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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 07:58
SNARKY PUPPY & Metropole Orkest : «  Sylva »

Impulse 2015

NDR : Attention cet album ne ressemble pas à grand chose de ce que vous avez pu entendre jusqu’à présent.

Snarky Puppy ( litt. : « le chiot narquois ») est un collectif créé en 2004 par le bassiste américain Michael League. Véritable OVNI dans le paysage sage du jazz, le groupe de Brooklyn est un ensemble musical indépendant qui se joue des codes et des frontières, des instrumentums autant que des barrières stylistiques. Ce groupe d’artistes indépendants à géométrie variable, ne cesse album après album de fasciner par son art de se jouer des sons du jazz et de la funk avec un sens de l’écriture particulièrement exigeant et pourtant assez jubilatoire. Elu plusieurs fois meilleur groupe de l’année ( en 2008,2009 et 2010) le groupe de Michael League ne cesse de surprendre son monde qui aimerait bien le ranger dans une case, oui mais fichtre, dans laquelle ?

Le nouvel album, enregistré en live avec le célèbre Metropol Orkest ( aujourd’hui dirigé par Jules Buckley) est dédié à la forêt ( d’où son titre , Sylva) , que Michael League décrit comme « un endroit à la fois innocent, effrayant, inspirant, impénétrable, fragile, stoïque, révélateur, un abri, un labyrinthe, un temple, une tombe, un sanctuaire, un parlement, un prison ». De quoi inspirer l’écriture très créatrice du bassiste qui, effectivement donne un certaine dimension protéiforme à son projet soutenu parfois par les cordes de l’orchestre néérlandais. Objet curieux, cet album évolue entre jazz funky, fanfare, popo et classique et instaure parfois des climats très forts à l'image de ce Curtain très émouvant certainement la pièce maîtresse de l'album avec une ouverture à cordes très Malherienne avant que des tambours plus lourds et plus rock n'envahissent l'espace. Les morceaux à tiroirs évoluent alors dans le temps et l’espace musical saisissant au vol de constants revirements de systèmes. 2 claviers ( l’orgue de Cory Henry, assez génial ici et le fender de Justin Stanton) se partagent un groove aussi fort que subtil s’appuyant juste lorsque la dramaturgie l’impose, sur un tapis de corde qui ne vient pas casser le groove mais au contraire le porter autrement.

C’est que la musique de Snarky y est conçue de manière symphonique comme une sorte d’opéra rock ( Gretel) où la masse orchestrale du Métropole prend toute son ampleur. Lorsque l’on entend une composition comme Sintra qui s’appuie sur l’écrin

des arrangements pour cordes on pense à la liberté que pouvait avoir un Charlie Haden lorsqu’il racontait avec Carla Bley et son Liberation Music Orchestra une musique à grande ampleur narrative.

En fait toutes les références des grandes écritures du jazz et de la pop avec un grand zest de classique se mêlent ici et les références se bousculent alors pour un musicien qui démontre ici l’étendue et la richesse d’une culture musicale foisonnantes

Pour ceux qui n’étaient pas au concert de Snarky Puppy le 7 mai Paris o le 8 à Coutances, il est urgent de se procurer cet album comme le témoignage éclatant d’une musique en mouvement.

Fascinant

Jean-Marc Gelin

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 09:07
ERIC PLANDE /UWE OBERG/ PETER PERFIDO

TOUCHING

JAZZWERKSTATT 142

www.jazzwerkstatt.eu

Le saxophoniste ténor et soprano Eric Plandé traverse le jazz moderne depuis quelques années signant quelques belles réalisations (on se souvient de Between the lines avec Joachim Kühn. Installé en Allemagne depuis 9 ans il a travaillé avec le pianiste Bob Degen pour Human nature. Le saxophoniste, vibrant et charnel, à la fois catalyseur et discret meneur, poursuit son entreprise plurielle : toujours friand de belles rencontres, il a enregistré sur le label indé allemand Jazzwerkstatt, un premier CD Touching en trio avec le pianiste de Wiesbaden Uwe Oberg et le batteur américain Peter Perfido.

Dans l’ère post coltanienne, ce jazz free surprendra par sa grande fluidité, une réelle sérénité comme dans la composition éponyme d’ Annette Peacock. Comment ne pas nourrir une certaine tendresse pour ce saxophoniste délicatement intense, qui nous plonge dans une rêverie liquide ? Il offre parfois, au milieu de remous plus compréhensibles, quand on sait que certain morceau s’intitule « Chaos », un temps propice au recueillement et à la méditation dans cet « Awaken » à la flûte...

Dans ses notes de pochette, Tim Gorbauch cerne bien le travail du trio dès le premier morceau dont il donné une analyse précise : ce « Darkness from you » permet à chacun de jouer comme il est, comme il aime, tout en écoutant les autres, et de poursuivre un échange des plus fructueux, toujours énergique : un partage intense avec des directions communes, un engagement qui les conduit à une improvisation contrôlée, un flot / flux organique et élastique de sonorités qui gomme la différence traditionnelle entre chose écrite et improvisée. Les trois voix s’élèvent avec bonheur et complicité, équitablement, harmonisant la lisibilité de l’ensemble. Voilà un emboîtage revigorant de thèmes personnels rythmiquement efficaces, mélodiquement chantants. Au fond, cette musique est emplie d’un désir profond d’ ouverture au monde par un éventail de manières, de matières et de couleurs : on part vers cet ailleurs imprévu, au gré de la mémoire et de l’inconnu qui ne cessent de se rejoindre dans un souffle libertaire.

Sophie Chambon

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 21:12
CASSANDRA WILSON : « Coming forth by day »

CASSANDRA WILSON : « Coming forth by day »

Sony Music 2015

Mettons un peu de côté la célébration un tantinet ridicule du centenaire de la naissance de Billie Holiday pour ne retenir avant tout et surtout que l’hommage très personnel d’une grande dame du jazz à une autre. Si Billie Holiday est évidemment la référence suprême de toutes celles à qui elle a donné un jour la vocation de chanter le jazz, Cassandra Wilson assume cet hommage avec une vision très personnelle et quasiment intime de cet héritage.

Mais Cassandra elle, vient du Delta, et porte en elle un autre blues, d’autres moiteurs. Clles du Mississsipi d’aujourd’hui où les bleutés des guitares électriques ont remplacé le velours des ténors lesteriens.

Produit par Nick Launay ( producteur connu notamment pour son travail avec Nick Cave), « Coming forth by day » est un album aux couleurs parfois très sombres porté par la voix magnifique et profonde d’une Cassandra Wilson qui magnifie ici une autre façon de chanter le blues de Billie. Jamais la chanteuse du Mississipi ne cède au plagiat ni à la tentation de la reprise. Son job ici c’est de redonner à Billie Holiday sa place dans la modernité. Billie devient électrique et brumeuse, proche ( comme elle le dit dans les colonnes de jazzmagazine) du rock alternatif dont Cassandra Wilson dit qu’elle y aurait certainement trouvé son univers aujourd’hui.

Et si Cassandra s’égare parfois dans quelques reprises un peu incongrues comme celle de You go to my head ( malgré de superbes arrangements et une coda très hollywoodienne) , sa version simplissime de The way you lok tonight touche au cœur et celle de I’ll be seeing you est quasiment hypnotique et lunaire. Mais il y a un souffle unique et épique dans cet album. Mélancolique ans être triste, parfois débordant d'amour et pourquoi pas de joie, il remet les choses à leur place bien au delà des clichés sur Billie.

Il y a dans cet album une vraie signature de Cassandra qui ne nous fait pas douter un seul instant de son authenticité. Son hommage à Billie Holiday touche au cœur. « Coming forth by day » est une référence au livre des morts des anciens de l’Egypte antique ( Livre pour sortir au jour). Mais mieux qu’un hommage, c’est une façon d’accompagner Billie ailleurs, là où elle se trouve. C’est-à-dire justement ici et maintenant.

Jean-marc Gelin

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 09:21

Jazz & People 2015

Leïla Olivesi (p, vc), David Binney (as), Manu Codjia (g), Yoni Zelnik (cb), David Kontomanou (dms)

La pianiste Leila Olivesi devient une musicienne incontournable du monde du jazz hexagonal. Son quartet qui tourne depuis pas mal de temps et que l’on peut entendre assez régulièrement sur les scènes parisiennes a pris désormais la dimension d’un vrai d’un groupe homogène et ultra cohérent. Et à chaque nouvel album de la pianiste, toujours la même évidence, Leila Olivesi grandit, s’affirme et prend une réelle ampleur. Non seulement comme instrumentiste mais surtout et avant tout comme une vraie compositrice réellement inspirée. Par delà la performance d'un tel ou untel, « Utopia » c'est la confirmation que Leila Olivesi parvient à imposer son écriture et son talent de compositrice de grande qualité. Ecriture souvent " new-yorkaise". De celle qui s'inspire justement de l'écriture d'un musicien comme le saxophoniste américain David Binney (présent sur 4 des 8 titres), d'un Kurt Rosenwinkell ou encore même de Fly ou de Mark Turner. Ce qui en soi situe le niveau de cet album, assez haut. Grande compositrice assurément Leila Olivesi en a toute l’envergure. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans une toute autre veine l’un des titres qui clôture cet album, Summer wings a reçu le prix Ellington Composer.

Mais il n’est pas d’album de jazz remarquables si les plus belles compositions ne sont pas servies par de grands interprètes. Et c’est tout l’art (très ellingonien d’aileurs) de Leïla Olivesi que des les avoir particulièrement choyés. David Binney qui apparaît ici en guest star culmine aux sommets auxquels il nous a habitué, apporte sa verve et son lyrisme et met le feu à tout ce qui bouge à l'image de ce Symphonie Circle incandescent ou comme dans le Monde de Cyrano aussi enflammé que son illustre personnage. Leila quand à elle chante sur deux titres (plutôt bien d'ailleurs) en utilisant sa voix comme porteuse de mots mais surtout de musique, autre instrument à corde qu'elle utilise avec légèreté et grâce. Dans un arrangement presque rock (en tous cas très rosenwinkellien) de Night and Day, l’incontournable Manu Codjia apporte ses couleurs bleutées et évanescentes qu’il manie avec un art consommé de l’envolée sensuelle. Le tout admirablement, soutenu par une superbe rythmique.

« Utopia », hommage aux écrits d’Edmond Rostand se situe un peu entre ciel et terre. Dans un autre mode peupé d'être imaginaires mais qui nous ressemblent fort.

Dans une dimension à la fois onirique et formidablement humaine, Leila Olivesi nous embarque dans son univers.

Jean-Marc Gelin

LEILA OLIVESI : «  Utopia »
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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 09:15

L’âge d’or du Jazz
Coffret de 5 CD. Jazz Magazine-Jazzman- Wagram Music. Réalisation, Lionel Eskenazi


Tout comme la langue d’Esope, la compilation peut être soit la meilleure soit la pire des choses. Dans cette dernière catégorie (que nos lecteurs naturellement fuient) figurent les reprises d’enregistrements-pirate, de qualité sonore déplorable, sans indications discographiques. Le coffret signé par un ex-collaborateur des DNJ, Lionel Eskenazi appartient (on s’en serait douté vus les états de service d’icelui auteur des deux précédents coffrets annuels pour Jazz Magazine ) à la première.
Nous avons ici affaire à une sélection ciblée dans le temps, 1954-1962, intitulée sobrement « L’âge d’or du jazz ». Le choix de la date initiale a été opéré spécialement pour correspondre au lancement de Jazz Magazine par Frank Tenot et Daniel Filipacchi et accompagner les 60 ans du magazine-référence. Pour ceux qui aimaient le jazz à l’époque –parmi lesquels l’auteur de ces lignes- ces 100 titres rappellent une période foisonnante, où le hard bop voisinait avec le third stream et, au tout début des années 60, le free jazz. En cinq heures d’écoute, on retrouve les titres-phare de l’émission-culte quotidienne de Daniel et Frank.
Pour les jeunes générations, le réalisateur justifie son appartenance à l’Académie du Jazz par l’œcuménisme de ses choix. De Benny Goodman à Cecil Taylor, de Charlie Parker au MJQ, de Jimmy Giuffre à John Coltrane, de Nat King Cole à Nina Simone, de Lester Young à Ornette Coleman, d’Oscar Peterson à René Urtreger, d’Erroll Garner à Martial Solal… on pourrait allonger à l’envi l’exercice. Présentés de manière chronologique- ce qui permet de voir que Duke Ellington a gravé en dix jours en septembre 1962 un album en trio avec Max Roach et Charles Mingus – Money Jungle dont est extrait ici Fleurette Africaine, et une rencontre avec John Coltrane, présentée avec In a Sentimental Mood- ces 100 morceaux offrent un panorama aussi varié que surprenant. Et l’écoute en continu permet ainsi de passer pour l’année 59 d’Anita O’Day à Bud Powell, Tina Brooks, Bobby Timmons et Sun Ra. Sacré grand écart !
Evidemment, toute sélection présente ses limites, ne serait-ce que par les contraintes techniques imposées (difficile d’aller au-delà de 70 minutes par album). Pourquoi avoir écarté untel ? On peut deviser à l’infini. Laissons ce débat aux ayatollahs aigris ! Et plongeons dans ce bain de jouvence des années 50-60 sans nostalgie ni regret.


Jean-Louis Lemarchand

L’âge d’or du Jazz
L’âge d’or du Jazz
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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 15:13

Intuition Music

www.intuition-music.com

1 CD+ 1 DVD

 TheSongIsMyStory.jpg

Quel plus bel hommage pour les 80 ans du pianiste sud-africain Abullah Ibrahim !

Un choc !

Le label allemand Intuition a profité d’un concert en solo donné en Sicile en juin 2014 pour en graver à la fois sa captation mais aussi pour réaliser une magnifique interview filmée qui fait l’objet d’un DVD.

A l’aube de ses 80 ans Abdullah Ibrahim dégage une sorte de force tranquille et une sérénité que seuls quelques vieux sages dans ce monde agité peuvent transmettre. Lorsqu’il joue c’est comme si cette sagesse millénaire tombait sur vous et vous enveloppait. Chacune des notes du pianiste est en effet empreinte d’une exceptionnelle profondeur, d’une gravité qui va chercher au cœur même de l’essentiel. Qui va puiser au cœur de la vie, des hommes et de Dieu certainement.

Il y a bien sûr, comme souvent dans l’exercice du piano solo, une sorte d’introspection. Mais avec Abdullah Ibrahim elle prend la forme d’une sagesse chamanique. Une façon d’arrêter le temps. La musique d’Abdullah Ibrahim est méditative et si émouvante lorsqu’elle jette ce regard sur lui-même et sur ses propres racines. Le pianiste dit beaucoup, digresse autour d'une immense improvisation. On y entend parfois Ravel et Debussy, parfois Monk ou la religiosité de Coltrane dans ses réflexions et dans son cheminement. C’est que, comme chez le saxophoniste, il y a dans sa musique venue des township et du jazz d’Ellington une part de religiosité, de gospel et de profondeur croyante. Ce sont parfois comme des chants d’église qui s’élèvent vers le ciel.

La musique d’Abdullah Ibrahim se trouve ici au sommet de l’art du pianiste. Cette musique qui ouvre en chacun les portes d’une méditation profonde. La quintessence du piano solo.

 

Puis suit un documentaire tourné au même moment qu’avait lieu de concert. Documentaire magnifiquement réalisé où le pianiste y raconte l’histoire de ces chansons qu’il a composées. C’est magique comme lorsque, avec générosité il nous fait entrer dans l’intimité de ses compositions, comme lorsqu’il parle d’Aspen et de son imaginaire qui prend forme en musique. Et cette émotion qui surgit lorsqu’il parle de l’amour et de Blue Bolero dédié à la femme de sa vie. Il y raconte aussi avec tendresse ses influences sur la musique de Cap Town, l’apartheid, l’exil et l’incroyable pouvoir politique que sa musique a pu avoir sur tout un peuple en lutte (Mannenberg). Derrière l’apparente simplicité de ses mélodies, il évoque sans fausse modestie la complexité de ses structures musicales et parle de « la profondeur de la simplicité. ». Cette interview que l’on aurait voulu prolonger se poursuit par un extrait de ce concert solo du 26 juin 2014 au Fazioli Concert Hall, magnifiquement filmé au cœur du processus de l’improvisation comme rarement capté par l’écran.

 

On sort de là, le cœur et l’âme chavirée, persuadé d’avoir rencontré un être sublime, sorte de chamane magnifique dont chacune des phrases et chacun des sourires peuvent apporter un supplément de paix et d’amour.

C’est tout simplement bouleversant.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 22:42

 

 Cristal Records

www.cristalrecords.com 

Distribution Harmonia mundi

http://www.cristalrecords.com/fr/infos_album.php?&id=684

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Si vous lisez les DNJ depuis quelque temps, vous connaissez la collection Original Sound DeLuxe qui propose des compilations thématiques qui ne traitent pas de l’œuvre d’un chanteur ou musicien mais envisagent de recenser des compositions selon une ligne de force originale  (les saisons, la nuit, les instruments  du jazz...). C’est Claude Carrière, un fin connaisseur du jazz qui a opéré la sélection musicale avec une grande pertinence, et rédigé des notes érudites, qui sont un régal de lecture. La partie  illustrée est due à Christian Cailleaux, auteur de bandes dessinées qui sait s’adapter à chaque fois au thème imposé.

A l’occasion des fêtes on pourra ainsi découvrir  5 des quarante volumes de la collection  Bass Masters, Portraits of Jazz, Piano Solo Legends, The Joy of Flying, A Jazz Calendar.  Ce coffret  a aussi l’avantage d’être à un prix très économique, il réjouira les amateurs de jazz qui redécouvriront des pépites oubliées et leur donnera une furieuse envie de lire, écouter, se replonger dans les trésors de leur discothèque. Et pour les néophytes, voilà la plus agréable immersion dans cette musique avec ces albums qui dessinent un portrait vif, aussi varié qu’original. Il serait vraiment dommage de se priver d’un tel objet...vous êtes prévenus.

 

Sophie Chambon

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 15:09

 

Raphael  Imbert (saxophones, clarinette basse, harmonium), Marion Rampal (chant et harmonium), Pierre Fenichel ( contrebasse) et Paul Elwood ( banjo, chant)

Label Durance/distribution Orkhêstra

www.label-durance.org

 

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Voilà un album que vous ne regretterez pas d’avoir écouté tant il communique joie de vivre, bonne humeur. Enregistré en 2008, il ne sort que maintenant  avec  l’acharnement de Raphael Imbert et du label Durance qui oeuvrent avec vaillance pour voir leurs projets arriver à terme.

Le titre n’est pas une coquille d’impression, mais un mot valise formé avec les noms des régions d’origine ou  de cœur, de ces musiciens, « Alpes » et Appalaches. Un amour du « folk » des monts et des vallées unit, on le sait à présent, le saxophoniste Raphael Imbert avec les acteurs de sa compagnie Nine Spirit (ici du moins, la chanteuse Marion Rampal et le contrebassiste Pierre Fenichel). On sait qu’il travaille sur les racines spirituelles du jazz  (« Holy Family » d’Ayler), tout en poursuivant son travail de musicologue et de chercheur ethnographique.  Passionné d’échanges et de partages sur les terroirs et les identités, le saxophoniste a rencontré et invité sur ce disque Paul Elwood, compositeur contemporain, chanteur populaire et joueur de banjo inventif. Dans leur fief des Alpes de Haute Provence (d’où la production sur le label Durance) dans l’église haute de Banon, le quartet a enregistré ainsi des airs traditionnels, du gospel, des tubes de Bob Dylan, Joni Mitchell et aussi de très belles compositions originales comme « Petite sauge couleur garance ». Sans la mélancolie inhérente à l’univers de Bill Carrothers et de sa femme Peg, on pénètre dans cette version de l’americana mâtinée de la douceur alpine. Ce n’est pas non plus le « talking blues » de Woody Guthrie que reprit Dylan à ses débuts, dans le traditionnel « Freight train » que l’on entend au début du disque dans une version aussi enjouée  (sans harmonica et  les élucubrations vocales dylanesques).

Et cela est beau. La voix de Marion Rampal atteint sa plénitude dans ce registre plus « traditionnel », nettement moins expérimental, où l’émotion et la puissance sont plus fortement palpables. Sans affèterie, quand elle reprend « Urge for going » de Joni Mitchell, avec même quelques inflexions semble t-il de la Canadienne.elwood.jpg

De toute façon  quand Paul Elwood en s’accompagnant au banjo,  chante « It takes a lot to laugh, it takes a train to cry » de Dylan, c’est une musique qui ne triche pas, populaire, accessible sans être nécessairement facile. Si entraînante que l’on a envie aussitôt de partager cet enthousiasme. Jusque dans le beau final à deux voix de « Lorena »

Sophie Chambon

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 21:49

 

Gaya Music Production 2014

Adrien Chicot (p), Sylvain Romano ( cb), Jean-Pierre Arnaud (dms)

www.adrienchicot

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Dans le flot des albums de jazz e que nous recevons ( surtout des trios), il y a parfois quelques petites pépites qui émergent. Des disques qu une fois insérés dans votre lecteur ont ce don de vous donner la banane, de faire bouger vos pieds en rythme et de vous rendre un peu heureux. Celui d’Adrien Chicot fait partie de ceux-là.

Adrien Chicot n'est pas un inconnu pour tout ceux qui s'intéressent de près

ou de loin à la sphère des frères Belmondo en ce compris celle du saxophoniste Samuel Thiebault dont Adrien a partagé quelques aventures et que nous aurons bientôt l’occasion d’évoquer dans ces colonnes. Et que ce pianiste soit si convoité n'est pas étonnant lorsque l'on entend dans cet album qu'il nous livre aujourd'hui son appétit de jeu, son phrasé optimiste, son sens du placement rythmique , son groove et sa grâce du swing aérien. Il a du Mc coy Tyner et du Herbie au bout des doigts lorsque l'on entend une compo comme all-in. Une lecture intelligente aussi des thèmes ellingtoniens et strayhorniens. Jous ballad qui sonne comme un vrai standard avec une superbe rythmique.Ce disque rend un poil heureux.  Il donne des fourmis dans les jambes Il est juste lumineux.chicot.jpg

Pour paraphraser l’on pourrait dire « pour ceux qui n’aiment pas le jazz ! ». Parce que l’on est sûrs au moins qu’ils changeront radicalement d’avis après avoir écouté cet album d’Adrien Chicot.

A mettre dans la hotte du père noël !


Jean-Marc Gelin

 

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 18:19


Avec Franck Amsallem, Pierre de Bethmann, Thomas Enhco, Manuel Rocheman, Baptiste Trotignon, (piano), Thomas Bramerie (basse), Lukmil Perez (batterie).
Backstage/L’autre distribution

 

DAHAN.jpg

 

Encore une chanteuse, me direz-vous…Elle ne nous est pas tout à fait inconnue, Mélanie Dahan. On l’avait remarquée par des choix artistiques hors des sentiers battus pour ses deux premiers albums, l’un dédié à la chanson française, l’autre aux courants latins. Une personnalité qui illustre toujours son troisième disque. Certes le répertoire s’y révèle des plus classiques, les airs consacrés, mille fois entendus de la chanson et du jazz américains. Jugez un peu, Cole Porter, Victor Young, Herbie Hancock, Benny Golson…
Le choix de ces titres a été effectué en harmonie avec les pianistes invités, Franck Amsallem, Pierre de Bethmann, Thomas Enhco, Manuel Rocheman, Baptiste Trotignon. Pourquoi ces cinq-là ? Réponse de Mélanie en forme de portrait express : « Franck ?, « le swing », Pierre « Une frénésie réjouissante », Thomas, « la délicatesse mélodique », Manuel « Coloriste raffiné et subtil », Baptiste « La virtuosité éclairée ».
Résultat : un puzzle réjouissant où Thomas Bramerie (contrebasse) et Lukmil Perez, (batterie) apportent leur pièce avec justesse et vélocité. Un beau voyage au pays des sons et des songes avec des titres éternels Whisper Not, Every Time We Say Goodbye, Star Eyes, Dedicated to You, What’s new. Et surtout une voix qui ne manque pas de sel et de swing.

  Jean-Louis Lemarchand

 

En concert les 27 et 28 novembre au Sunside (75001) avec Thomas Bramerie et Lukmil Perez et Pierre de Bethmann et Baptiste Trotignon (27), Manuel Rocheman et Franck Amsallem (28).

 

 

 

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