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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 16:51

Günter Baby Sommer (batterie, percussions, voix), Gianluigi Trovesi (saxophone alto, clarinette alto), Manfred Schoof (tromette, bugle), Antonio Borghini (contrebasse)

Gütersloh, 31 octobre 2016

Intuition INTCHR 71321 / Socadisc

 

Avec ce disque sous-titré 'Live at Theater Gütersloh', c'est la suite de cette collection intitulée European Jazz Legends (ici le volume 9), suscitée par la revue JazzThing avec la complicité de la radio de Cologne (WDR : Westdeutscher Rundfunk). Après Enrico Pieranunzi, Michel Portal, Henri Texier, Miroslav Vitous et quelques autres, c'est cette fois le débonnaire (et espiègle) batteur de Dresde qui est honoré par cet hommage radio-phonograhique. Depuis les années 70, ce percussionniste endiablé dynamite la scène libertaire européenne, et finalement ces dernières années les occasions de l'écouter, sur scène comme sur disque, ne furent pas légion (mais il était en mai dernier à l'Europa festival du Mans eu duo avec Michel Godard, petit écho sur les DNJ en suivant ce lien). Le groupe évoque le format, et l'esprit, de ceux de Don Cherry et Ornette Coleman (est-ce un hasard si la première plage s'intitule Like Don ?). On est ici entre des mélopées qui résonnent comme des hymnes, des éclats transgressifs, des thèmes segmentés à souhait, et un lyrisme de tous les instants. Les partenaires de Günter Sommer sont comme lui issu de ce monde épris de liberté qui sait aussi les exigences de la rigueur musicale. Le groupe, qui existe depuis plus de 30 ans, avait à l'origine pour bassiste Barre Phillips. C'est un représentant d'une autre génération, Antonio Borghini, qui est ici à l'œuvre. On a entendu cet Italien de Berlin avec Alexander von Schlippenbach, Stefano Bollani, Han Bennink, David Murray.... et il semble parfaitement à l'aise dans cette phalange d'activistes du jazz libre. Le percussionniste n'a rien perdu de son espièglerie, qui le conduit à des ruptures iconoclaste, et à des vocalisations inattendues, tout en maintenant la vivante pulsation polyrythmique en pleine effervescence. Et les deux 'souffleurs', également pourvoyeurs de thèmes, sont à l'exact diapason de cette entreprise pleine de vitalité. Comme pour tous les disques de la collection la dernière plage est un entretien (ici en Allemand) avec un Götz Bühler, qui pilote cette série. C'est un régal, et pas seulement pour les nostalgiques du free jazz version européenne.

Xavier Prévost

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 20:47

ANNE QUILLIER 6tet  « Dusty Shelters » Label Pince Oreilles / Inouïe Distribution
Aurélien Joly (trompette), Pierre Horckmans (clarinettes), Grégory Sallet (saxophones), Michel Molines (contrebasse), Guillaume Bertrand (batterie), Anne Quillier (piano, piano électrique, composition)

 

Les tops de janvier : Les DNJ ont aimé !

Deuxième disque en sextette de la pianiste lyonnaise, et confirmation de son talent de compositrice autant que de chef de bande. La musique est très élaborée, avec un grand sens de la forme et des couleurs, et un art accompli d'intégrer les solistes dans un un flux captivant. Une vraie réussite, assurément.
Xavier Prévost

 

 

Géraldine Laurent-Paul Lay, Duc des Lombards (75001) 2 février.
Deux prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz qui dialoguent, complices. Au menu, des thèmes issus du dernier album de la saxophoniste, At Work, et des compositions du pianiste. Une première sur scène pleine de promesses. Atmosphère aérienne, un petit air de la West Coast, des envolées lyriques. Affaire à suivre de près.

Jean-Louis Lemarchand

 

 

Vadim Nselovski : " Get up and go"

Jazz Famlily 2017

Vadim Neselosvski (p), Ronen Itzik (dms, percus), Dan Loomis (cb), Sara Serpa ( vc)

 

 

 

 

 

 

Les tops de janvier : Les DNJ ont aimé !

Maginifique découverte que celle de ce pianiste

Rien d'étonnant à ce que le jeune homme ait été appelé en 2014 pour rejoindre la formation de Gary Burton en tant que pianiste, compositeur et arrangeur et apr!ès avoir joué avec les plus grands jazzmen américains. Car le pianiste urkrainien a toutes ces qualités et bien d'autres encore. Improvisateur de génie, rythmicien exceptionnel, Vadim Neselovski nous entraîne avec des compositions magnifiques d'un bout à l'autre de ce très très grand album entre classique et jazz fougueux débordant de vie.  A découvrir absolument.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

Mihàly Dresch Quartet with Chris Potter- Zea-(BMC)

 

 

Les tops de janvier : Les DNJ ont aimé !

Saxophoniste (ténor et soprano) hongrois, Mihàly Dresch joue également d’un instrument de sa propre facture, le fuhun, sorte de flute dotée de clés de saxophone. Dans le même registre, son groupe, sans piano, comprend un joueur de cymbalum, renforçant une rythmique classique (basse-batterie). Figure centrale de la scène de Budapest, développant un son vigoureux et tranchant, Dresch a invité Chris Potter (ténor et clarinette basse). Un échange euro-américain qui séduit par sa force originale.


Jean-Louis Lemarchand

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 12:56

Lee Konitz (saxophone alto, voix), Kenny Barron (piano), Peter Washington (contrebasse), Kenny Washington (batterie)

New York, 30 novembre & 1er décembre 2015

Impulse 00602557208733 / Universal

 

Mieux vaut tard.... Quand en 1961 Coltrane enregistrait son premier disque pour le tout nouveau label Impulse, Konitz offrait à Verve l'album «Motion».... avec Elvin Jones. Aujourd'hui Impulse est, comme Verve , dans le giron de l'oligopole Universal, et Konitz rejoint à presque 90 ans (en octobre prochain ; il avait 88 ans quand ce disque s'est enregistré) cette écurie qui fut naguère un repaire d'avant-gardistes. Mais Konitz était déjà d'avant-garde quand en 1949 il enregistrait avec Lennie Tristano et Warne Marsh des improvisations totalement ouvertes, sans thème ni grille, juste un tempo.

Et aujourd'hui, s'il continue d'interpréter des standards, c'est toujours pour s'en jouer. Il attaque Stella by Starlight directement par l'improvisation, comme il le fit si souvent au cours de sa carrière : il aime monter en marche, directement dans la grille, la structure harmonique, en esquivant le thème qu'il ne se donne pas la peine de citer, et à peine de paraphraser. En 1953, de passage à Paris avec le grand orchestre de Lionel Hampton, il avait gravé en quartette plusieurs versions de I'll Remember April sans citer le thème, et il les avait dans certaines éditions affublées de titres de son cru. Fidèle à son espièglerie légendaire, il joue dans ce disque un certain nombre de standards qu'il cite peu, ou pas du tout. Et sur la plage titrée Kary's Trance, de sa plume, il commence par citer Play, Fiddle Play, le thème sur les harmonies duquel il avait bâti sa composition , créée en 1956 pour le disque «Inside Hi-Fi» en 1956 chez Atlantic. Bref il n'en finit pas de brouiller les pistes et c'est pour cela qu'on l'adore. Aux standards (Darn That Dream, Out Of Nowhere, Invitation, Cherokee....) déclinés avec la libre distance déjà soulignée s'ajoutent des thèmes du saxophoniste, comme l'inoxydable Thingin', détournement de All The Things You Are, un thème que Konitz n'a jamais cessé de taquiner tout au long de sa vie d'improvisateur. C'est toujours empreint de fraîcheur, de liberté, de fantaisie, d'invention mélodique et d'aisance harmonique. On lui pardonne même d'avoir un peu chanté sur plusieurs plages ! Et, pour que le bonheur soit total, il est très bien accompagné par des orfèvres qui lui laissent, avec un amical respect, tout l'espace nécessaire à l'expression d'une grande liberté.

Xavier Prévost

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:19

Serge Adam (trompette, électronique, voix), Tania Pividori (voix), Christelle Séry (guitares, voix) ; textes de Robert Desnos (Corps et biens, 1930)

 

Romainville, avril 2016

Quoi de Neuf Docteur DOC 080/Muséa

 

Bien des écrivains de la mouvance surréaliste eurent des relations privilégiées avec le jazz et ses acteurs. Mais dans ce domaine Robert Desnos occupe une position singulière, voire privilégiée. Si, contrairement à Jean Cocteau ou Pierre Reverdy, il n'enregistra pas ses propres textes sur une musique de jazz, il fut en revanche un critique de disques assidu dans la presse d'avant-guerre (voir les écrits de Yannick Séité dans la revue Europe, «Jazz & littérature», n° 820-821, 1997 ; et dans son livre Le Jazz à la lettre, PUF, 2010).

 

C'est donc un juste retour des choses musicales que ce disque où les compositions et improvisations de ces trois artistes font écho aux textes de Desnos. Dérives oniriques, images inattendues et humanité foncière s'insinuent dans la musique qui, en retour magnifie sa source d'inspiration. Texte parlé, proféré ou déclamé, mis en chanson aussi, vapeurs de Brésil, contrechant de trompette en sourdine, l'objet sonore est musicalement et stylistiquement inclassable, à ceci près que seul l'univers du jazz semble autoriser cette liberté. Le scratch électronique fait bon ménage avec des intervalles distendus ou des chromatismes troublants. Le bruitisme mystérieux fait écho aux assonances hermétiques. Les jeux sonores offerts par la mise en espace acoustique portent haut et loin la fantaisie verbale et la hardiesse prosodique. Bref, de plage en plage, la poésie est amoureusement servie par ce trio hétérodoxe, avec le grain de folie douce qui sied à cette sorte de projet. Réussite donc, à coup sûr.

Xavier Prévost

 

Le disque a paru en décembre 2016, il est sur les plateformes numériques depuis janvier, mais le concert de sortie a lieu le vendredi 24 février 2017 au Triton, près de la Mairie des Lilas.

 

Un extrait sur scène

https://www.youtube.com/watch?v=tk39fcEGlKM

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 16:36

Anne Quillier (piano, piano électrique, composition), Aurélien Joly (trompette), Pierre Horckmans (clarinettes basse, alto & soprano), Grégory Sallet (saxophones alto & soprano),, Michel Molines (contrebasse), Guillaume Bertrand (batterie).

Bourgoin Jallieu, septembre 2016

Label Pince Oreilles 008/1  / Inouïe Distribution

 

Après un premier disque remarqué (« Daybreak », enregistré en 2014), Anne Quillier confirme son talent de compositrice et de leader. L'écriture est très élaborée, inscrite dans une dramaturgie musicale subtile où les solistes s'insèrent comme par magie. D'une introduction en slap, ou d'un dialogue contrapuntique entre les instruments, naissent un univers et une forme, qui se dévoilent progressivement. Pas d'ostentation, pas d'artifices, rien que le désir d'aller droit au cœur de la musique, dans une pulsation forte, que la surprise et la fantaisie mettent parfois en suspens. Très belle utilisation du piano Fender dans sa sonorité naturelle, et du piano acoustique aussi ; belle présence des solistes (la même équipe que pour le premier disque), inventifs et hyper-nuancés, avec dans l'écriture de très fines combinaisons de timbres qui mettent en évidence le talent de celle qui compose. Les titres donnent à penser qu'il y aurait un sous-texte, narratif, à cette musique : en fait, c'est un trompe-l'oreille, la narration est purement musicale, ce qui nous ramène à la dramaturgie évoquée plus haut. Décidément, Anne Quillier est bien un talent avec lequel il faut compter : puisse ce disque le faire savoir à ceux qui ont rôle, mission et pouvoir de faire entendre les artistes, sur scène et dans les media.

Xavier Prévost

 

Le sextette jouera le 16 février à Lyon au Périscope, le 10 mars à Pau, au festival Tonnerre de Jazz, et le 8 avril au théâtre de Chamalières

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 11:41

Hugues Mayot (saxophone ténor, compositions), Jozef Dumoulin (claviers ), Joachim Florent (guitare basse), Franck Vaillant (batterie)

Villetaneuse, octobre 2015

ONJ Records JF 004 /L'Autre Distribution

 

Un événement que le premier disque sous son nom d'un saxophoniste aux multiples ressources, et aux univers insoupçonnés. Hugues Mayot a parcouru depuis près de qinze ans les rives les plus escarpées du jazz hexagonal : l'ensemble « Le Sens de la Marche » de Marc Ducret, United Colors of Sodom, Radiation 10, le groupe Spring Roll de Sylvaine Hélary.... et aujourd'hui l'Orchestre National de Jazz Olivier Benoit.... Ce qui ne l'a pas empêché d'aller jouer le jazz européen des années 30 avec l'Umlaut Big Band : bref c'est un musicien d'une qualité exceptionnelle qui, comme ses jeunes confrères et consœurs, ose tous les univers, pourvus qu'ils soient de bonne compagnie. Comme le laissait pressentir la diversité de ses multiples collaborations, le disque est résolument inclassable : que se passe-t-il si l'on met en présence ces artistes, ces expériences individuelles, ce goût commun du risque, cette quête résolue de l'inouï ? Eh bien il se produit ce disque, enregistré, mixé et masterisé avec la complicité d'une musicien qui partage cette même quête artistique et musicale : Matthieu Metzger.

Le résultat est un objet au multiples facettes, dont l'unité serait pulsatoire, avec un goût profond pour le groove, mais construit sur des asymétries, des écarts permanents à la logique étroite du temps fort prévisible. Le batteur Franck Vaillant, et le bassiste Joachim Florent, sont des orfèvres en cette matière. Et la palette de Jozef Dumoulin aux claviers paraît sans limite, du bruitisme foisonnant jusqu'aux harmonies les plus fouillées, énigmatiques mais lisibles, ou à tout le moins perceptibles. Sur cet espace qui conjugue le soyeux et le chaotique , Hugues Mayot évolue avec une insondable liberté, où tous les langages de sa mémoire paraissent s'être donné rendez-vous. Coup d'essai ? Coup de Maître !

Xavier Prévost

 

Le groupe est en concert pour la sortie du disque le mercredi 15 février à la Dynamo de Pantin. En seconde partie, le trio de Fred Frith.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:16

Guillaume Bourgogne (direction), Malik Mezzadri (flûte, voix, composition), Amaryllis Billet, Cécile Lagoutière (violons), Manon Ténoudji (alto), Nicolas Cerveau (violoncelle), Frédéric Escoffier (piano), Brice Berrerd (contrebasse), Emmanuel Scarpa (batterie), Julien Reyboz (son)

Romans-sur-Isère, 3 décembre 2015

Onze Heure Onze ONZ022 / Absilone

 

Le projet est d'une ambition mûrie, et à multiples détentes : associer un quatuor à cordes (en lui octroyant des espaces ouverts sur l'aléatoire) et un trio « de jazz », porté sur la transmission orale et l'improvisation (en les canalisant vers une forme d'écriture). Comme toujours chez Magic Malik, tout cela repose sur une pensée où se croisent de multiples systèmes (de rythmes, de cycles, de timbres, d'harmonie assumée ou contrariée), mais en sauvegardant toujours (la touche de magie) la sensualité du chant, du timbre, la dérive du vivant et l'effusion collective. C'est comme un voyage poétique, d'autant plus difficile à décrire que, dès que l'on a cru saisir une clé de compréhension, elle s'efface dans un nouvel événement. C'est cette incertitude et ce jeu labyrinthique que traduit à merveille la poésie du titre, Pavages pour l'aile d'un papillon. La pièce est d'une seule traite, en une seule plage de trente sept minutes et quatre secondes. Le disque était disponible sur les plateformes, et il est désormais édité sur CD. Laissez vous embarquer : si vous avez su vous rendre disponible à l'écoute, vous ne le regretterez pas !

Xavier Prévost

 

Le groupe jouera le mercredi 8 février 2107 à Paris, au studio de l'Ermitage, avec le Workshop de Stéphane Payen

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 22:08

PAPANOSH  : «  A chicken in a bottle »
Yellowbird - L’Autre Distribution 2017
Sébastien Palis (orgue B3, Wurlitzer, p, Vc), Jérémie Piazza (dms), Quentin Ghomari (tp), Raphaël Quenehen (as, ts, sopranino, vc)

 


On se souvient encore du magnifique album qui précédait celui-ci  ( « Oh yeah Ho ») et qui rendait hommage à Mingus. On s'en régale encore les écoutilles. Du pur bonheur.
Et bien l'on peut vous dire que deux ans après, Papanosh, ce jeune groupe tout droit venu de Rouen.... bande encore !
La flamme est toujours là. L'énergie collective encore plus présente que jamais, encore plus flamboyante dans une sorte de cocktail inventif et (ré)créatif.
C'est superbement écrit. C'est joué terrible.Mazette : ça pétille, ça remue de la queue comme un chien fou, ça groove et ça roule le tempo (Hermanos) sur une tournerie obsédante que n'aurait pas renié Mulatu Astakte. Dans ce grand creuset on trouve de tout : une inspiration très Ornette colemanienne sur 160 pm  faite de rupture et de collages, des virées Ellingtoniennes ou un funk très « Shiffrinien » (Moquette) et toujours l’ombre tutélaire d’un Mingus omniprésent.
On l’a dit ça joue à haut niveau sans jamais se la raconter. Le plaisir est évidemment communicatif. Les solistes sont étincelants. La musique nous laisse toujours en éveil et ouvre des tiroirs, toujours en ruptures, accélère puis ralentit, passe à autre chose et revient au thème sur des nappes électriques tramées par l’orgue B3 de Sébastien Pallis dans les pas d’un Larry Golding.
On pense aussi à l’Art Ensemble of Chicago par ce cotée un peu potache et renverser de tables.
En bref on est fans-fous de Papanosh qui depuis plus de dix ans nous fait vibrer par son intelligence maligne et ses talents virevoltants.
A consommer avec excès !
Jean-Marc Gelin

 

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 10:17
TOC & THE COMPULSIVE BRASS BAND

TOC & The Compulsive Brass Band

www.circum-disc.com

Quatre titres en près de 52’ : le programme est clair dès le nom du groupe, qui annonce la couleur, non pas la lumière bleuâtre des paysages septentrionaux mais le sépia délavé du souvenir. Car les Nordistes extrêmes du trio TOC (non pas « troubles obsessionnels compulsifs ») mais T pour Jérémy TERNOY (piano), O pour Peter Orins ( batteur), C Ivan Cruz ( guitare) s’adjoignent un ensemble de cuivres passablement déjantés (Compulsive Brass Band du collectif Muzzix). Pour qui connaît l’esthétique du collectif de Lille que je n’ai jamais pu entendre en live, moi qui suis fixée à Marseille (bien malgré moi) « comme une arapède au rocher », comme on dit ici, peuchère! Rien de surprenant, puisque tous les disques de ce label prolifique sont différents, tentent des voyages sidérants et extrêmes avec un sentiment d’étrangeté, une inquiétante et agréable familiarité, si on aime cette musique planante ( pas vraiment au sens des années 70 cependant) . Un magma de sons, de nappes bruitistes, électroniques, le pilon régulier et lancinant de la batterie…. Et cette fois les quatre soufflants cuivrés qui, sans arrondir vraiment les angles, apportent leurs timbres originaux, chaleureux  et complémentaires en diable. (Maxime Morel au tuba et trombone, Christian Pruvost à la trompette et deux sax Sakina Abdou à l’alto et soprano avec Jean Baptiste Rubin au bariton et ténor). Quelle équipe de choc ! Pas étonnant que ça clashe, gronde, crisse, klaxonne et éclate sur le morceau inaugural le moins long, 8mn tout de même, pour nous mettre en oreille: « Air bump » pour absorber les chocs sonores plus ou moins mineurs . Et il est vrai que ce n’est ni étourdissant ni inaudible. Comme amorti, le nom est bien trouvé. Le morceau s’achève et l’on se demande quand et si cela va devenir plus mélodieux. Encore qu’il y ait une réelle beauté à ces textures urbaines pleines de matière, sonorités industrielles, du genre « friches » (on connaît dans le Nord), un peu désolées mais jamais tristes. Car l’énergie est tout de même le maître-mot de ces musiques actuelles, prenantes.

La Nouvelle Orléans dans tout ça ? Un parfum dans les titres comme ce « Stomp out from Jelly » très joli, cet oxymoron entre le battement du «stomp » et la mollesse de la « jelly ». Non, il s’agit de Jelly Roll Morton , l’un des pères fondateurs du genre… qui n’était pas vraiment mou. Mais il faut quand même chercher loin : dans les marais sordides comme « Dans la brume électrique » de Tavernier où ressortent les cadavres des confédérés car cette terre sudiste est gorgée d’histoires, de morts et de charniers comme dans le Nord et l’Est de la France, tiens tiens….

Non, pas de énième « tribute », où l’on s’empare souvent des anciens sans les revisiter vraiment sans la traversée et les apports constitutifs de l’histoire du jazz. Pas de rag par exemple pour K (Kid Ory le tromboniste de Storyville), pas de rappel de Satchmo et de Billie « Do you know what it means to leave New Orleans ? ». Et pourtant, on ressent cette moiteur un peu étouffante, assourdie, on est anesthésié avec le lent  et inexorable crescendo du troisième titre «No Rag for Kid» qui s’éteint dans un souffle.

Comme à chaque fois avec Circum, je me laisse prendre et pars à la découverte d’images et de senteurs, créoles avec le dernier titre, le seul qui évoque (à ses débuts du moins) le Sud louisianais, puis en toute fin un "dirge",  chant funèbre. Heureusement car cette musique aujourd'hui est souvent perçue de genre (un peu trop touristique) du «Carré Français». C'est au contraire une musique narrative actuelle avec des mots d’hier, en échos étouffés, incertains que nous renvoie la mémoire. A l’image de la pochette brunâtre, tellement délavée qu’elle en devient presque illisible sur un graphisme "vintage" de Peter Orins. Culotté mais intelligent et insolite. Ah le NORD !

Sophie Chambon

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 22:19

Milan Music. Enregistrements de 1986 à 2015

 

On ne fera pas l’injure aux lecteurs des DNJ en leur présentant Richard Galliano. L’accordéoniste méridional est devenu une figure majeure de la scène musicale depuis près de trois décennies.  Sa renommée tient à son talent d’instrumentiste allié à des qualités rythmique et mélodique mis au service d’un répertoire sans frontières. Ces différentes facettes peuvent être appréciées à leur juste valeur dans une compilation réalisée par les disques Milan portant sur près de trente ans de travail avec la maison dirigée par Emmanuel Chambredon.  Un parcours qui s’entame en 1986 avec  celui qui inspira Galliano en lui conseillant de « dépoussiérer » l’accordéon, à l’instar de ce qu’il fit avec le bandonéon, l’argentin Astor Piazzolla. Au fil des plages, on retrouve l’accordéoniste dans toutes ses configurations (petite formation, grand orchestre) et sous tous les cieux (Europe, Etats-Unis, Amérique Latine), échangeant aussi bien avec un collègue brésilien (Dominguinhos) qu’avec des tenants purs et durs du jazz (Charlie Haden, Gonzalo Rubalcaba). Les titres qui ont assuré son succès populaire sont évidemment présents, Libertango, Oblivion, Tango pour  Claude (Nougaro) côtoyant des œuvres plus rarement entendues comme cet Opale Concerto  et ces chansons d’Edith Piaf (La foule, L’hymne à l’amour et –cela va de soi- L’accordéoniste) magnifiées en duo avec le guitariste Sylvain Luc.  Voilà un coffret de deux albums qui remplit parfaitement sa mission en proposant un artiste aux multiples talents, jamais à court d’idées ni d’aventures musicales.
Jean-Louis Lemarchand

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