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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 07:46

affiche

Dans le cadre de sa première édition,  Le Festival International du Jazz au Cinéma  consacrera un cycle au biopics et aux portraits de musiciens de jazz.

Dans ce cadre, le fameux film  de Bruce Weber ( 1988) " Let's get lost", retracant la vie de Chet Baker, film dérangeant à plus d'un titre, sera diffusé au MK2 Odéon

- vendredi 12 avril à 15h

- samedi 13 avril à 15h

- dimanche 14 avril à 15h

 

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 19:05

Aldo Romano : pourquoi j’ai tant attendu …

 

« Ce projet marinait depuis longtemps dans ma tête ». Aldo Romano n’a jamais oublié « The Connection ». Un évènement culturel représentatif des années 60 qui a marqué à double titre le batteur-compositeur : Aldo a joué dans la version française (1)de la pièce de Jack Gelber en 1968  (au Théâtre des Arts, rue de Rochechouart, aujourd’hui disparu) puis en 1969 au Vieux Colombier (alors dirigé par Laurent Terzieff) après avoir accompagné, au Chat qui Pêche (rue de la Huchette) en 1961 Jackie McLean, le saxophoniste alto membre du groupe ayant crée l’œuvre théâtrale donnée par le Living Theater.

Les DNJ : Pourquoi avoir attendu plus de quarante ans ?

Aldo Romano : Effectivement, j’ai observé une période de deuil vraiment longue vis-à-vis de cette musique. Par pudeur et par respect pour tous ces jazzmen qui sont morts, drogués, dans l’indifférence générale d’une société qui n’a rien compris à leur musique.

DNJ : Comment avez-vous abordé cette reprise ?

AR : J’ai essayé de revisiter la musique de Freddie Redd, celle qui a été enregistrée sur le label Blue Note, sans faire de nouveaux arrangements ni de nouvelles harmonisations. Tous les codes du be-bop sont là dont le fameux 2-5-1.

DNJ : Restait à choisir les musiciens….

AR : Pour le saxophone alto, je cherchais. Baptiste Herbin m’a contacté un jour. Je ne le connaissais pas. Il connaît toute l’histoire du jazz et bien sûr le be-bop. (admiratif). C’est un monstre ! Quant au pianiste, je souhaitais prendre quelqu’un qui se rapproche plutôt de Phineas Newborn Jr et ne soit pas dans la mouvance Jarrett ou Mehldau. On m’a parlé d’un italien lauréat du concours Martial Solal 2010, Alessandro Lanzoni, à la technique époustouflante et au style aventureux. Il est venu directement de Florence pour la séance et a littéralement découvert alors la musique de The Connection.

DNJ : Et vous avez fait appel à votre vieux complice le bassiste Michel Benita …

AR : On est de vieux amis même si sur le plan musical, il vient d’un monde différent. Michel est plutôt jazz-pop. Vous voyez, il préfère James Taylor à Cecil Taylor (rires).

 

ALDO-ROMANO-c-Jean-Baptiste-Millot.jpgALDO ROMANO (c)Jean-Baptiste Millot


DNJ : Pourquoi ne pas avoir pris de musiciens américains qui sont familiers du be-bop ?

AR : Une question de principe, de déontologie. Je travaille avec des Européens. Est-ce que les Américains font appel à nous pour participer à leurs projets ?  

DNJ : Après l’hommage à Don Cherry (Complete communion to Don Cherry-Dreyfus Jazz), ce coup de chapeau à Jackie McLean, c’est la face engagée de votre œuvre. Et vous êtes aussi un compositeur mélodiste. Votre personnalité est ambivalente ?

AR : Il est vrai que j’ai plutôt tendance à écrire des ballades. Mais les mélodies, ce n’est pas l’autre moi ! C’est le ying et le yang, ou si vous préférez le côté masculin et le côté féminin.

Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand  

(1)  Evocation de la vie de quelques marginaux attendant leur fournisseur de drogue, en compagnie d’un quartet de jazz, la version française, mise en scène par Jean Colomb, comprenait dans la distribution un certain Jean Herbert qui connaîtra la célébrité sous le pseudonyme de Popeck. Le groupe musical était constitué de Siegfried Kessler ou Michel Graillier (piano), Jean-François Jenny Clark (basse), Nathan Davis(saxophone ténor), Aldo Romano (batterie) tenant aussi le rôle d’Hernie, un portoricain déjanté.

 

Aldo Romano New Blood plays « The Connection ». avec Michel Benita (basse), Alessandro Lanzoni (piano), Baptiste Herbin (saxophone alto). Dreyfus Jazz/BMG. Février 2013. En concert le 11 mai au Mans pour l’Europa Jazz Festival. La chronique du disque sur les DNJ.

ALdo-Romano-et-son-champignonCover-album-HD.jpg

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 18:58

 

bow.jpgTCHANGODEI (piano), STEVE LACY ( sax ),

OLIVER JOHNSON (drums)

 

Volcanic records n°13013

 

Le monde du jazz est  parfois étrangement  oublieux de certains des siens. On peut toujours tresser des couronnes de louanges une fois le musicien disparu, encore fallait-il s’en préoccuper un peu plus de son vivant. Le pianiste Tchangodei  d’origine béninoise rend ainsi, sur son label très original Volcanic, un hommage particulièrement émouvant au batteur Oliver Johnson disparu tragiquement à Paris en mars 2002. Le journal Le Parisien ne publia pour toute nécro qu’un entrefilet relatant le fait divers sordide, le meurtre sur un banc dans le quartier du Châtelet.

Oliver Johnson, né en 1944, a  joué avec les plus grands et participé aux expériences les plus intéressantes de la musique improvisée, notamment dans le sextet de Steve Lacy dès 1973 et jusqu’en 89. Cet album exhume la musique du pianiste en trio avec Steve Lacy au saxophone soprano, en duo avec Oliver Johnson, ou avec le contrebassiste Henri Texier.


Les notes de pochette du pianiste rendent hommage à l’ «artiste », plus encore qu’au musicien, établissant une hiérarchie entre le « créateur » et le « performer » au meilleur sens du terme, y  compris virtuose. Cette distinction permet de rapprocher  la vie et la fin du batteur Oliver Johnson des figures oubliées qu’Alain Gerber dépeint dans son Petit dictionnaire incomplet  des artistes incompris. Et à ma grande surprise, en allant feuilleter l’excellent ouvrage chroniqué ici même, je n’y ai pas trouvé, à la rubrique batteur, le malheureux, décidément oublié, une fois encore.

La musique entendue sur cette compilation bien choisie, de onze titres, est tiraillée entre danse (la biguine de « War dance »  ou cette « African dance ») et rage. Car enfin il s’agit d’une excitation de toutes nos terminaisons nerveuses  avec le son immédiatement reconnaissable au soprano de Steve Lacy, vrillant dans les aigus, obstiné, systématique, mais aussi capable de  développer des volutes plus enrubannées, presque soyeuses («The Wasp»). Ce n’est pas seulement pour créer de nouvelles atmosphères en utilisant couleurs et timbres différents mais pour se démultiplier, construire et déconstruire, souffler et apaiser : une danse guerrière adaptée à une conception vraiment libre, totalement ouverte de la musique comme dans ce dernier titre « L’arc » qui renvoie au premier en trio « The bow ». Puissance et raffinement d’un batteur qui joue sa peau, faisant feu de tous bois, à l’aise aux cymbales comme sur la grosse caisse. Violence rageuse de cette musique qui jaillit dans l’instant, sur le fil du rasoir. La tension est à son comble, n’esquissant aucune faiblesse d’intensité. Virevoltant dans la rigueur tout au long de cette sélection, apparaît le pianiste Tchangodei : on l’écoute dans le trio, absolument sidéré par cette musique, nerveuse, ardente dans ses commencements, au-delà de la sensibilité et du lyrisme (« Spirale »).

Avec Henri Texier qui fut décidément de toutes les aventures, très mélodique sur « Sans couleur », il nous tend le miroir d’ombres d’une musique riche en nuances (« Lumière dans le brouillard »), plus apaisée.

 Traversé de fulgurances, le pianiste fait entendre un chant mélodique profond, libéré, pas vraiment heureux mais d’un magnétisme tel qu’il force à l’écoute. Un musicien vraiment trop confidentiel, singulièrement libre qui en paie aussi le prix, car nombre de lignes de son texte introductif pourraient s’adapter à son cas.

Avec cette sortie, on assiste à la renaissance d’une musique qui n’a besoin que de surgir pour qu’on y croie à nouveau. Un jazz incandescent.

 

Sophie Chambon

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:33

 

ECM 2013

Charles Lloyd (ts,ss), Jason Moran (p)

 charles-lloyd-jason-moran-hagars-song.jpg

Il y a des artistes à qui l'on serait prêts à tout pardonner. Ou presque. Des artistes qui ont atteint un tel sommet dans leur art que l'on serait prêt à pardonner n'importe laquelle de leur facilité.

Cet album de Charles Lloyd en duo pourrait bien échapper à cette règle. Oui c'est beau ! C'est même très beau ! Oui, le son du saxophoniste est sublime ! Rien à dire là dessus. C'est un son unique que peu de saxophoniste savent déployer avec autant d'émotion. Oui, on sait qu’il perpétue l'oeuvre de Coltrane en s'offrant avec le piansite Jason Moran un duo comme celui qui réunit jadis le saxophoniste à Duke Ellington. Et l’hommage à Duke et à Billy Strayhorn est ici clairement assumé jusqu'à reprendre un Mood Indigo (magnifique il est vrai) qui n’aurait pas juré dans le fameux duo de 1962. Nul doute que la rencontre de Charles Lloyd avec les deux géants a marqué à vie sa carrière musicale. Mais Coltrane en 2013 aurait-il suivi cette voie un peu passéiste ? Qu'il nous soit permis d'en douter. Il faut écouter le All about Ronnie où le jeu de Lloyd prend jusqu'à des allures de copié-collé du jeu de Coltrane et dans lequel la personnalité du saxophoniste se perd franchement. On pourrait se demander si l'intérêt du principe de ce duo n’aurait pas été d’inverser les rôles et d'amener LLoyd sur le terrain de Jason Moran plutôt que le contraire. Or à l'exception de quelques thèmes  (comme Pictogram) ce n'est justement pas ce qui se passe et l’ensemble reste assez conform(ist)e à ce que l’on attendait de l’exercice. L’hommage que rend Charles Lloyd à son arrière-arrière grand-mère, petite fille séparée de sa famille à 10 ans pour être vendue comme esclave est le sous-jacent qui, bien sûr, émeut. Et toutes les réserves que l’on avance ne nous empêcheront pas d'apprécier ces moments magnifiques ni de tomber dans l'envoûtement d'un thème comme "Dreams of white bluff" très espacé et très minimaliste où la profondeur du son de Charles Lloyd nous plonge dans un insondable mystère.

Mais l'on ne peut s'empêcher de penser qu'entre coltranisme et orientalisme, Charles Lloyd tourne toujours autour de son sujet sans véritablement développer beaucoup d'idées neuves ou à défaut, personnelles. Ce qui pourtant serait bien le moins que l'on pourrait attendre d'un musicien de sa dimension.

Jean-Marc gelin

 

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:19

montrés pour la première fois en salle.

 

affiche

Dans le cadre du  Festival International du Jazz au Cinéma, "Belle de nature" sera diffusé au Mk2 Quai de Seine Vendredi 12 et Samedi  avril 2013 à 22h00 au Mk2 Quai de Seine. Attention âmes sensibles s'abstenir.....

Attention, évènement......

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:17

Cam Jazz 2013

John Escreet (p), David Binney (as), Donny Mc caslin (ts), Matt Brewer (cbà, Antonio Sanchez (dms)

 

 

 

 

Dans mon nirvana antonio-sanchez.jpgdes batteurs qui évoluent de l'autre côté de l'Atlantique, il y a quelques sérieux clients. Sans vouloir tomber dans un name-dropping un peu futile, je citerai bien quand même et pêle-mêle Jeff Tain Watts, Gerald Cleaver, Eric Harland, Justin Brown, Nasheet Waits et...... le batteur mexicain Antonio Sanchez dont il faut bien dire que je suis l’un des grands fans.

Il n' y a pas si longtemps, nous écrivions dans ces mêmes colonnes tout le bien que l'on pensait de son avant-dernier album ( son album « live au Jazz Standard de New York » cf. ANTONIO SANCHEZ : « Live in New York at Jazz standards » )

Sans accéder au même niveau, ce nouvel album inscrit résolument le batteur de Pat Metheny comme ce qui se fait de mieux en ce moment. Antonio Sanchez est en effet de ceux qui, quand bien même il s'entoure (comme ici)  d'un all-stars impressionnant, donne néanmoins l'impression d'avoir des épaules si larges qu'elles suffisent à elles seules à tenir la boutique.  Engin à propulsion capable de catapulter n’importe quelle section rythmique et non des moindres puisqu’il s’agit en l’occurrence du jeune John Escreet et de Matt Brewer. Antonio Sanchez en fils spirituel d'Elvin Jones. Sorte de Vulcain en second, maître des forges, Hérault du feu qu'il maîtrise et sur lequel il souffle avec force de vie et de passion.

Et s'il s'est accompagné d'un combo de luxe où Dave Binney le dispute à Donny Mc Caslin ( deux fameux clients aussi) c'est pour leur offrir de magnifiques compositions sur lesquelles ces deux soufflants savent y faire dans le genre allumeurs d’incendies au cœur tendre, attisant le groove avec de félines manières (Uprising and revolutions). Les compositions du batteur sont un peu inégales et si l’on se serait bien passés d’un morceau anecdotique comme Minotauro on rentre en revanche à fond dans cette énergie presque pop sur New Life où Antonio Sanchez se transforme en Keith Moon (le batteur de The Who) avec ce morceau à tiroirs qui évolue en cours de route de manière surprenante. C’est une composition que Pat Metheny aurait très bien pu revendiquer quant aux richesses harmoniques qu’il recèle. Mais il y a aussi des rythmes latins qui viennent s’inviter à la fête avec Medusa qui donne l’occasion d’un bel échange entre John Escreet , David Binney et Donny Mc caslin ou encore ce très funky The real Mc daddy endiablé.

Encore une fois, avec cet album Antonio Sanchez confirme bien qu’il est l’un des véritables pivots de la scène du jazz américain. A l’instar d’autres comme Miguel Zenon, il apporte la démonstration de la vivacité de cette musique qui ne cesse d’évoluer avec pour maître mot le sens du groove. Sur ce terrain-là, Antonio Sanchez donne une véritable leçon.

Jean-Marc Gelin

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:45

 

affiche

Dans la chaleur de la nuit, film de Norman Jewison de 1967 avec Sidney Poitier dans un de ses rôles mythique, sera diffusé au Mk2 Bibliothèque le Samedi 13 avril à 17h30 dans la cadre du Le Festival International du Jazz au Cinéma

et de l'hommage qui sera rendu à Quincy Jones à cette occasion

 

 

 

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:37

 

With Baptiste Herbin (alto sax), Alexandro Lanzoni (p), Michel Benita (b)

Dreyfus jazz/ Sony/ BMG

romanonew-blood-plays-the-connection-aldo-romano.jpg

Le nouveau projet du batteur Aldo Romano sent … la poudre. Il revisite avec un superbe quartet la musique du pianiste Freddie Reddet du saxophoniste alto Jackie McLean ( pour faire vraiment court, un musicien dans la lignée des saxophonistes parkériens) pour la pièce de Jack Gelber intitulée The connection (« L’intermédiaire ») jouée en 1959 par le célèbre « Living Theater »[i], forme expérimentale exemplaire du théâtre contemporain, espace véritable de la contre-culture.

La pièce partit ensuite en tournée  de New York à Londres et Paris et obtint un grand succès.

Si  « the connection » ne se passe pas à Marseille, il s’agit néanmoins de drogue et de l’attente, sans espoir de rédemption, du dealer (c’est lui le contact ) qui doit apporter le fix, à savoir la dose...  Combinant improvisation véritable et improvisation jouée, la pièce se présente comme une expérience de théâtre-vérité : de « vrais » drogués jouent, moyennant rémunération, pendant que des musiciens de jazz  se livrent à une jam session. Selon Julian Beck, il fallait montrer que « nous sommes tous en état de manque ». Voilà qui remet sur le tapis la question de la dope et de l’addiction d’innombrables musiciens de jazz. Rappelons qu’ à la fin de 1966, l’état de Californie met le LSD hors-la-loi, inquiet de la généralisation galopante de son usage. Fallait-il après Rimbaud, tenter ce voyage dans l’inconnu en cherchant « le dérèglement des sens »?  La pochette est sans équivoque, les champignons suffisamment hallucinogènes, et certains titres, explicites comme O.D (overdose) , « Theme for sister salvation » ( à rapprocher de Rock and Roll animal de Lou Reed , du « Sister Morphine » des Stones créé dès 68 dans Let it bleed avant d’être immortalisé dans  Sticky Fingers).

« Time are changin’ » …En dépit des difficultés actuelles, de la précarité devenue durable (comme un certain développement), ce n’est plus l’accompagnement  indispensable des jazzmen ou joueurs de musiques actuelles. Sans se  régénérer à l’EPO, ce nouveau quartet qui inclut quand même l’ami (et ancien) Michel Benita qui tient superbement son rôle, apporte du sang neuf en la personne du formidable saxophoniste qu’est Baptiste Herbin, preuve que la transmission n’a pas besoin de transfusion et que l’esprit du jazz et de McLean demeure…sans additifs.

A l’éternelle question  « Pourquoi jouer cette musique là aujourd’hui ? », soulignons qu’à part ceux, plus « anciens », pour lesquels le nom de Jackie McLean veut dire quelque chose, que connaissent les plus jeunes de cette époque nettement révolue ? C’est sans doute l’un des intérêts de « ressortir » ces compositions magnifiquement écrites, sous dope ou pas.  Quitte à aller réécouter ensuite les originaux. Et pour les nostalgiques,  écouter aujourd’hui, en live, cette veine hard bop, brillante, ardente, swingante, est un bonheur rassurant. Oui, le jazz irrigue ces compositions, quel que soit le nom qui lui est donné, elles en ont le tempo, le parfum. Qu’Aldo Romano veuille rejouer cette musique qu’il aime tant, celle de sa jeunesse (d’autant qu’il  fit partie de l’adaptation française de la pièce en 1968 avec les regrettés Michel Graillier, Siegfried Kessler, Jean François Jenny-Clark ) ne nous paraît guère étonnant :  il évoque la mémoire des musiciens maltraités, oubliés parfois au nom d’une réprobation plus morale qu’esthétique. Et qui se sont détruits irrémédiablement.

Il fait par ailleurs œuvre pédagogique en continuité avec ses projets précédents, son hommage à Bechet, ou son formidable disque avec l’altiste Géraldine Laurent . On peut dire que les « papys » de la batterie (qu’ils me pardonnent cette affectueuse familiarité) savent dénicher, chacun dans leur genre, dans un registre très différent, les jeunes talents, qu’ils ont l’art de bien s’entourer. Le jeu de ces altistes est absolument renversant et le souvenir des grands jazzmen, figures « historiques », ne risque pas de leur faire trop d’ombre. Le tout jeune pianiste Alessandro Lanzoni n’est pas en reste, en particulier dans son solo sur la composition de George Shearing  « Conception ». On écoute avec le même plaisir les thèmes « vif argent » de Freddie Redd que le doux « Murmur » en trio d’Aldo Romano (quel mélodiste ) et la ballade finale du jeune  Herbin...  

Sophie Chambon 



[i] Le Living Theater est l’un des groupes les plus importants des années soixante qui renouvella le langage théâtral et les techniques d’engagement de l’acteur. Communauté exemplaire, le groupe proposait au spectateur des formes plus directes de participation. Même si la création est envisagée à New York dès 1947 par Judith Malina et Julian Beck, la notoriété va commencer avec cette pièce de Gelber « The connection ».

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 16:16

 

 

affiche.jpg

Première Edition du festival International

du jazz au Cinéma à Paris

 

 

qui se déroulera à Paris du 12 au 14 avril 2013 

lancée par

l’Association Festival International du Jazz au Cinéma,  

avec MK2 et l’ensemble des chaînes de Radio France

et avec le partenariat de la BNP paribas et de l’INA 

 

Cette première édition sera parrainée

par trois personnalités incontournables du jazz et du cinéma:

Quincy Jones, Ibrahim Maalouf et Bertrand Tavernier.

 

radio-france.jpg

                                             mk2_logo_pantone.jpg                                          bnp-paribas-sa-logo.jpg

 

 

 

 

  Le Festival International du Jazz au Cinéma en quelques mots....... 

 

Extrait du film de Bertrand TAVERNIER "Autour de Minuit" qui sera diffusé à l'occasion du festival


 

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   logo ina  

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   smallIMPROVISTE logo noir CMJN

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 08:52

 

Discograph 2013

Christophe Dal Sasso (comps, arrgts, fl), David El-Malek (ts, tb), Manuel Marches (cb), Pierre de Bethmann (Fder), Franck Aghulon (dms), Thomas savy (clb), Jacques Tellitocci (perc, vb), Camille Lebréquier (cor), Cécile Hardouin (basson), Elisa Bellanger (p), David Belmondo (textes)

Christophe-Dal-Sasso---Ressac.jpg

 

ENOOORME  disque de Christohe Dal Sasso qui sort dans les bacs ces jours-ci ! Si vous voulez du jazz inventif, du créatif, du puissant, si vous voulez du jazz où Debussy s’accoquine avec Weather report, où le jazz vibre à 1000 allures, 1000 couleurs, 1000 instants prolixes n’hésitez pas un seul instant.

Quelle musique ! Là où l’écriture limpide marie le jazz, le classique et l’électrique (avec notamment ce coup de génie d’associer à la masse orchestrale très classique des vents au fender exceptionnel de Pierre de Bethman).

On ne s’y ennuie pas un seul instant dans cet album passionnant où les couleurs orchestrales, rythmiques et mélodiques varient, alternent avec le même élan. On croirait parfois du Schiffrin ici ( Nuit sans sommeil), là du Gil Evans là ou du Maria Schneider ailleurs. Tous ces grands compositeurs et directeurs d’orchestre qui savent faire vivre leurs ensembles d’une passion inextinguible. Et quels solistes mazette ! Et quelle rythmique aussi ! De ce genre d’alchimistes capables de transformer l’air en ouragan. Ça c’est de l’orchestre…… ! Et il y a cette belle intensité dans l’expressivité non retenue des solistes qui se fondent dans des tramages harmoniques subtils ( terre de naissance) avec, parfois le mouvement emporté dans une force torrentielle (Transit où le chorus de David El Mealek est absolument renversant). L’ombre de Yuseff Latefef plane sur l’album.

La musique de Christophe dal Sasso semble remettre sans cesse la mise sur le tapis, se remettre en jeu avec toujours autant de passion. Il faut écouter la direction magnifique de l’orchestre dans Perdition. Tout dans le mouvement qui se créé y est matière à jouer sur l’équilibre de la masse orchestrale. Juste superbe. Parfois très classique comme sur ce beau prologue sur Casa Battlo par Elisa Bellanger, tantôt teinté de groove africanisant (Flots).

Petite restriction sur le récitatif avec des textes très convenus et un récitant qui s’inscrit dans une sorte de dureté du langage dont on se serait bien passé et qui en tout cas nuit sérieusement à la pulsation ( pourquoi ne pas être allé chercher un vrai slammeur ?). C’est pourtant le spectacle d’origine qui a donné prétexte à cet album. Il fallait donc s’y tenir. Sauf qu’en album cela casse un peu l’élan de ce bel ensemble.

Mais Dal Sasso réussi un tour de force. Il est difficile de parvenir à faire vivre la musique, de lui donner cette animation, cette force d’âme qui nous chavire et nous transporte. Mais c’est avec une inspiration presque chamanique que Dal Sasso parvient justement à percer le mystère d’une musique d’une rare intensité.

Indispensable !

Jean-Marc Gelin

 

 

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