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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:00

ECM/UNIVERSAL  2011

Roscoe Mitchell (sax, fl), Corey Wilkes (tp, fchn), Craig Taborn (p), Vijay Iyer (p), Jaribu Shahid (cb),Harrison Bankhead (cb, cello),  Tani Tabbal (dm), Vincent Davis (dm)

roscoe-mitchell-far-side

Membre fondateur et saxophoniste de l’Arts Ensemble de Chicago, Roscoe Mitchell s’entoure ici de ses fidèles compagnons de route Jaribu Shahid, Tani Tabbal, Craig Taborn, Corey Wilkes.

Ce disque est l’enregistrement d’un concert donné à Stadtsaal lors du Burghausener Jazzstage en 2007. Les instruments y sont doublés, deux pianos, deux batteries, deux contrebasses, et deux soufflants.

Le premier morceau qui donne son titre à l’album Far Side/Cards/Far Side se compose en trois parties et dure 30 minutes. La première partie est plus proche de la musique contemporaine, avec une rythmique plutôt lente, dans des tonalités graves, des bruissements de trompette et autre souffle continu de saxophone ou de violoncelle : le réveil des instruments. Après 15 minutes de réveil, l’ensemble s’emballe, déferlante de notes pour le piano - on est saisi par la virtuosité de Craig Taborn qui claque du piano avec fluidité et cette rapidité - sur lequel arrive sans prévenir le chorus de Roscoe Mitchell qui fait sonner son saxophone sans aucun temps de pause jusqu’au chorus de trompette, plus aérien, de Corey Wilkes, étoile montante élu « New Star 2007 » par le Musica Jazz d’Italie. Curieuse fin de morceau puisque la troisième partie s’achève en à peine trente secondes.

Suivent ensuite deux morceaux Quintet 2007 A For Eightet Trio Four For Eight qui paraissent appartenir à un répertoire de musique contemporaine laissant plus d’espace au violoncelle, à la contrebasse et la flûte. On sent là toutes les expérimentations de Mitchell et son attachement à la composition dans l’improvisation.

Le disque s’achève sur Ex Lover Five, morceau résolument jazz, avec un chorus de Mitchell à couper le souffle.

On ne peut s’empêcher d’applaudir la puissance et l’aisance des musiciens qui naviguent entre les compositions et les espaces improvisés et pour saisir ces moments, il nous manquerait presque l’image. Ce qui résulte de cet album c’est cette frontière parfois imperceptible entre l’improvisation et la composition, cette frontière entre le jazz et la musique contemporaine.

Enfin, on regrette un peu de ne pas entendre plus Corey Wilkes qui apporte de belles envolées sur des moments parfois plombés par la double rythmique.

 

Julie-Anna Dallay Schwartzenberg

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 21:08

 

Manuel Adnot ( sax, compos), Élie Dalibert (sax), Arthur Narcy (dm)

YOLK 2010

 sidony.jpg

Nouvelle production des studios du label Yolk avec ce nouveau et jeune groupe jusque là relativement inconnu. Dans un format assez classique sax/guitare/contrebasse / batterie, ce trio-là puise son inspiration dans le jazz moderne. Celui là même qui va des récentes productions de Paul Motian à Rosenwinkell, ce qui est, je le conçois et m'en excuse dans le même geste, un peu " tarte à la crème". Mais pour dire le vrai, et c'est finalement ce qui importe, chacun y entendra les références qu'il veut.

On est surtout frappé, dés l'entame, par leur très grande maîtrise dont ils font preuve et  par le très grand soin apporté à la réalisation de cet album, notamment dans sa réalisation artistique. Sur ce coup-là les garçons se sont foulés, chiadant la part compositionnelle autant que les arrangements d'un album qui navigue toujours entre de tendres climats doucereux portés par un saxophone chantant et par la douceur des harmonies distillées par une guitare particulièrement inspirée.  Pas de révolution en marche certes ( ce qui est en soi appréciable tant commencent à nous gaver sérieusement les prétentions à révolutionner le jazz tous les 4 matins) mais une attention  toute simple a faire sonner la musique et à nous emporter dans leur univers. Et là, ça interagit avec force d'écoute entre les 3 musiciens très concentrés sur leur affaire. La rythmique notamment parvient à naviguer entre effacement discret mais efficace et pulse portée à discrète ébullition . C'est que l'on sent malgré tout une pointe de réserve chez ces p'tits gars dont on sent que leur musique pourrait servir de trame à des improvisations plus échevelées dans une version live. Où l'on se dit aussi que l'ouverture un peu tonitruante sur Irrésistibles finlandais avec un Elie Dalibert déchaîné aurait pu se renouveler un peu durant l'album histoire que la mayonnaise ne tombe pas trop tôt ni trop vite. Pareil pour ce titre bien mystérieux Wemistikoshiwqui laisse présager un crescendo débridé qui malheureusement semble ne pas aller au bout de l'idée. On se console l'instant d'après avec les évanescentes bleutés de out of the Queen qui laisse les harmonies planer en suspension. Et de l'album on retiendra un morceau " chouchou" (Rigole ) dont l'espace étiré crée une atmosphère en suspension du temps dans une sorte de long travelling avant que le sax n'entre dans le champ de la camera imaginaire. Et puis il ya enfin ce dernier morceau qui clôture l'album sur près de 15 mn dans un mélange de jazz et de rock alternés, remarquable espace d'improvisation, morceau à tiroirs remarquablement agencé. Ce morceau de clôture ouvre sur une autre histoire, prometteuse.

Le sens esthétique qu'ils développent s'inscrit a la fois dans un élégant raffinement que dans une parfaite maîtrise de l'expression. Un disque mature avec les inconvénients de ses avantages. Une réussite en tout cas qui confirme le choix de Jazz Migration qui s'était arrêté l'an dernier sur ce groupe a qui il fut proposé de jouer au festival de Vienne. L'écoute de ce premier album nous confirme que cela était très largement mérité.

A suivre absolument.

Jean-Marc Gelin

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:03


Pierre-Diaz-jours-de-vent.jpgStudio la Buissonne/Harmonia mundi

 

Sortie le 2 Décembre 2010

 

Jours de vent est une perle rare, création de Pierre Diaz et du Trio Zéphyr, coup de foudre musical entre 3 musiciennes et un saxophoniste. Le thème en est la guerre d’Espagne mais on est assez loin des chants révolutionnaires de Giovanni Mirabassi dans son album romantique, paru chez Sketch en 2001, Avanti ou du disque militant des chants de la guerre d’Espagne, du bouillant andalou Ramon LOPEZ.

On pense par ailleurs à Ken Loach et à son vibrant « Land of freedom » et peut-être aussi –à cause du titre- à son terrible « Le vent se lève » sur une autre guerre fratricide, dans la lande irlandaise, en 1920, un film poignant qui demeure en mémoire, faisant frissonner à sa seule évocation !

L’union des cordes du trio féminin formé en 2000 à Montpellier et des vents (saxophones) de Pierre Diaz, l’adjonction de voix et d’extraits sonores, archives de la révolution espagnole, bribes de discours de Franco, forment un ensemble étrange, mystérieux, sensible. Nous sommes à la lisière du classique occidental et des musiques du monde : les rythmes envoûtants des Balkans, autre territoire stratégique, douloureusement convoité, les transes orientales, le flamenco convulsif, le tango lascif d’Amérique du sud complètent et enrichissent ce portrait coloré, sensuel et mélancolique.

On est subjugué dès la première composition, et cette chronique fut écrite, contrairement à la norme, sans regarder l’enchaînement des titres : point besoin de ces béquilles pour suivre d’un trait continu, sans reprendre souffle, la suite offerte par ces musiciens enthousiastes et sincères, engagés sur une voie étroite, celle du cœur. Ils ont le mérite de combiner le général - l’histoire et le politique - au particulier de la musique, abstraite, ouverte à l’imaginaire. Ainsi leur musique sonne et résonne avec l’éclat et la fluidité du chant, la vérité et la vitalité du cri !

Un vent orageux se lève ici mais il n’a plus le goût de cendres, il nous réveillerait plutôt, suscitant quelques phases d’exaltation, puisque les peuples de l’ombre l’accompagnent. Pour vous en convaincre, écoutez Jours de vent, projet singulier, cohérent et réussi !

Ah! N’oublions pas de citer les membres de ce collectif créé en 2007 que l’on a pas fini d’entendre : Jours de vent ce sont Delphine CHOMEL (violon et voix), Marion DIAQUES (alto et voix), Claire MENGUY formé en 2000 à Montpellier (violoncelle), Pierre DIAZ (saxophones et voix)

 

 

SOPHIE CHAMBON

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 08:57

Yolk 2011

Daniel Casimir (tb alto), Alban Darche (as, bs), Sebastien Boisseau (cb), Mathieu Donarier (ts,cl, clb), Jean-Louis Pommier (tb ténor )

 

 daniel casimir-copie-1

 

Cette nouvelle production de Yolk repose avant  tout sur un gros travail de composition qui fait parfois sonner la petite formation des  comme un orchestre d'harmonie. Ceci tient en grande partie au fait qu'il n'y a pas, à l'exception de la contrebasse de Boisseau, aucune corde ni batterie. C'est donc dans un format original que l'on retrouve les habitués de l'écurie Yolk avec deux saxs, deux trombones et une contrebasse.

Un peu "inclassifiable" l'album construit comme une suite, navigue entre plusieurs climats. Où l'on y entend une musique de chambre dont les racine sont plus axées sur le classique et la musique contemporaine que sur le jazz proprement dit. Le swing y est d'ailleurs réduit à la portion congrue étant pour le coup purement anecdotique et l'absence de batterie contribue à le desancrer du jazz. Entre unissons, frottement des harmonies, discussions et échanges contrapuntiques et passages de témoins, entre hyper-écriture et libre improvisation, Daniel Casimir fait preuve d'une très grande exigence musicale. Sa musique relève de dédales, de fenêtres ouvertes qui se comprennent souvent au second degré et qui recèlent derrière l'apparence d'une musique sérieuse, à la limite de l'austère, une légère pointe d'humour décalé (il suffit de jeter un œil aux liners en forme de roman-photo hyper kitsh). Mais l'exigence du jeu est là et c'est un vrai travail de musicien conçu pour un public de musicien. Émergent alors des moments et des sons. Où l'on notera l'apport énorme de Sebastien Boisseau pilier indispensable de l'ensemble, ancrant le son dans une forme de profondeur.

Et, bien sûr il y a Daniel Casimir que l'on aime si souvent suivre dans ses autres périples et qui marque les esprits par l'intelligence de son écriture. Dans cette écriture le tromboniste sait donner corps à un ensemble orchestral à partir d'un rien. Il peut s'agir d'un rift, d'un motif entrepris par le baryton de Donarier ou le tenir de Darche ou d'une pulse imprimée par le growl de Pommier, tout est prétexte à donner consistance à la masse orchestrale.

Un regret toutefois : on aurait cependant aimé l'entendre dans un registre plus exposé, plus égocentrique tant on apprécie toujours ses qualités de soliste qui, en l'occurrence se diluent quelque peu dans le collectif.

Jean-marc Gelin 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 18:07

Huby---All-Around.jpg

Music Régis Huby

Lyrics Yann Apperry

Vocals Maria Laura BACCARINI

Abalone production 2010

 

 

Voilà un projet étonnant, épatant même, mené à bien et au bout par le violoniste Régis Huby, la chanteuse Maria-Laura Baccarini et une fine équipe de musiciens improvisateurs et jazzmen (dix musiciens au total qui couvrent tous les pupitres) :

un opéra contemporain sur un thème pressant et actuel, sur fond d’écologie et de retour à la nature... On se souvient que Régis Huby, directeur musical et arrangeur avait recréé une enivrante Nuit américaine autour de Lambert Wilson, de Maria-Laura Baccarini et Stéphy Haïk, en réunissant une solide formation (sensiblemnt le même ensemble que dans All Around ) pour interpréter quelques incontournables de la musique vocale américaine du XXème siècle : songs et mélodies de Broadway devenus standards de jazz... Il était assisté de musiciens que l’on aime tout particulièrement sur les scènes de musiques plus « actuelles », a priori éloignés de la comédie musicale : Catherine Delaunay, Christophe Marguet,

Jean-Marc Larché,  Guillaume Séguron. On pourrait donc penser que l’on est de nouveau sur la 42ème rue, rendant hommage à Cole Porter, Rodgers & Hart, Bernstein, tant le projet tient par moment de la comédie musicale, vu la performance vocale et une certaine théâtralité.

Mais le livret de Yann Aperry est une ode à Dame Nature, un conte onirique et intriguant, initiatique qui mêle habilement influences celtes dans ces 9 chansons écrites toutes en anglais. Le résultat est une musique qui se joue des styles, folk, pop, rock, un courant hybride et vigoureux qui jaillit à flux continu, les instrumentistes offrant l’écrin le plus délicat et le plus complexe à la voix de la seule soliste. Cette musique estompe en tous les cas les frontières, rend vraiment ténue la ligne de démarcation entre les genres, tissant des liens entre les épisodes de la narration. Plongé dans le « merveilleux » de la lande battue par les vents, de la forêt parcourue par elfes, gnômes, farfadets et autres « pucks », immergé dans une nature pas vraiment hostile, juste un peu indifférente, l’homme perd ses repères au milieu des « Falling birds » ! Coïncidence particulièrement troublante, si l’on songe aux récentes chutes d’oiseaux dans certains pays européens. Mais pour autant, les références cinématographiques   Les Oiseaux  d’Hitchcock ou la pluie « surréaliste » de batraciens dans Magnolia (Paul  Thomas Anderson) ne sont pas de mise. Les oiseaux sont bien des animaux pacifiques autant qu’insaisissables mais ils ne deviennent pas une menace, l’assaut de volatiles n’annonce pas le Jugement dernier. Cette partition enchantée révèle une vision panthéiste : l’homme, entouré d’un bestiaire riche (taupe prêcheuse, carcajou, hirondelles, alouettes,  faucons, dauphins …) se perd dans l’infini : « Life is a merry limbo », « Suck amnesia to the marrow » …

 Laura-Maria Baccarini est le fil conducteur de cet All Around, confirmant les qualités d’une chanteuse lyrique complète, une mezzo-soprano qui aurait mené

une revue à Broadway : un désir vibrant parcourt toute son interprétation qui refuse l’évanescence, l’étirement « à la mode » parmi les chanteuses.

Sans abuser du souffle brut, du chuchotement, du soupir, elle chante. Avec une belle puissance et un sens raffiné des modulations. Sans vocaliser de façon céleste,   jamais elle ne lasse, mais découvre un beau tempérament. Là encore ce n’est pas du jazz mais cette mélodie qui court frémissante sur les neuf titres, prend une vigueur, un relief, une fougue peu contenus. Le rythme est étourdisssant : comme un déluge sonore, une averse vitale, les musiciens unis dans cette lecture originale, montrent la beauté d’un engagement complice. On attend avec impatience de les voir sur scène !

Catherine Delaunayà la clarinette, Roland Pinsard à la clarinette basse, Jean-Marc Larché aux saxophones, Sabine Balasse violoncelle, Olivier Benoît aux guitares, Guillaume Séguron (contrebasse et basse électrique) et Claude Tchamitchian (contrebasse), Benjamin Moussay et Sylvain Thévenard (piano), Christophe Marguet (batterie)

Régis Huby (violon et violon ténor electro accoustique).

 

Sophie Chambon

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 15:48

Stefan orins - stotCircum disc 2010 / Anticraft

Produit par Circum et Muzzix


 Concert de sortie de disque le 17 janvier 2010 au Sunset Sunside à Paris.

Stefan ORINS (p),Christophe HACHE (cb), Peter ORINS (dr)

 

Parfois, on aime suivre certains artistes, les voir évoluer avec le temps: s’il est une aventure qui vaut la peine d’être suivie, c’est celle de ces musiciens nordiques (si éloignés géographiquement en tous les cas de notre horizon immédiat) autour du collectif lillois et du label Circum.

Extrait de ce formidable potentiel à géométrie variable, un trio est né, composé du pianiste Stephan Orins composant toutes les musiques, à partir d’improvisations, entouré de son frère Peter à la batterie et de Christophe Hache à la contrebasse.

Ces trois là se sont trouvés, arpentent le même rivage, vers un horizon partagé depuis leur premier album Natt resa, en 2004, qui faisait déjà référence aux espaces nordiques (Stephans Orins est d’origine suédoise).

C’est sans aucun doute la signature d’un album Jazz que dessine ce STÖT aux couleurs fraîches et vives, tout en impulsions(c’est le sens du titre suédois)

Mélodie et rythme se combinent toujours admirablement dans ces compositions ciselées : crescendos entêtants comme dans le premier Trappaan (escalier) ou le second morceau «Tabea fylter sju».

Neuf compositions constituent un album d’une durée parfaite où les morceaux prennent le temps de s’étirer («Tristan»). Pourtant, les ballades s’emballent vite comme cet étonnacnt « Sergeï », allusion au maître Prokofiev ou au grand Rachmaninov? C’est que jamais le trio ne semble au repos, déployant un romantisme ébouriffé :art de l’oxymore ou maîtrise des contrastes ? Il en résulte une douceur intense, une farouche perception du temps et de l’espace : Une musique qui ne coule pas de source, mais d’évidence, possède une énergie fluide. On aime la vivacité de ce jazz actuel qui ne flirte pas vraiment avec le rock ou la pop, qui assume certaines influences (E.S.T, Bobo Svenson…) et propose groove persistant et désir ardent de mélodie. Une simplicité apparente? Efficace et sincère en tous les cas.

Sans aucun signe d’essouflement -ces trois là savent prendre leur temps- cette formation déjà ancienne et pourtant stable, fait entendre trois voix singulières qui s’ajustent parfaitement, en liberté, improvisant sur le fil et avec bonheur.

Le résultat est un album homogène et élégant, traversée initiatique d’un univers clairement exposé : pas étonnant que les Nordiques, toujours attirés par la crudité des cieux méditerranéens, aient cette intensité dans leurs veines. Mais sans le tragique azuréen, ils voyagent toujours plus près, cinglant vers le Nord et la Scandinavie! On les accompagnerait bien volontiers…

 

Sophie Chambon

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 14:41

Sony Music - compil 2010

  dave-brubeck-legacy-of-a-legend-1.jpg Certains diront que les 90 bougies de Dave Brubeck valaient bien ce petit détour, cette petite compilation sans prétention de quelques titres mythiques enregistrés pour Columbia. On peut le voir comme ça. Sauf que ceux qui ne connaissent pas le compositeur de Take Five et de Blue Rondo a La Turk se rendront vite compte que les 90 ans de Dave Brubeck méritent encore mieux : à quand l'édition complète de l'intégrale du pianiste avec une documentation digne de ce nom ?

Mais pour l’heure ne boudons pas notre plaisir. Il y a encore quelques âmes égarées qui ne savent pas, qui sont encore dans l'ignorance du génie et l'on ne saurait que trop louer le label japonais, au nom de ces non-sachants de rendre accessible au commun des mortels ce qui constitue parmi les plus beaux joyaux de l'histoire du jazz.

Cette compilation de 21 titres sur un double album s'étend de 1955 à 1973 et ne comprend pas de réelles surprises à l'exception toutefois d'un Three to get ready. Ce morceau enregistré par la radio de Pittsburgh en 1967 était censé marquer la fin du quartet mythique (Paul Desmond, - as Dave Brubeck -p, Eugene Wright - cb et Joe Morello - dm). On sait que finalement le carrè magique aura l'occasion de rejouer ensemble en 1976.

Le premier CD s’étend de 1955 à 1960 avec Jeepers Creepers et Taking a chance on love dans un quartet qui n’a pas encore sa forme définitive puisque la batterie y est tenue par Joe Dodge et la contrebasse par Bob Bates. C'est l'extension des concerts alors donnés en live à l'université qui, malgré les réticences de Brubeck passent les portes du studio. Mais déjà cette association fabuleuse, cette rencontre définitive de Brubeck et de Desmond qui a elle seule constitue parmi les plus belle rencontres de l’histoire du jazz (voir le magnifique livre consacré à Paul Desmond – mon publié en France : «  Take Five, the public and private life of Paul desmond » de Doug Ramsey ). Mais les événements prendront une autre tournure avec l’arrivée, dans un premier temps de Joe Morello à la batterie en 1956. Joe Morello, l’incroyable batteur. Joe Morello , la douceur du dire. Joe Morello et son drive impossible, cette intime compréhension du tempo  comme ce Blue Rondo à la Turk en 9/8 subdivisé en 2/2/2/3. Joe Morello et la lumière. Mais il fallait que la paire Brubeck-Desmond trouve son pendant rythmique. Et l’arrivée d’ Eugene Wright en 1958 va alors donner le change exact à Joe Morello pour constituer, là encore ( et l’on s’excuse de cette avalanche de superlatifs) une autre sublime associations de l’histoire du jazz. D’où naissent les groupes légedaires. Et dieu sait combien Brubeck ne les aura pas ménagés ces deux-là avec ces titurages de tempi en 9/8 ou en 5/4 ( le fameux Take Five par exemple). Le quarter sera finalement  dissous par Brubeck en 1967.

Dans ce premier Cd se trouvent des thèmes issus de 9 albums dont le célèbre « Time out » vendu à plus de 1 million d’exemplaires. A noter aussi dans ce premier volume, un morceau (Evenin’) tiré de l’album que le quartet a enregistré avec le chanteur Jimmy Rushing. Le deuxième CD reprend quant à lui des enregistrements en studio et notamment ce « Real Ambassador » écrit par Dave et sa femme Iola, publié en 1961 et marqué par des rencontres avec Carmen Mc rae ou Louis Armstrong pour une concession là encore un peu racoleuse. Il comprend aussi plusieurs thèmes en live  au festival de Newport en 1963 ou 10 ans plus tard au Philamrmonique de Berlin avec Gerry Mulligan qui remplaçait alors Paul Desmond.

 

21 titres donc qui reconstituent les grandes lignes des enregistrement de Dave Brubeck pour le label Columbia. Enregistrements qui, on l'a dit, furent parfois (rares fois) marqués par quelques concessions aux exigences de la superproduction à l'américaine (3 enregistrements an !) sans que jamais Brubeck n'y sacrifia une once de son exigence musicale. Et c'est bien tout le mérite de ce double cd que de monter combien le génie qui semble si facile lorsqu'il s'exprime ainsi, est ainsi ouvert à tout public. Une bien belle universalité réconciliante.

Au delà du fameux quartet c'est aussi la mise en évidence du génial compositeur et du  pianiste dont chaque thème permet d’apprécier l’indispensable insolence. Entendons par là cette liberté farouche de Brubeck pour le thème dont il s’affranchit de toutes contraintes pour en refaire sa propre œuvre originale. L’art de la fugue c’est chez Brubeck , l’art de la tangente géniale.Certainement les leçons de son maître en composition, Darius Milhaud. Dans les liner note, son fils ( précisément appelé Darius Brubeck) explique que lors d’un concert donné à Poznan, Brubeck joua un morceau, Thank You ( ou Dziekuje) dédié à Chopin. A la fin du morceau le silence dans la salle laissa craindre au pianiste que le public polonais se soit senti offensé de cette liberté, avant que le silence ne soit rompu par les tonnerres d'applaudissements du public. C’est que Dave Brubeck ne connaît pas les bonnes manières, ni les manières tout court. Sous les doigts du pianiste, tout semble se réinventer avec la grâce et la légèreté de l’aisance joyeuse. Car il y a de la joie dans la musique de Brubeck. Bien au delà du swing ( quel swing !) la musique de Brubeck portée le voile et les froufrous soyeux de Paul Desmond semble s’envoler dans l’air. Cette musique là est une sorte de don, d’offrande. Indispensable au bonheur.

Jean-Marc Gelin

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 13:04

This-brings-us-to-vol2.jpg

PI Recordings/ Orkhêstra– 2010



Henry Threadgill (fl, as), Liberty Ellman (g), Jose Davila (tb, tuba), Stomu Takeishi (ac b), Elliot Humberto Kavee (dr)

 

Et voici le deuxième volume de This Brings Us To  du Zooid, le dernier groupe en date du compositeur, arrangeur, saxophoniste et, allons-y franchement, génie qu’est Henry Threadgill. Pour rappel, Henry Threadgill a été l’initiateur du trio Air et a dirigé des groupes comme Henry Threadgill Sextett, the Very Very Circus, Make a Move. A travers ces groupes, à géométrie très variable, Threadgill a repoussé les frontières des idiomes musicaux courants qu’il aime à trafiquer (le jazz évidemment, le tango, les marches, les fanfares, la Great Black Music). Le chef d’orchestre Butch Morris, qui n’est pas un manchot lui non plus, dit de Threadgill qu’ « il utilise des formes familières pour les faire évoluer de manière effective ».

Ce volume 2 est la suite de la session d’enregistrement qui a donné vie au premier volume qui signifiait la renaissance de Threadgill après huit longues années d’absence du Zooid. C’est logiquement que nous vous recommandons la lecture de la recension du volume 1 de This Brings Us To. Enregistrée en novembre 2008 au studio Brooklyn Recording par Andy Taub, produite et mixée par le guitariste Liberty Ellman, cette session grave les travaux menés, depuis de longues années en concert, sur la méthode de composition de Threadgill appelée « compositional improv’ ». En deux mots, cette méthode abandonne la composition Majeur/Mineur au profit d’une composition chromatique et son but principal est de faciliter l’improvisation collective grâce à un système de jeu représenté par un jeton qu’on se passe au sein du groupe (Méthode d’improvisation composée dont une description malheureusement non exhaustive est proposée dans la recension du volume 1, suivez le lien.)

Sur le volume 1, on avait omis de mentionner clairement la grande place occupée par Liberty Ellman par le nombre et la durée de ses interventions. On serait tenté de croire qu’il profitait alors de sa position de directeur artistique pour se tailler la part belle. Or ce guitariste a tellement bien intégré le travail du compositeur et apporte tant à sa musique que son omniprésence sur le premier volume est totalement justifiée, un point c'est tout. Ensuite, le volume 2 contredit cette pensée toxique, honte à moi, car Liberty Ellman, s’il est toujours très présent, y officie essentiellement dans les accompagnements; doublement même car on entend nettement deux guitares sur « Extremely Sweet William ». Son rôle consiste à cimenter les échanges et donner des arguments aux chorusseurs. Pour le coup, ce sont les autres musiciens qui brillent, en particulier José Davila, toujours aussi dynamique et verbeux au tuba – prenez le temps de l’écouter, Davila virevolte avec une grande aisance qui fait oublier le poids de son tuba sur « Polymorph » et il est extraordinaire au trombone avec un long chorus sur « Lying Eyes ». Sur « This Bring Us To », c’est Stomu Takeishi, le bassiste acoustique, qui prend le relais de l’expression individuelle : de glissandi en claquements trébuchants, il se distingue du groupe par un discours qu’il choisit d’’être hésitant et contrasté au niveau de la texture sonore. Enfin, Threadgill le saxophoniste – ce n’est pas une critique - n’innove pas vraiment depuis près de 10 ans au travers d’un discours d’improvisation qu’il a structuré autour de sa méthode de composition. Son discours ne surprend plus l’oreille du fan aguerri, mais il reste très personnel. A propos de son jeu, on est tenté de faire des rapprochements avec celui de Donny McCaslin, tout en circonvolutions rythmiques et chromatiques . Toutefois leurs propos respectifs sont éloignés. En revanche, avec un son plaintif et abrupte, hésitant ou verbeux, Threadgill est reconnaissable entre mille : c’est un vrai plaisir que d’en décortiquer la texture sonore. C’est plus à la flûte qu’il étonne. Son discours est coulant et direct, il tient peu ses notes et son jeu fait penser à celui d’un saxophoniste. Enfin, il forme une paire unique avec Ellman qui lui « donne » tous les accompagnements pour se reposer et relancer.

Si le volume 2 parait moins flamboyant que le premier, il en est véritablement l’aboutissement, la terminaison. Le volume 1 est un album de groupe, où la méthode s’applique au collectif, qui suit ses règles à la lettre, et offre des chorus plus courts que sur ce volume. Ici, le choix est de diminuer la dynamique du groupe en privilégiant le placement de chacun, ce qui a pour but de permettre à l’auditeur averti d'appréhender plus facilement le schéma d'improvisation et de permettre aux musiciens une expression plus libérée et individuelle. Croyez-le ou non, quand on tombe dans la musique de Threadgill, on ne peut que remercier l’ami savant qui nous l’a conseillée. Croyez-le une fois encore, il n’est pas besoin d’être un amoureux du jazz ou des musiques tirées par les cheveux pour aimer Threadgill et sa musique ; Threadgill puise de partout, n’oublie rien et transforme tout.

Jérôme Gransac

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:34

jean-marc-padovani-septet-sketches.jpg

 

Label Pype line

Distribution Absilone (Socadisc) /Soleart productions

Sortie en novembre 2010

 

Avec Claudia Solal (voc), Bruno Wilhelm (as), Paul Brousseau (clav), David Chevallier (g, bjo), Frédéric Monino (b), François Laizeau (dm)

 

Jean Marc Padovani en vrai amoureux du jazz, sort Sketches,  ses esquisses animées, portraits vivants, retravaillés de ses pères dans cette musique, un album qui fait honneur à ses « pairs » : Eric Dolphy, Ornette Coleman, Oliver Nelson ( compositeur arrangeur d’une grande finesse « Black, Brown and Beautiful» et« the Blues and the abstract Truth » et soliste inspiré).

Le saxophoniste rend un hommage au jazz américain le plus vif, au tournant de

 la modernité, entre 1956 et 1964, celui des créateurs : Charles Mingus, Miles Davis, Horace Silver, Art Blakey. Un récit noir avec une bande son envoûtante.

 Cet attachement était déjà apparu dans le très bel ensemble formé pour célébrer DOLPHY dans  Out, la musique d’ Eric Dolphy . Car,  Pado » est un homme d’amitié (1) et de projets, il se donne la possibilité de créer la musique qu’il a envie d’entendre et de jouer : il a réuni cette fois un septet original , de fortes personnalités qui, tous, jouent leur partie avec une facilité déconcertante, exécutant des passages classiquement impeccables, se mêlent en duos, trios captivants,aptes aussi à se fondre dans l’urgence du collectif.

Il s’entoure d’une rythmique diabolique dans la veine d’un jazz rock qui se laisserait caresser par les emportements du free, à savoir le bassiste montpelliérain Frédéric Monino, un fou de Pastorius (auquel il avait d’ailleurs consacré un bien bel album) et le batteur François Laizeau, vif dans l’attaque sans oublier les nuances.

Avec cet accompagnement solide et carré , sur une rythmique ébouriffante, Padovani s’élance pleinement, au ténor et soprano (point de clarinette basse dans ce programme) et laisse à Bruno Wilhelm (qui faisait déjà partie du projet Dolphy) le soin de tenir l’alto, incisif, brillant et ardent à la fois ! Paul Brousseau aux claviers et autre électronique nous rejoue les coulées de synthés, fender et orgue, mais il introduit également le temps présent, créant de nouvelles atmosphères aux couleurs et timbres différents.  

David Chevalier, lyrique dans ses emportements à la guitare électrique («Seventeen west») dispense de bien belles envolées, tout en passant au banjo dans un chorus joyeusement déglingué (« Eric’s sketches »).

Claudia Solal est la voix féminine surprenante et fraîche  qui introduit la plus grande diversité de sons, du fredon au cri, de la mélopée au choral qui nous fait rebasculer dans les années cinquante.

Virevoltant dans la rigueur, tiraillé entre diverses polarités, on le voit bien - les années soixante étaient décidément une époque formidable- Jean Marc Padovani,   au-delà de la sensibilité et du lyrisme, nous propose un hommage de très belle facture : les instrumentistes, habitués à se frotter à l’urgence de la déclaration musicale, affirment une dimension orchestrale superbe.

Un jazz fluide, libéré plus que free, dans un projet intelligent et fédérateur. Quand on s’interroge aujourd’hui sur le jazz et son évolution, digéré dans le grand courant des musiques actuelles, on devrait réécouter ces musiques d’un passé somme toute récent comme le fait Padovani : dans ses propres compositions et les arrangements de reprise, dérangements et digressions dont il a le secret, il peaufine une écriture  rigoureuse et dense, qui semble une création continue et imprévisible. Un jazz effervescent aujourd’hui encore, porteur de sons et de sens.  Comme la mémoire d’un passé et la promesse d’un futur réunis et enfin réconciliés.

 

Sophie Chambon   

 

 

 

(1) On avait assisté avec plaisir à ses retrouvailles à Charlie free à Vitrolles, en 2006,  avec un autre « allumé du jazz, le guitariste  Claude Barthélémy dans un nouveau quartet « Distances » .

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 15:18

PI Recordings 2010

Rudresh Mahantappa (as), Bunky Green (as), Jason Moran (p), François Moutin (cb), Damion Reid (dm), Jack De Johnette (dm on 1,2,9,10)

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C’est un véritable alto saxophone summit dont il s’agit. Et qui plus est, la rencontre de deux générations. L’un,  Bunky Green a 75 ans et fait depuis quelques années un remarquable come back qui semble le plonger dans un véritable bain de jouvence. L’autre, Rudresh Mahantappa dont on ne cesse de vous parler ici, incarne à près de 40 ans l’illustration de cette nouvelle école du saxophone, multiraciale, inventeur d’un nouveau langage syncrétique entre ses racines indiennes et ses racines new-yorkaise.

Bunky Green a toujours été une sorte de modèle pour Rudresh qui, comme beaucoup d’autres a toujours affirmé son influence. L’élève et le maître n’avaient pourtant jamais eu l’occasion de jouer ensemble avant cette jam-session de 2008 (voir la vidéo). Et par chance, j’y étais et je me souviens de cette rencontre des deux saxophonistes lors du festival Jazz Baltica en 2008. Le courant passait entre les deux. C’était évident. Et les voir aujourd’hui réunis sur un même album en est la suite logique. Car tous les deux se fondent dans cette histoire du saxophone alto qui part de Parker et englobe Greg Osby et Steve Coleman, maîtres et élèves confondus.

Deux générations disions-nous et pourtant la même passion de cet instrument. Car si 35 ans les séparent, chez les deux, la même fougue, la même urgence à dire. Tous les deux emportés par le même flot torrentiel. La même élasticité, le même lyrisme et le sens des harmonies complexes. Mais chacun cependant avec un son parfaitement identifiable. On est loin ici des duets comme le faisaient de jeunes ténors comme Wardell Gray et Dexter Gordon. Ici cela ne peut pas être ainsi. D’abord parce que les deux n’ont pas le même âge. Mais surtout parce qu’il ne s’agit pas d’un duel mais d’une démarche aboutie et respectueuse où chacun des saxophonistes a apporté la moitié des compositions, certaines anciennes et d’autres créées pour l’occasion.

Où la rencontre vise surtout à provoquer la fusion de deux styles. L’un vient sur le terrain de l’autre et réciproquement, illustrant cette capacité du jazz américain à mêler, à mélanger, à réunir. Parfois la tentation est grande pour Bunky Green de se laisser embarquer sur le terrain de Rudresh Mahantappa. Sur ce terreau sur lequel le saxophoniste indien a bâti un vrai langage. C’est le flot carnatique qui emporte tout. Et puis il y a dans la deuxième moitié de l’album, les compositions plus apaisées de Bunky Green. Des compositions juste sublimes (Lamenting ou Little girl I miss you thème déjà entendu sur l’album « Place we never been ») où l’espace musical se desserre, se relâche. Et la c’est Mahantappa qui vient le rejoindre.

Derrière la rythmique force le respect. En premier lieu un Jason Moran toujours stupéfiant dont chacune des interventions jette une lumière irradiante, décisive avec un à propos d’une remarquable intelligence jetant des harmonies qui viennent créer un contraste en toute douceur (écouter comment il prolonge le discours des saxophonistes sur Eastern Echoes). Aux baguettes alternent respectivement Damion Reid et jack de Johnette, tous les deux associés à la puissance toute en discrétion de François Moutin. C’est dire si le niveau est particulièrement élevé dans cette session qui s’affirme véritablement comme un sommet de jazz.

Comme on dit, «  ca joue terrible ». La danse sinueuse des deux serpents charmeurs emporte tout. Les courbes fluides se croisent et s’entrelacent.

Cette rencontre des deux saxophonistes alto mérite véritablement d’être qualifiée de sommet.

Jean-Marc Gelin

 

 

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