-350-f4208.jpg


1 Cd Plus loin Music / Harmonia mundi

2010

www.plusloin.net


On peut faire confiance au label Plus Loin dans ses choix artistiques : voilà en cette année Django, un disque de genre intelligemment revisité. Le grand guitariste Christian Escoudé a su s’entourer d’une fine équipe pour élaborer un album de jazz manouche, qui,  tout en respectant les règles du genre, sait aussi les détourner, ou se souvenir que les alliages de timbres firent le succès du premier et des autres formations en quintette du « Hot Club de France » de Django.

En effet Escoudé officie avec deux autres guitaristes (loi du genre) Jean Baptiste Laya et David Reinhardt (le petit fils)  qui l’accompagnaient déjà dans son dernier album mais il ajoute à sa formation, outre l’indispensable violoniste ( la jeune Fiona Monbet sur « Moonlight serenade »), une rythmique alerte et élégante composée d’ Anne Pacéo à la batterie et de Darryl Hall à la contrebasse (jolie intervention quoique trop rapide à notre goût sur « Choti »)  qui se substituent parfois avec grâce à la « pompe » traditionnelle, alors allégée.

 

 

Lire la suite...

 

 

Sophie Chambon        


Repost 0
Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
commenter cet article
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 18:11

 

ECM 2010

Chris Potter (ts), Jason Moran (p), Paul Motian (dm)

motian.jpg Le son projeté de Chris Potter, la science de l’instant juste de Jason Moran et le flux vital de Paul Motian, là, tous les trois réunis pour la première fois à l’occasion d’un concert au Vanguard. Trio bassless un peu inattendu il est vrai. Certes Motian avait déjà joué avec Potter depuis l’Electric Bebop Band. Certes Moran et le saxophoniste jouent ensemble au sein de l’Overtone Quartet. Mais les 3 ensembles, jamais. Trio inattendu, surprenant sur le papier. Trio contre-nature, à la limite. Et pourtant là,  à ce moment précis, ce soir-là, à cet endroit précisément, quelque chose d’incroyable, comme une mise à nu, un moment de l’intime révélé. Le materiau extrait de ce concert pour constituer le répertoire est presque exclusivement composé par Motian et agencé par Eicher. Matériau déjà entendu dans d’autres albums. Pourtant il  ne s’agit pas de titres-prétextes mais d’un véritable ensemble cohérent où les mélodies de Motian se trouvent purement magnifiées par ses trois interprètes. Les ballades sont à la fois profondes, transpersantes, charriant dans leur flot sinueux une émotion poignante.

On voudrait alors éviter les clichés du genre «  des musiciens en emphase télépathique ». Trop cliché. Trop galvaudé surtout. Et pourtant comment l’éviter s’agissant de cette rencontre-là. Car l’osmose qui s’opère entre Motian/Potter /Moran rend l’instant rare et intense. Chris Potter surprend. Lui qui d’habitude est tout en énergie échevelée réalise ici un chef d’œuvre de puissance et de sensibilité mêlés. Donnant aux thèmes de Motian une incroyable intensité. Prodigieux. Jason Moran est lui aussi inattendu. Lui qui est tout en déstructuration Monkienne est ici un sublime liant trouvant l’accord parfait, l’accompagnement juste en profondeur et en gravité. Motian dit de lui que l’étendue de son jeu rend la présence d’une basse inutile. Quand à Motian, je ne parviens pas à parler de lui comme un « batteur ». Le mot ne colle pas. Heurte. Il faut trouver autre chose. Motian comme il le dit lui-même dans une itw donné à Jazz Magazine ne marque pas le tempo ou alors très rarement. Il est juste dans le feeling. C’est la respiration. C’est anatomique. C’est précis. Motian c’est aussi subtil qu’une fine dentellière. On parle de lui comme d’un « coloriste ». Je pense aussi à lui comme à un metteur en espace. Motian crée l’espace. Délimite le champ. Lui donne relief et surtout lui donne vie. Donne ce flux vital qui jamais ne cesse et trace sa route, révélant au passage les merveilles de ce corps constitué qu’est ce trio révélé.  

Alors, avec ces trois-là tout nous parle. Chaque morceau nous touche.  Il suffit d’entendre les méandres de Birdsong, morceau déjà entendu dans « Tati » ( d’Enrico Rava). Où l’on perçoit qu’avec ce trio-là, toutes les configurations sont possibles : 1 trio et 3 duos possibles. Les méandres peuvent se faire doucement free comme sur Ten où Motian et Moran dialoguent en brisures. « Be careful it’s my heart », brève césure, thème d’Irving Berlin trouve une profondeur très émouvante.

Malheureusement  Motian ne voyage plus guère et il y a peu de chance d’entendre ce trio en concert. Trio magique qui risque ainsi de disparaître aussi vite qu’il est apparu. Il aura été une parenthèse sublime pour nous. Perdue dans un rêve.

Jean-Marc Gelin

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 12:10

akalewubealbum.jpg

 

Clap son / Mosaic Music- Sortie le 3 mai 2010

 

Etienne de la Sayette (ts, fl), Paul Bouclier (tp, mélodica, perc), Loïc Réchard (g), Oliver Degabriele (elb), David Georgelet (dr), Etienne Raguenel (bougarabou, bongos) sur deux titres. 

 

Akalé Wubé ("ma jolie" en Amahrique) est un groupe parisien, né en 2009, qui s'est donné pour mission d'explorer les trésors du jazz-groove éthiopien des années 60/70. En France, la découverte de la musique abyssienne s’est faite grâce aux trente volumes de la collection « Ethiopiques ». Produite par Francis Falceto et le label Buda Musique, elle a été réalisée à partir des meilleurs enregistrements des majors éthiopiennes (Amha Records, Kaifa Records, Philips-Ethiopia) datés de 1960 aux années 2000. De grands noms de la musique éthiopienne et érythréenne nous sont arrivés aux oreilles tels Getatchew Mekuria – surnommé le negus du saxophone éthiopien ou encore le « Albert Ayler du jazz éthiopien » sans qu’on sache vraiment pourquoi – Mulatu Astatke, Aster Aweké, Alèmayèhu Eshèté ou encore les chanteurs Mohammad Jimmy Mohammad – décédé en 2006 - et Mahmoud Ahmed qui se produit chaque année dans la région parisienne (dernièrement à Nanterre dans les Hauts de Seine).

 

Lire la suite...

 

Jérôme Gransac

 

Repost 0
Published by Jérôme Gransac - dans Chroniques CD
commenter cet article
26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:30

the-show-jaquette.jpg

Clapson / Le Petit Label – 2010

 

Etienne de la Sayette (as, ts, cl, samplers), Ivan Réchard (cb, elb), Cyrille Méchin (ts, cl), David Georgelet (dr)

 

Qui est Frix? D'où nous vient ce quartet à la marge qui sort son troisième opus, un ovni intitulé « The Show Was Not Good »? Pour vous faire une idée de ce qui vous a été préparé, jetez un oeil à la pochette... cela ne vous éclaire pas plus pour autant, me direz-vous? On y voit pourtant une jeune femme sexy et inquiète de se voir découpée par un savant fou et un bourreau visiblement très motivé. Ambiance zappaienne assurée: « Freak out » aurait marmonné le grand Franck.

Frix, c'est quatre garnements qu'on imagine doucement insolents (« In Frix We Trust »), un peu provocateurs (« Clinton Bugs », « Sex Toys ») mais tout à fait dans le vent. Pour preuve, « The Show Was Not Good » a été élu cd de la semaine (du 5 au 11 avril dernier) sur FIP.

On commence à voir le nom de David Georgelet, le batteur, dans beaucoup de formations jazz, plus académiques que Frix (Max Pinto, Sandro Zerafa). Etienne de la Sayette est aussi le saxophoniste du groupe ethno-jazz Akalé Wubé et, même s'il n'est pas connu par le plus grand nombre, on croise son nom dans le milieu jazz sur des projets aventureux. Bref, les musiciens de Frix connaissent la musique!

Frix mélange la simplicité du groove et d'un funk dépouillé à une savante concoction de musiques plurielles. Frix donne vie à une musique truculente et énergique grâce à un travail important de post-production Ainsi il communique sa douce folie en combinant des samples vocaux à l'ambiance délurée avec un brin d'électro-noise bien vu: « Sex Toys » mêle des interjections en allemand avec des bruits … de jouets; à partir d'un extrait d'un discours de Frédéric Mitterand à propos du Schpountz de Marcel Pagnol aux Césars au début des années 90, « Fripo » rythme sa cadence sur sa voix et fait slammer notre « alors-futur » ministre de la culture bien malgré lui. L'humour déjanté, à la Zappa, associé à une folie musicale, qui rappelle les heures de gloire d'un punk qui aurait muri, sont aussi des éléments de la réussite de « The Show Was Not Good ».

Unique Frix? Certainement, mais avec des similitudes évidentes avec « Ca Urge » de Lilliput Orchestra de Laurent Rochelle. Avec l'homogénéité en plus, du début à la fin de l'album. Musique géniale sur cd très attendue sur scène.

 

Site


Jérôme Gransac

 

 

Repost 0
Published by Jérôme gransac - dans Chroniques CD
commenter cet article
22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:36

  oddjobClint_338x338.jpg

Act – 2010

 

Peter Forss (b), Per "Ruskträsk" Johansson (sax, bcl), Goran Kajfes (tp), Janne Robertson (dr), Daniel Karlsson (p)

 

On le disait ici, pour leur concert pour Jazzycolor en novembre dernier, que la musique d'Oddjob évoquait certaines musiques de films ou de séries télévisées. Pour beaucoup de trentenaires, les génériques de John Barry, Lalo SchifrinEnnio Morricone se font l’écho de grandes productions cinématographiques à succès. Et comme souvent ces musiques sont de véritables petits chefs d’œuvre, elles participent plutôt à entretenir l’imaginaire des films auxquels elles sont associées. Maintenant, ajoutez cela à un mythe comme celui de Clint Eastwood, ce héros aux multiples facettes – flic sans pitié, cow-boy charismatique, justicier sans concession – et vous détenez là une très bonne idée de projet. 

 

Et bien ils l'ont fait, les doigts dans le nez, sans détour et avec intelligence: Oddjob reprend les thèmes connus de grands films tournés avec Clint Eastwood, signés par Schiffrin et Morricone pour la plupart (On note que « Let's do It » est composé par Clint lui-même). Les pièces – pour la plupart destinées à être jouées par un orchestre – sont triturées à souhait pour seoir à un quintet de jazz/drum'n'bass - écoutez voir l'excellentissisme version de "Scorpio" pour vous en convaincre - résolument esthétique et sonore: remplacement des timbres et des tessitures, bouleversement rythmique, mise en exergue des gimmicks. Entre autres, les parties vocales de « Magnum Force » sont remplacées par la clarinette basse de Johansson, le gimmick du thème est purement électronique – dans un style très « clin d'oeil » - et la rythmique a quelque peu subit une cure de refroidissement. « The Good, The Bad and The Ugly », qui nous a fait fantasmer quand on était gosse - où Clint tient le rôle de Blondin! Souvenez-vous! - est passé à la moulinette de la rythmique électro-techno pour un résultat plutôt intéressant et surprenant. Retravaillés avec humour et dévouement, tous ces thèmes si connus renaissent à nos oreilles et conservent leur vibration essentielle. On note aussi l’excellente interprétation aux allures oniriques de « Ecstasy of Gold » - toujours de Morricone tiré de « Le bon, la brute et le truand » - qui se magnifie en pure joyau acoustique.

 

Voilà ce qu'on aime avec Oddjob, c'est cette « Swedish Touch » inégalée, un don pour l'esthétisme, un mélange de rêveries musicales et de transe jouissive. Le son Oddjob est particulièrement bien trouvé: l' « electro-sound » est judicieusement articulé avec un jazz acoustique certes easy-listening mais dans le meilleur sens du terme, avec ce je-ne-sais-quoi qui les rend unique. La classe, le style, l'élégance.

 

Jérôme Gransac

 

 

Myspace

Site

Repost 0
Published by Jérôme Gransac - dans Chroniques CD
commenter cet article
19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:52

BRAD MELDHAU : « Highway Rider » ***

Nonesuch 2010

Brad Meldhau (p), Jeff Ballard (dm), Matt Chamberlain (dm), Larry Grenadier (cb), Joshua Redman (ts)

brad-meldhau.jpg Voilà typiquement un album ( en l’occurrence un double album) qu’il est particulièrement difficile à chroniquer. Parce qu’il comporte tout et son contraire. Polymorphe à souhait entre trio habituel, quintet associant Joshua Redman , quintet ou grand orchestre ou grand orchestre tout seul, tout y est. Jusqu’à laisser parfois planer un soupçon d’incohérence tant l’album passe parfois du coq à l’âne. On peine à voir de la cohérence lorsque l’on passe des superbes thèmes très Meldhien auquel le pianiste nous a toujours habitué aux orchestrations très symphoniques et Malheriennes à grand renfort de pathos. Et pourtant c’est justement parce qu’il varie les angles que l’album est séduisant et jamais ennuyeux donnant un relief toujours très tendre. Un peu comme si les formats alternaient sans perdre en unité. De magnifiques interludes pour orchestre viennent parfois renforcer la dramaturgie. Mais ces ensemble à cordes ne viennent jamais écraser le trio ou le quintet ( deux batteries). Et il faut rendre hommage à Brad Meldhau de s’être totalement investi dans cette entreprise signant seul les compositions, les arrangements te les orchestrations avec force intelligence. Le formidable mélodiste qu’est Brad Meldhau signe quelques thèmes  superbes transcendés par Redman et livre quelques moments  de pure joie comme ce Falcon will fly again ou quelques thèmes pop-jazz comme de Sky turning Grey qui ferauit presque office de tube. Mais voilà l’album a aussi ses travers et se perd parfois dans quelques compos un peu hasardeuses, perd sa consistance pour retrouver force émotion l’instant d’après. Assurément trop long il aurait mérité quelques coupes franches.  Jean-Marc Gelin

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj