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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 23:21

dave_king_indelicate-200.jpg

 

Sunnyside Records - 2010

 

 

 

 

 

Dave King (p, dr)t

Aricle publié le 28 juillet 2010

 

 

 

 

Dans les notes de livret, Dave King annonce d’emblée : « j’ai toujours voulu faire ça. Maintenant c’est fait, pour le meilleur et pour le pire ». Ça, c’est jouer du piano et de la batterie en solo. Si l’indication est délicate de la part du batteur, sa formulation semble appeler à l’indulgence.

Batteur des Bad Plus, de Happy Apple ou Buffalo Collision et anciennement d’Ursus Minor, nous connaissons bien Dave King le batteur. Au piano, en revanche, Dave King nous réserve quelques heureuses surprises bien qu’il soit loin d’être un virtuose. En effet, avec « Indelicate », Dave King parcours les touches du piano de manière plus rythmique et percussive que lyrique. Minimaliste, la musique sonne mécanique. Le batteur martèle le piano et adopte un style monkien plutôt original dans un jeu tonal/atonal. Ensuite, il agrémente ses atmosphères percussives par des éléments électro-saturés, comme une sonorité de boite à rythmes ou des sonneries, qui donnent curieusement un arrière-gout post moderne (new wave, punk ?) plutôt inattendu!

L’expérience est touchante et n’est pas dénuée de sens, au contraire. Surtout, Dave King porte au piano quelques unes de ses compositions. D’ailleurs, on y entend les stigmates du power trio au piano et on y retrouve les aspects rythmiques rock et les mélodies accrocheuses. Plus exactement, on ressent fortement l’influence du pianiste Ethan Iverson des Bad Plus. Ainsi « Indelicate » est « très Bad Plus », « I see you, you see me » tape dans le registre de la mélodie émouvante et « The Black Dial Tone of Night » est introspectif.

La belle surprise réside dans la place qu’occupe la batterie.  Elle tient le rôle d’instrument principal qui apporte le décodage rythmique et la voie mélodique des compositions de King. Le piano devient un instrument de percussion, comme une extension harmonique de la batterie.

Avec « Indelicate » , Dave King nous surprend avec une musique originale, enthousiasmante quelques fois. Résolument moderne.

 

Jérôme Gransac

Site de Bad Plus

 

 

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 08:54

 

Le Cirque Electrique a élu résidence sur la grande Place du Maquis du Vercors à Paris. Et ce, jusqu'en septembre. Puis il repartira vers un autre horizon parisien pour poser son chapiteau, sa paillote de banlieue et ces circassiens.

Place du Maquis du Vercors? C'est où? C'est à la porte des Lilas juste au dessus du périphérique, dans le 20ième arrondissement. Et le trio de la flutiste Sylvaine Hélary ne l'a pas manqué: il y jouait le 17 juin dernier.

 

Sylvaine Hélary est, entre autres, la flutiste du Surnatural Orchestra et l'une des Arpenteurs de Denis Colin. C'est aussi une leadeuse à forte personnalité d'un trio aux références bien marquées avec un univers propre à lui:

"Je compose toute la musique de cet orchestre aux sonorités inattendues; des mots aussi, de la voix et de l'improvisation! Des influences jazz servies sur un tapis pop aux envolées rock, parfois punk et minimales… Alors donnez-lui le nom que vous voudrez, cette musique est pour vous!".


Voilà bien une vision réaliste de son propre travail!

Accompagnée de deux autres fortes personnalités que sont Antonin Rayon et Emmanuel Scarpa, duo habitué ét habité des scènes vivantes aux tendances extrêmes (Grimal, Gleizes), Sylvaine chante, souffle, scande et joue de la flûte dans une ambiance délurée et minimaliste. La prestation laisse une grande part à l'expression théatrale de Sylvaine Hélary, personnage doucetement excentrique et pétri d'humour. Emmanuel Scarpa et en particulier Antonin Rayon livrent une musique souvent testostéroneuse, qui rappellent le poids des claviers de Magma au niveau ambiance sonore. Plus légère, plus extravertie, Sylvaine Hélary exprime sa liberté intérieure à travers son humour tendre, sa douceur naturelle et des moments de musique débridés.

Un peu Nina Hagen, en distinguée souriante, un peu Iva Bittova, par sa présence scénique et son talent évident à l'instrument. Un peu des deux, parcimonieusement. Ou alors surnommons-la la "Nina Bittova" de la flûte traversière et la "Iva Bittova" de la scène décalée française. Allumée et inspirée.

 

Myspace

 

Jérôme Gransac

 Mon-avatar

 


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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 22:49

ma pomme

 

www.lindaohmusic.com

Ambrose Akinmusire (tp), Lindah Oh (cb), Obed Calvaire (dm)

LindaOhEntry.jpg Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler : attention nouveau talent à suivre impérativement ! Car lorsque l’on a entendu ce premier album de la contrebassiste originaire de Malaisie, Linda Oh, on acquiert immédiatement la certitude que la jeune femme a devant elle une carrière plus que prometteuse. Ce n’est donc pas un hasard si Linda Oh qui vit désormais à New York a obtenu en 2009 une mention au concours de basse Thelonious Monk et fut désignée par Downbeat comme l’une des 10 grandes révélations parmi les jeunes musiciens.

Pour son premier album, la contrebassiste s’est adjoint les services du jeune prodige de la trompette, Ambrose Akinmusire, lui aussi premier prix du concours Thelonious Monk en 2007 et que l’on annonce en signature chez Blue Note. À la batterie, pour former le trio, Obed Clavaire jadis entendu aux côtés de Wynton Marsalis, Danilo Perez ou Steve Turre. Jeune casting de premier choix effectivement.  Belle complicité entre les trois musiciens qui, font vivre cette musique de manière très fusionnelle . Et surtout révélation de cette jeune prodige de la contrebasse. On ne se lasse pas en effet d’être impressionné par sa puissance, par sa rondeur et par ce son profondément ancré au plus profond du tréfonds du sol. Linda Oh fait ainsi preuve d’une insolente maîtrise technique virtuose et gardienne intraitable du groove. Elle qui dit s’être inspiré pour composer cet album de groupes Rock de son enfance comme les Red Hot Chili Peppers (dont elle reprend avec une  incroyable maestria Soul to squeeze de l’album éponyme) est pourtant bien ancrée dans les fondamentaux de ce jazz aussi tonique qu’inspiré. Nous la voyons pour notre part venir plutôt d’un autre monde. Jouant exclusivement de la contrebasse, la jeune fille nous évoque parfois William Parker dans ce jazz très ancré dans la scène post free New Yorkaise ou plus près de nous Claude Tchamitchian dans la perfection de sa ligne mélodique. Linda Oh ne rechigne pas à la tâche et s’y atèle même avec une certaine gourmandise comme dans ce Fourth Limb où Akinmusire est littéralement porté par cette pulse et cet ostinato que vient juste ébranler un admirable solo de contrebasse. Linda Oh tout au long de l’album affiche son sens du jeu mêlant le contre-chant et l’improvisation harmonique. Pour nous maintenir en éveil sur la base de cette formation terriblement exigeante ( contrebasse-trompette-batterie), les trois acteurs semblent réinventer constamment leur instrument dans une remise en cause permanente Entre free et improvisation structurée, la belle Linda Oh tient la baraque et délimite le champ de jeu, pose le tempo avec une assurance qui force l’admiration. Rarement depuis Avishai Cohen et Esperanza Spaulding avions nous entendu un jeu si affirmé que celui de la jeune Linda OH. Ceux qui seront au Sunside Mercredi 30 juin pourront à coup sûr en témoigner. Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 23:18

 

Nous avions envie, aux DNJ de revenir sur l’un des albums les plus passionnants de l’année, celui que Mederic Collignon a consacré à la période électrique de Miles Davis.  (voir la chronique de Lionel Eskenazi  )


Rencontre avec un personnage foisonnant du jazz français qui n’a pas sa langue dans sa poche. Loin de toute langue de bois, Méderic Collignon parle cash et se livre sans fard.

 

 

Mederic Collignon 2009

 

 

 

DNJ : Avant de parler de l’album proprement dit, parle nous un peu de cette pochette incroyable qui évoque si bien l’univers de cette période électrique de Miles

  collignon

Méderic Collignon : En fait j’ai tout conçu de cette pochette même si je ne l’ai pas réalisée moi-même. C’est Etienne Chaize qui me l’a fait exactement comme dans mon rêve. Le Chaos, l’apocalypse, 2001, les tours qui se font réduire par un fou, échec et mat ! La Chrysler Tower pour le côté moderne et la tour de Babel. Et puis le phallus qui viole un ovule. C’est une agression certes mais finalement peut être que c’est cela la nature. Il y  a aussi un côté Caravage, une face obscure.

 


DNJ : Comment as-tu abordé ce projet ? Tu venais de sortir de Porgy & Bess et l’on t’attendait sur un  terrain différent  (comme Don Cherry par exemple). Finalement tu reviens à nouveau à Miles et tu récidives alors que tu t’en étais pris plein la gueule par certains critiques


MC : Oui mais par une seule personne, par Michel Contat.


DNJ : Mais quand tu as fait Porgy, tu avais déjà en tête cet album ?

MC : Je sais toujours ce que je vais faire demain et après-demain. N’oublions pas que Jus de BocSe c’est Juke Box, c’est un groupe de reprise. C’est quelque chose qui ne crée pas. Ou alors c’est toi en regardant l’objet qui tout à coup imagine quelque chose qui va ailleurs. C’est un groupe de reprise, c’est du jazz dans le geste. Le jazzman reprend les choses, il créée rarement à la base. Il est toujours dans la reprise de papa, maman, machin. Miles a fait ça. Charlie Parker a fait ça tout le temps. Certes il a écrit mais cela n’est venu qu’après. Et moi je compose déjà bien avant Jus de Bocse, je compose à côté pour des petits orchestres ou pour le Megaoctet d’Andy Emler. D’ailleurs ils ont eu tellement de mal à la bouffer ma compo que je sais finalement pourquoi je ne compose pas plus. Je sais pourquoi j’arrange et pourquoi ça dérange. Et c’est ça le concept de Jus de Bocse et je ne peux pas composer avec ce groupe sinon j’irai à l’encontre de son concept.


DNJ : Comment aborde t-on de tels monuments ? Avec peur ? Après tout c’est toi qui disais à propos de Kind of blue : « j’y touche pas, c’est un classique ». Exactement ce que te reprochait Contat pour Porgy.


MC : Ben oui, il faut bien affronter ses peurs finalement. Du coup je crée ou je chie. Il m’arrive de chier comme par exemple sur Summertime. A l’époque je ne pouvais absolument pas l’arranger. Page blanche attitude ! J’avais beau écouter j’entendais rien. J’avais les larmes aux yeux parce que j’avais Gil Evans dans la poche. Pas Miles. J’en ai rien à faire de Miles là-dessus. Je suis juste en train de pleurer et d’écouter la création de Gershwin. Mais surtout pour moi il y a Gil Evans. La permanence de cette pâte  qui est unique, taillée dans le diamant et que je n’ai jamais vue autre part.

 

Lire la suite de l'interview

 

 

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 08:11

LOUIS JOOS : « Un piano »

Futuropolis 2010

 

louisjoos


Louis Joos n’est pas un inconnu des jazz-fans. Il a déjà signé plusieurs BD consacrées aux grandes figures comme Mingus, Monk, Powell, Coltrane ou d’autres albums au titre qui flirtent avec la note bleue comme Mood Indigo, Blues ou Jazz Concert. Le jazz toujours présent dans son l’œuvre du dessinateur Bruxellois comme une seconde peau.

Son coup de crayon comme un comme un coup de fusain joue entre un esthétique black and White si chère au jazz et une atmosphère presque sépia qui porte une poétique du souvenir d’un temps un peu révolu.

Dans « un piano », Louis Joos traverse une vie d’homme sur deux générations. Un piano, celui d’un père grand concertiste classique que l’on sent tenté par le dévoiement de l’aventure du jazz et qui cherche à transmettre à son fils son goût du piano. Le jazz présent en filigrane avec l’employé noir sur ce paquebot

de croisière. Un fils, artiste lui aussi ( Louis Joos ?) qui choisit les arts graphiques plutôt que la musique. Le piano transmis en héritage. Une rencontre douce-amère avec un Bud Powell fantomatique.

Tout cela comme des souvenirs réels ou rêvés qui reviennent à l’homme qui, dans la fin de sa vie semble courir après ses souvenirs dans les rues de New York baignées des neons des clubs de jazz de la 52ème rue encore illuminées du souvenir de Miles et de Parker comme des clichés d’un jazz hors temps .

Et la présence enfin d’un homme mystérieux à la tête de loup qui revient plusieurs fois au fil de l’album et qui contribue à renforcer la poésie de cette belle BD que l’on traverse sans passion mais avec l’émotion d’une pointe de mélancolie.

Jean-Marc Gelin

 

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 18:18

 

CamJazz 2010

Urs Bollhaler (p), Raffaele Bossard (cb), Christophe Müller (dm)

 

Urs-Bollhaler.jpg


Le label Cam Jazz, un peu à l’instar du label Fresh Sound, a ouvert une division, « Cam Jazz présents »  dont le focus porte sur la découverte de jeunes talents. Ils ont traversé le massif Alpin pour aller découvrir du côté de la Suisse ce jeune et splendide trio helvétique emmené par son pianiste et compositeur Urs Bollhaledr. Un vrai coup de cœur que nous n’hésitons pas à partager pour ce trio qui s’inscrit sans complexe dans la tradition des trios modernes dans la lignée des Meldhau ou des Svensson. Ils ont en effet parfaitement intégré les bases de ce jazz moderne dont on ne peut plus dire exactement s’il va chercher plutôt du côté du jazz ou du côté de la pop, plutôt Rosenwinkell ou plutôt Radiohead, tant leur syncrétisme les amène à développer un savant mélange de ces univers. Urs Bollhalder qui a déjà joué avec des musiciens comme Randy Brecker, Franco Ambrosetti ou Bob Berg est trompettiste de formation Ce qui explique peut être son goût pour les mélodies sublimées. A moins que ce ne soit ses premières armes avec Abdullah Ibrahim dont l’influence compositionnelle peut se concevoir à l’écoute de l’album.

Un vrai trio disions nous. Car ces trois-là développent effectivement un  vrai son de trio ( je sais c’est un peu con de dire ça mais je vous jure c’est vrai !) et des compositions qui savent manier le groove avec finesse et naviguent sans caricature entre l’atonalité et la modalité. Sans jamais forcer le trait ils font preuve à la fois d’une grande élégance dans leur façon de développer leur jeu, se donnant le temps de construire une improvisation retenue, et d’installer la pulse sous jacente. Ces trois-là se connaissent bien et tournent ensemble depuis 4 ans. De quoi maîtriser avec une rare précision le répertoire où le piano mis remarquablement en évidence, s’affiche dans un écrin de luxe digne d’une joaillerie suisse. Et c’est avec beaucoup de retenue que ces trois jeunes garçons s’expriment et surtout avec beaucoup de maturité qu’ils donnent à leur musique une profondeur rare. Une belle découverte

Jean-marc Gelin

 

site de Urs Bollahlder

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 09:52

cab caloway sur Arte

 

 

 

cab-calloway-sur-Arte.jpg

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 09:11

SONY MUSIC 2010

All stars et name dropping sous l’égide de Larry Klein, THE producteur ( Melodie gardot…)

 

herbie.jpg

 

C'est typiquement le cas où " tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous". S'agissant d'un album ultra-hyper-marketé la moindre critique pourrait en effet être interprétée comme un excès d'intellectualisme ou comme un anti-populisme que certain accusent d’être à l’origine de l’éloignement du jazz du grand public. Car il s'agit bien de cela en l'occurrence. D'un album plutôt joli, très très bien fait , super bien arrangé et dont l'easy listening est tellement bien cultivé qu'il s'adresse à coup sûr un public fort large. Sur des ballades tirées du répertoire de la pop music, Herbie Hancock propose à ses chanteurs de beaux arrangements, aussi zen que cool sur des thèmes de Lennon, de Dylan et d'autres, révélant ce que nous savions déjà , que ces mélodies très populaires sont de vraies petites merveilles, à la dimension de standards universels. Après tout, de Broadway à Cental Park il n'y a qu'un pas et cet universalisme de la culture musicale ( il faudrait revenir, avec le livre de Frederic Martel (*) sur cette « culture qui plaît à tout le monde » pseudo notion d'universalisme) rend la musique accessible over world wide au point que les frontières musicales s'abolissent comme par magie . Le magicien étant ici incarné par ce gourou de Herbie Hancock qui s'y connaît en mélange des genres et en métissages musicaux entre jazz, pop, musique africaine, gospel, musique indienne, reggae et on en passe dans unes sorte de melting pot parce que on est tous frères Jah love et Ari Krishna. Et le moins que l'on puisse dire c'est d'admettre que l'on prend un sacré plaisir à entendre ces chansons bien connues tirées, toutes du répertoire de la pop occidentale. Elles sont, on l’a dit superbement bien réarrangées sous la patte de ce diable  de Herbie Hancok qui convie pour l'occasion un véritable all-stars. Les versions par exemple de Don't give up ( de Peter Gabriel) ou de Time are changing  (de Dylan) sont superbes, sans compter une version absolument merveilleuse de A change is gonna come ( de Sam Cooke). Les chanteurs se succèdent avec leurs voix si typiquement ancrées dans leur propre culture. Les tourneries donnent (un tout petit peu) d’épaisseur au groove (Tamatant Tilay couplé à Exodus). Mais on est vite exaspéré par ce côté racoleur et politiquement correct qui viserait à effacer toutes les différences pourvu qu'il s'agisse de nous unir pour l'amour de la musique, amen, jah love et ari krishna encore. On se croirait parfois dans une kermesse caritative à New York. OU plus encore dans une pub pour le nouvel Ipad. Preuve de la « dominance » de la culture américaine et de son illusion du métissage qui n’est autre ici qu’un collage plutôt racoleur. Jean-Marc Gelin

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 07:25

  ECM 2010

rypdal.jpg

 

 

Ce nouvel album du guitariste Norvégien est une magnifique surprise. Et pour le coup totalement inattendu. Pourtant sur le papier, Terje Rypdal pour le label ECM, cela laissait présager d'y entendre ces climats éthérés un peu monotones que produisent très souvent les musiciens nordiques pour le label de Manfred Eicher. Et bien là, non ! Dans cet enregistrement live où le guitariste associe à son trio de base complété du trompettiste et complice de toujours Palle Mikkelborg, le Bergen Big band, il se passe de vrais petites merveilles d'écriture et d'arrangements. Terje Rypdal développe une suite de 14 morceaux enchaînés avec une science accomplie des transitions, des passages du combo au big band, des imbrications et des textures où les géométries variables s'imbriquent à merveille. Émaillées d'extraits de films noirs censés donner une sorte de fil conducteur (qui selon le guitariste ne doit pas être surinterprété), les pièces se suivent avec une alternance de jazz et de rock noisy, de rythmiques heavy avec des nappes plus évanescentes, où les moments d'accalmie suivent des scènes d'une grande violence en surimpression d'extraits du "Parrain". Les solistes s'y inscrivent dans un prolongement parfait du big band pour donner lieu à l'émergence d'un combo qui se fond dans un ensemble à cuivres. Mais surtout il y a cette façon de faire évoluer lentement les termes pour y introduire des éléments perturbateurs qui se mettent en marche et font évoluer les thèmes vers des univers musicaux radicalement différents.

L'alliage des sons c'est non seulement la complicité de Rypdal avec Mikkelborg mais aussi l'apport de Stale Storloken qui à l'orgue hammond vient instiller d'autres couleurs originales.Rypdal qui avait déjà écrit pour des orchestres à cordes l'avait rarement fait pour un big band. Ce qu'il propose là ouvre des champs musicaux passionnants dans un syncrétisme qui laisse les sens de l'auditeur en éveil. Et lorsque l'album se termine on reste impressionné par cette performance qui nous a fait traverser un univers musical aussi varié avec autant de maîtrise et de cohérence de l'écriture. une vraie réussite.

Jean-marc Gelin

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 20:16

Thirsty Ear 2010

Matthew Shipp solo acoustic piano

matthewshipp.jpg

 

On connaît le génie pianistique de Matthew Shipp que beaucoup n’hésitent pas à comparer à Cecil Taylor, s’il ne fallait en citer qu’un seul. Le pianiste quinqua du Delaware souvent associé à la scène d’avant-garde de New York,  aux côtés de Roscoe Mitchell ou de David S. Ware. On l’a beaucoup entendu aussi ces dernières années avec Gerald Cleaver et William Parker. On l’a vu aussi associé à des nombreuses expériences avant-gardistes ou à des fructueux métissages comme celui qui l’associe parfois avec DJ Spooky.

Ici c’est un album très classique que livre avec maestria Matthew Shipp. Un album solo dans la pure tradition où le pianiste tire tout de son clavier sur la base de standards ( What is this thing called love, Autumn leaves, Prelude to a kiss ou Greensleeves), de thèmes de sa propre composition ou encore de traditionnels ( Frère Jacques ou What a friend we have in Jesus). Et dans cet album, Matthew Shipp avec fougue, donne tout ; On l’a dit ( bien qu’il s’en défende), il y a du Cecil Taylor mais aussi du Monk. Mais surtout c’est avec un art consommé des progressions harmoniques et un style particulièrement percussif que Matthew Shipp transcende avec fougue tout ce qu’il touche. Matthew Shipp fait gronder son clavier qui devient terriblement ténébreux, mais son exploration aussi vive que vivace ouve aussi sur un lyrisme passionné jouant les décalages rythmiques et les évolutions des espaces dont il se plaît à brouiller toute linéarité. Prenant le piano à bras le corps, parfois furioso mais toujours bouillonnant d’idées, délivrant de petites créations instantanées sortant l’art de l’improvisation de ses clichés éculés pour s’approprier une liberté passionnante (Teleportation par exemple qui commence comme un thème assez Monkien et qui passe progressivement et subtilement dans une autre dimension, luniare), Matthew Shipp pense sa musique aussi vite qu’il respire avec la passion du « dire ». Sonnant comme un orchestre à lui tout seul.

Mattew Shipp c’est un pianisme intense. L’incandescence d’un discours enflammé. Assurément un grand disque qui précise ce que l’on savait du pianiste. Matthew Shipp est à l’iage de ces héros Solalien : un géant magnifique, un superbe. Ce disque devrait susciter quelques idées de récital pour des salles comme Pleyel ou Châtelet. Avis aux programmateurs. Car il faudra bien que l’on sache qu’il y a une vie après Jarett et que Matthew Shipp est décidément l’un des immenses pianistes de sa génération. Jean-Marc Gelin

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